Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 12:37

Le venin de l'ombre est le premier Tome de la saga Creatures qui va bouleverser à tout jamais la vie d'une bande d'amis résidant en région parisienne. Ils vont devoir chacun et chacune affronter leur destin tout en se rendant compte que l'être humain reste la plus sage des creatures...

Par Hakim Maadadi - Communauté : Fantasy et science-fiction
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 23:54

Un soir de décembre 2010, il fait très froid en région parisienne. Dans une ruelle de St Denis assez loin du centre ville, une jeune femme asiatique sort d’une très grande maison de couleur rose et au toit bleu ciel bâtie sur trois étages.

 

- A demain les gars ! Hurle-t-elle en refermant la porte.

 

Puis elle traverse le jardin modeste donnant accès à la grille d’entrée. Habillée chaudement, elle se précipite sur le trottoir de la petite rue sombre. Elle se dit qu’il serait temps que les ampoules des lampadaires soient remplacées. A la limite de courir, elle parcourt les rues voisines. Elle retire son gant noir de sa main droite et sort son téléphone portable dernier cri de son sac à main en velours beige. Elle sélectionne le répertoire de son GSM et s’arrête au prénom « MONIA ». Tout en maîtrisant sa marche rapide, elle compose le texto « Salut ma petite, on fait que se croiser à la maison ces derniers jours. J’ai besoin de te parler. On se capte demain chez nous. Bizzzz ».

 

Elle repère enfin au coin d’une rue, une voiture blanche Golf 4 TDI avec les phares allumés. Arrivée à son niveau, elle y ouvre sa portière et s’installe coté passager. Elle donne un baiser sur la bouche du jeune homme algérien qui semble impatient.

 

- Désolé du retard mon Mehdi adoré, lui précise-t-elle.

- Oui mais Kesha, je ne comprend toujours pas pourquoi tu ne veux pas que je vienne te chercher devant chez toi, on aurait eu cinq minutes de plus ensemble…

 

Ils s’embrassent longuement puis Kesha le repousse.

 

- On va trop loin Mehdi. Je ne supporte pas l’idée que tu trompe ma copine et avec moi en plus mais c’est plus fort que moi, lui déclare-t-elle. De plus j’ai bientôt 30 ans et il est grand temps pour moi de me caser officiellement…

- Je sais ma puce, tu crois que je ne me sens pas mal moi ? Répond Mehdi. J’ai rendez vous avec elle dans deux heures. Je vais rompre avec elle promis !

 

Kesha songe a ce qu’il vient de dire.

 

- Et puis comment ne pas craquer lorsque je vois … non que dis-je, lorsque j’admire tes jolis yeux noirs bridés, reprend-il.

- Tu sais j’ai la boule au ventre car je trahis mon amie… mais vivement que votre rupture soit déclarée, exprime-t-elle. Car pour être franche, je te vois mal vivre avec nous alors qu’on la trompe tous les deux…

- Ecoute Kesha, je ne m’installerai pas chez vous tant que je n’aurai pas réglé cela avec elle…

- Ok, interrompt-elle. Je suis en retard ! Conduis moi au cyber s’il te plait.

- A vos ordres princesse ! Et je paris que je dois te laisser cinq rues plus loin…

- Grrrrr, râle-t-elle. Fonce !!!!

 

Mehdi démarre sa voiture…


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Dix minutes plus tard, il se gare devant un MacDonald de la Courneuve, une ville voisine de St Denis. Mehdi et Kesha s’embrassent une dernière fois. La jeune femme sort de sa voiture.

 

- J’arrive au cyber dans dix minutes pour ne pas éveiller les soupçons, lui lance Mehdi.

 

Elle lui répond par un joli sourire en refermant la portière. Le jeune gars voyant sa copine s’en aller au loin, allume son poste de radio. Un vieux titre du défunt Michael Jackson envahit la voiture. Mehdi allume son troisième joint de la journée et se met à rêvasser …

 

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Kesha se rend à l’intérieur du Cybercafé « Nejma ». Cet endroit a une grande surface de 80 mètres carrés environ. On y trouve vingt postes reliés à Internet, un comptoir caisse et un stand sandwicherie. Elle se dirige vers la caisse sous une musique d’ambiance qui sonorise toute la salle. Un homme aux cheveux blonds mi-longs et yeux bleus se trouve derrière le comptoir.

 

- Enfin, il était temps !!! Lance-t-il.

- Oui désolé Eric. Les gars m’ont retenue à la maison, lui répond-elle !

- Quoi ? Ahahaha, ils ont réussi enfin à te violer, ricane-t-il.

- Arrête tes conneries petit con. Tu ne vas jamais grandir ! Tu n’a plus 20 ans mec! Aller file, je vais prendre ta place.

- Merci poupée inaccessible…lui dit Eric. Y’a qui à la maison ?

- Je crois que tu ne trouvera que Hakim en rentrant…

 

Pendant ce temps, Mehdi fait son entrée dans ce même cybercafé. Il repère sa future copine officielle avec leur ami Eric.

 

- Hey les jeunes !!! Hurle-t-il en se rendant vers eux.

- Bonsoir Mehdi, tu viens surfer ? Lui lance Kesha en feintant de le voir pour la première fois ce soir..

- Non, non je venais juste vous faire un coucou avant d’aller en boite.

- Chanceux, reprend Eric, je suis crevé ! Mais en tout cas avec tes 1m90, Mehdi tu va faire tomber encore une fois toutes les meufs surtout avec ta chemise noire bien entrouverte.

 

Kesha s’arrête de sourire.

 

- Mais non idiot, tu sais bien que je suis casé, répond Mehdi.

- Oui mais elles seront pour nous tes potes hein ?

- Sérieux les mecs, vous en avez pas marre de toujours parler de nana ou de sexe ? Interrompt Kesha.

 

Les deux mecs se lancent un sourire. Puis Mehdi observe la pièce et les personnes présentes.

 

- Ah mais Riad est là ! s’exclame-t-il. Et y’a toujours le clochard et la meuf qui a le cancer !

- Psssssst, conteste Kesha. Ce n’est pas bien de se moquer des habitués.

- Oui mais il est toujours mal habillé et elle a toujours un bonnet qui cache sa touffe… reprend Mehdi.

 

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En effet, installé à l’opposé de la salle, Riad discute sur MSN avec certains de ses contacts. Cet homme, aux beaux traits maghrébins et au regard noir perçant, se concentre sur sa discussion avec une certaine Stephanie-Clochette. L’avatar de sa correspondante MSN dévoile une femme sexy aux cheveux bruns très longs :

 

Riad-Bogosse : Je suis pressé de te rencontrer.

Stephanie-Clochette : Moi aussi mais …

Riad-Bogosse : Mais quoi ? Cela fait 3 semaines qu’on chatte ensemble et qu’on se tel !

Stephanie-Clochette : Oui Riad… Tu m’as l’air sérieux et tu me plais vraiment ! C’est juste que j’ai peur de me faire encore avoir. Les mecs m’ont tellement déçu…

Riad-Bogosse : Laisse le destin faire les choses stp. Mais je te promets que jamais je ne ferai quoique ce soit qui te blessera ! Fais moi confiance beauté.

Stephanie-Clochette : Je veux te faire confiance et je vais te faire confiance! Ma copine m’attend pour aller au ciné, je dois y aller. Bisoux, je te call en rentrant.

Riad-Bogosse : Boussa kbira Stéphanie

Stephanie-Clochette : J’adore quand tu écris en arabe ! ++++++

Stephanie-Clochette  is deconnected

 

Installé à gauche de Riad, une jeune femme, portant un bonnet rose couvrant tout le haut de son visage de couleur pâle, avait observé que son voisin était à fond sur son dialogue virtuel.

 

- Charmante la nana, s’adresse-t-elle à Riad.

- Curieuse je vois, lui répond-il avec surprise.

- Désolée je n’ai pas pu m’en empêcher…

- Pas grave, Eve. Tu es la cliente la plus fidèle donc je te pardonne cette fois-ci, plaisante-t-il.

- Hihihi, rit Eve. Mais ne te fais pas de films, je ne te drague pas Rida !

- Riad … Et non Rida. Tu as une mémoire de poisson la miss. Ne serais-tu pas la réincarnation de Dory en personne?

- Pfffff… Bon vaut mieux que je continue mes recherches sur le web, lui réplique-t-elle.

 

Assis face aux deux internautes, un jeune homme brun mal rasé vêtu d’habits usés et troués s’incruste dans la conversation.

 

- Et moi c’est quand que tu me drague, dit-il en s’adressant à Eve.

- Lâche moi s’il te plaît ! Riposte-t-elle.

- Aller je suis sur qu’on est fait l’un pour l’autre, reprend-il.

- Oublie moi connard ! Avec toutes les places disponibles, il a fallu que tu t’assois juste devant moi !

- Mmmmm t’es si mignonne avec ce bonnet rose. C’est le meilleur que tu aies porté !

- Assez !!!!! Intervient Riad. Je t’ai déjà dit Fabien de ne pas emmerder les clients ! Je te rappelle minus que c’est mon cyber et que je peux t’interdire l’entrée si tu n’arrêtes pas de la harceler !

- Ok ok c’est bon je m’arrête promis, glousse Fabien.

 

Le silence prend place. De son beau regard aux yeux gris, Eve lance un clin d’œil à Riad en guise de remerciements. Ce dernier connecté sur sa page Facebook, il consulte les dernières actualités de ses contacts internautes. Il lit les deux derniers statuts mis à jour. Celui de Kesha qui dit « n’a pas envie de bosser » par lequel Riad lui répond en disant « Je t’ai sous l’œil ma petite looool ».  Le second statut est celui d’un certain Leandro qui est « a envie de sexe ce soir !!! ». Riad se met à rire et lui répond « Ca y’est mon loulou, tu te lâches enfin ! Protege-toi surtout khoya ».  Eve observe la photo sexy d’un gars torse nu aux lunettes noires sur l’écran de Riad !

 

- Il me fait baver ton ami ! s’exclame telle.

- Haha sacré curieuse ! Répond-t-il.

- Dommage qu’il ne se pointe plus ici, regrette Eve.

- Y’a le net à la maison, reprend Riad. Donc Leandro n’éprouve pas le besoin de se déplacer jusqu’ici pour se connecter. Puis c’est peine perdue Eve, il est assez spécial en amour…

- Amour ? Ca parle d’amour ici ? Les surprend Mehdi.

 

Riad se retourne et, agréablement surpris, se lève de sa chaise.

 

- Il serait temps que je mange de la soupe, blague-t-il.

- Tout à fait le nain ! Répond Mehdi. Alors comment va le propriétaire de ce cyber ?

- Je vais bien merci. Tu fais quoi là sinon ?

- Oh je venais juste faire un coucou avant de bouger en soirée et te donner ma réponse…

- Cool tu t’installe chez nous alors ? demande Riad.

- Oui mais pas avant le mois prochain, dit Mehdi.

- Pas de soucis, jeune frère. Il restait 3 chambres et t’es quasiment le seul ami de la bande qui crèche ailleurs.

 

Au même moment, Fabien recule sa chaise pour se lever et se dirige vers les 2 potes tout en remettant sa veste en jean visiblement sale. Mehdi remarque son sourire sadique et ses yeux verts inquiétants.

 

- Je l’aurai un jour, dit-il au passage de manière à être entendu. Je l’aurai un jour Miss Bonnet Rose.

 

Une fois que l’étrange homme soit sorti du cyber :

 

- Un jour je vais lui péter sa gueule, braille Riad.

- Ce clochard ? Questionne Mehdi

- Oui ce clochard qui a quand même de la tune pour se payer des connexions Internet…

 

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A ce moment même, un couple arrive en moto juste en face de l’immeuble où est situé le cybercafé. Une fois la moto garée, les deux personnes enlèvent leur casque. Pierre est un homme noir assez musclé et impressionnant avec son crâne rasé. Natasha, métisse des îles, portant un jean, a une longue chevelure ondulée couvrant toute sa nuque dont la peau est de couleur café au lait.

 

- On ne reste pas longtemps, murmure Pierre.

- Tu n’est jamais content chéri, rétorque Natasha en l’embrassant.

- Ne commence pas, veux tu ?

- Ecoute Pierre, j’ai souvent cette impression ces derniers temps que tu en as marre de moi, l’interroge-t-elle.

- Je t’aime toujours bébé mais regarde toi ! Tu ne fais aucun effort…

- Hein mais de quoi tu parles ? s’exclame-t-elle.

- Bébé, tu ne t’habille jamais sexy pour moi, reprend-il.  Tu es toujours en jean… Tu crois que ça m’excite de te voir en tenue de garçon manqué ?

- Mais je te signale que c’est de ta faute ! Tu me reprochais toujours mes tenues aguicheuses au début de notre rencontre avec ta jalousie maladive !!!

 

Un bruit de porte se met à grincer. En effet Mehdi sort du cyber.

 

- Mehdi ! Quelle belle surprise, s’étonne Pierre !

- Oh mais ce sont mes petits amoureux préférés, les flatte Mehdi.

- Alors tu va bientôt vivre avec Monia chez nous, poursuit Natasha tout en l’embrassant sur sa joue.

- Le mois prochain inch’allah.

- Un de plus parmi les oufs, reprend Pierre.

- Bon, je vous laisse seuls les mecs, je vais saluer les colocs à l’intérieur, dit-elle.

- Vas y bébé, je te rejoins.

 

Une fois seuls, les deux hommes se regardent en silence pendant dix secondes. Puis :

 

- Alors c’en est où ? Questionne Pierre.

- Bein il en est que je vais rompre ce soir même, répond Mehdi.

- T’inquiète pas mon gars, Monia je vais la gérer. Le plus important c’est que tu seras enfin libre !

- Oui tu as raison mais …

 

Mehdi s’arrête de parler.

 

- Mais quoi ? S’inquiète Pierre.

- Non, laisse moi tout gérer car c’est plus compliqué que tu ne le crois…

- Ne me déçoit pas Mehdi ! Exige le motard.

- Bon …l’heure est pour moi de l’affronter…Je te tiens au courant mais n’en parle à personne, dit Mehdi avec inquiétude.

 

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30 minutes plus tard, deux copines se promènent sur la célèbre avenue des Champs-Élysées sur Paris, bondée de monde.

 

- Tu sais Jamila, j’envie grave ta chevelure rousse !

- Oh arrête de déconner Monia, reprend Jamila. Tu as de beaux cheveux longs châtain clair et bouclés qui font râler beaucoup de filles, sans parler de tes beaux yeux verts, mamma mia !

- Non mais les tiens sont carrément frisés, relance Monia. En plus roux flamboyants ! Wow !

 

Jamila tape l’épaule de son amie et aperçoit quelqu’un dans la foule.

 

- Bon arrête de déconner, lance-t-elle et regarde qui voilà.

 

Mehdi surgit de la population fourmilière et embrasse les deux filles.

 

- Cool les filles, pas besoin de se retrouver à l’arc de triomphe comme prévu, badine-t-il.

- Hihihi mon homme, entame Monia. Je vais commencer à croire que tu me suis.

- Arrête ma belle, on avait rendez vous pas loin de toute façon, précise Mehdi.

- Bon ce n’est pas tout les tourtereaux mais je vais vous laisser, interrompt Jamila.

- Merci pour ta compagnie ma lady, dit Monia.

- Je t’en prie fofolle. Faites pas trop de bêtises ce soir !.

 

Jamila s’empresse de marcher vite vers la bouche de métro la plus proche.

 

Puis en plein milieu du trottoir,  Monia rapproche ses lèvres à celle de son amoureux. Mais ce dernier reste de marbre.

 

- Un problème ? S’étonne-t-elle.

- Oui … marmonne-t-il. Il faut que je te parle…

- Vas-y Mehdouche confie toi à moi. Tu sais que tu peux tout me dire !

- Et bien …Ca fait quelques temps que je ne me sens pas bien et j’ai réussi à comprendre pourquoi…

- Dis moi mon homme c’est quoi ! Je vais t’aider à traverser ça !

- Laisse moi finir s’il te plait Monia. Je ne vais pas tourner par quatre chemins mais je ne suis plus amoureux…

- Quoi !!!! Hurle la jeune femme en giflant violemment la joue droite de Mehdi.

 

Choqué, il mit sa main sur sa joue pour calmer la douleur.

 

- Si tu m’en veux Monia, je comprendrai, poursuit Mehdi. Mais nous devons rompre…

 

La fille gifle violemment la joue gauche de Mehdi et tout cela publiquement. Il baisse la tête. Monia ne le quitte pas du regard. Des larmes naissent sur son joli minois.

 

- Dégage ! Crie-t-elle.

- Monia … dit-il avec hésitation.

- Dégage je te dis !! Dégage !!!!!

- C’est bon c’est bon.

 

Il part lui tournant le dos et disparaît dans la foule. Monia réalise ensuite que beaucoup de gens l’observent suite au spectacle de ce duo non éternel. Elle essuie ses larmes et reprend la route vers le métro…

 

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Quelque part dans une cour d’immeuble étrange et inquiétant, un homme trentenaire, bien portant aux joues rondes s’agite dans le fond d’une piscine, tout habillé, essayant de remonter à la surface. Ayant du mal, il sent en temps réel qu’il est en train de se noyer bien que la profondeur ne doit pas dépasser les trois mètres. A l’approche de l’agonie, il réussit à sortir son bras droit hors de l’eau mais sa tête se refuse de suivre le mouvement. Il remarque à travers l’eau 4 visages, dont trois qu’il reconnaît, qui se penchent vers lui. Riad, Natacha, Eve et une femme brune inconnue lui tendent leur bras. Ne se sentant plus seul, sa motivation s’accroît  pour le guider vers eux. Quand tout à coup apparaît à la surface de l’eau l’ombre mythique de la mort avec sa fameuse faux qui se positionne juste au dessus de lui, repoussant en même temps les quatre sauveurs. Et c’est alors que… DRING DRING.

 

Il sursaute de son lit réveillé par la sonnerie de son i-phone. Soulagé d’avoir pu échapper à son cauchemar, il décroche après avoir lu que son tel affiche le prénom de Mehdi.

 

- Oui !! Rugit-t-il.

- Allo Hakim, c’est Mehdi, ça va je te dérange pas ?

- Je dormais idiot…lui répond Hakim.

- Ah pardon mon pote, s’excuse le grand homme.

- Qu’est ce que tu veux, je t’écoute avant que tes excuses éternelles me rendorment…

- Bon t’es en pleine forme je vois. C’est parfait car je dois t’annoncer que j’ai rompu avec ta sœur…

- Ecoute j’ai pas envie d’en parler maintenant. Rappelle moi demain s’il te plait et ce que fait ma sœur je m’en fous un peu. Elle a 26 ans, elle est assez grande maintenant.

- Merci de ta compréhension mec…

- Compréhension rien du tout, lui coupe Hakim. Je t’ai dis on en reparle demain et gare à toi si tu a déconné. Maintenant bonne nuit !

 

Après avoir raccroché, Hakim se lève de son lit en remarquant qu’il est 23h21 sur son réveil. Il sort de sa chambre tapissée de poster de super héros de l’univers Marvel.

 

- Y’a quelqu’un ce soir ?crie-t-il.

 

Situé dans le couloir du premier étage de la maison bleue et rose, Hakim descend l’étage du dessous. Toutes les lumières sont éteintes sauf celle de la cuisine. En s’y rendant, il repère une tête familière. Un homme assez beau à la peau mate et au charme latin est en train de se mettre une veste se préparant à sortir.

 

- Tu sors ce soir Leandro ?

- Oui nounours, je me suis rendu compte que je restais trop enfermé à la maison ces dernières semaines.

- Tu fais bien de t’aérer cher ami… Tu vas voir les autres au cyber ?

- Non ce soir ce sera la fête dans le slip, ironise Leandro.

- Hahaha mais c’est fou ce changement dis moi ! s’exclame Hakim.

- Il le faut Hakim mais dis moi tu fais rien ce soir ?

- Je suis crevé …

- Accompagne moi s’il te plait. On va s’éclater !

- Tu sais bien que je ne mange pas de ce pain Leandro…

- Ok ok … Alors viens juste pour me surveiller que je ne tombe pas dans les bras d’un serial killer.

- Tu me fais rire coco. Tu as quand même 32 ans…

- J’aurai au moins essayé, soupire le latino. Bon inquiète toi si je ne fais aucun signe de vie d’ici demain.

- Ok mon pote, vas-y fonce mais surtout protège toi.

 

Leandro serre fort Hakim contre lui et quitte la fameuse maison commune de la ruelle sombre de St Denis.

 

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Pendant ce temps, Mehdi est bien installé au chaud dans sa voiture blanche garée le long d’une rue arpenté d’un rempart en briques grises et une chaîne d’arbres de l’autre coté de la voie. Il fume son énième joint et commence à planer en écoutant la musique. Son GSM se met à sonner. Il décroche :

 

- Salut … Ah c’est toi… Ca va ? … Oui c’est fini avec elle…. Mais non ma voix n’est pas bizarre… Tu crois que je regrette c’est ça ? … Bref c’est délicat pour moi… pour nous… J’ai impliqué sans le vouloir d’autres personnes. Je suis con ….J’aurai du réfléchir et ne rester qu’avec toi quand je t’ai connu… Quoi ? T’énerves pas mon amour. Je vais régler tout cela avant de m’installer chez vous ! Je te le promets… T’es mon premier amour et tu sera le dernier. Je t’aime…

 

Il raccroche, pose son GSM et sort de sa voiture, en remettant le joint à sa bouche. Il se met à marcher sur toute l’étendue du trottoir où seule sa voiture y est stationnée.

 

Tout au bout de la rue, il remarque quelque chose bouger au pied du dernier arbre feuillu. Il dirige ses pas dans cette direction. A dix mètres de cet arbre, il se rend compte que quelque chose de vivant de taille humaine recouvert d’un drap  est en train de bouger.

 

- Excusez- moi ! Tente-t-il.

- Brrrrrrrrrrr ….. Brrrrrrrrrrrrrrrrrr…. Brrrrrrrrrrr.

 

Il fait très noir. Seules les ombres sont encore visibles. De plus, Mehdi s’assure qu’il n’est pas sous l’effet du chite en se pinçant les bras. A la douleur, il se rend compte réellement qu’une personne tremble sous ce drap. S’approchant à petit pas vers l’inconnu, il s’agenouille face au drap mouvant.

 

- Vous avez besoin d’aide ?

- Brrrrrrr….. Brrrrrrr..

 

Il pense avoir repérer où se situe la tête de la personne frileuse. Il tend la main au niveau de la tête de l’étranger qui semble se laisser faire.

 

- Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider, poursuit-il.

 

Puis avec son autre main, il essai d’écarter le drap au niveau du visage de la personne. Le tissu a peine retiré, Mehdi se rend compte qu’il voit très mal dans le noir la partie du visage qui est maintenant à l’air libre.

 

- Vous m’entendez ?

- Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…. Brrrrrrrrrrrrrrrr…

 

Tout à coup deux yeux virent au vert illuminant la face de la personne étrangère.

 

- Brrrrrrrrrrr…. Brrrrrrr... Brrrr…

 

C’est alors que l’étranger se relève laissant tomber son drap.

 

- Brrrr.. Brr.. brr. Tss… Tsssss…. Tsssssssss.

- T-t-t-toi !!!!!!!Hésite Mehdi. Mais …. Mais … Ta langue … Qu’est ce qui lui arrive ?

 

La peur prend emprise de son corps. Ses jambes se mettent à se paralyser. La personne familière se rapproche de Mehdi au corps à corps et le regarde droit dans les yeux. Il se sent aveuglé par la lueur verte dégagée par ses yeux ténébreux.

 

- Tssssssssssssssssssssss….. Tssssssssssssssssssssssssssss…. Tssssssssssssssssssssssssssss….

 

C’est alors que Mehdi comprend que ses propres jambes se transforment en pierre et que c’est ce qui le paralyse. Ne pouvant s’enfuir il hurle « Au secours !!!!!! Aidez moi !!!! Au sec. » . Puis aucun son ne sort de sa bouche. En fait tout son corps est recouvert de pierre. Mais Mehdi est conscient de cela. Son cœur bat toujours. Et il commence à suffoquer. Aucune aération pour respirer. Il panique mais c’est horrible : son corps ne peut répondre à cette terreur. Puis la mystérieuse créature pousse le corps de pierre qui trébuche sous l’arbre pour se briser en mille morceaux de petites pierres dévoilant chacune des bouts de chair et de sang.

 

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Trois heures plus tard, au même endroit, deux femmes passent par là dans le noir total. Deux bottes de velours noir et deux escarpins rouges s’arrêtent au niveau des morceaux de pierre. La femme aux bottes se rabaisse pour ramasser une des pierres proche de l’arbre ayant assisté au massacre.

 

- Regarde Didi, indique-t-elle.

- Cela ne s’annonce pas bon Nini, lui répond la femme aux escarpins.

- La preuve que son venin a été utilisé … reprend Nini.

- … et donc que la cible a été repéré ! Poursuit Didi.

-  La guerre est commencée… lance la femme aux bottes. Riad et tous ses amis vont crever les uns après les autres…

 

Par Hakim Maadadi - Publié dans : Introduction - Communauté : ecrivains en herbe
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 00:54

1876. Deux femmes se trouvent en face d’un jardin d’une rue de St Denis. Elles y observent la maison abandonnée donnant un aspect sale de ses couleurs marron et grises. Elles semblent satisfaites.

 

- On ne me trouvera jamais jusqu’ici, se met à dire la plus distinguée des deux.

 

Habillée d’une robe traditionnelle et coiffée d’une longue queue de cheval blonde, elle semble être la plus âgée. La seconde femme, plus jeune, adopte un look d’homme notamment grâce à une capuche couvrant sa tête ainsi qu’une tache de naissance en forme d’étoile située sur son cou.

 

- Je pense que tu as raison Malice, reprend la jeune fille. Toutes les maisons de cette rue sont vides.

 

Malice ouvre la porte du grillage abîmée du jardin et se dirige, suivie de la deuxième personne vers la porte de la grande maison de trois étages. Elle est entrouverte. Elles pénètrent la demeure. Tout est délabré. Elles remarquent de la boue sur tout le sol.

 

- Il va falloir nettoyer tout cela, propose Malice.

- Ce n’est pas la partie la plus compliquée, grande sœur…, lui répond son accompagnatrice.

- Malheureusement Sonya, poursuit Malice., notre race est en danger sans parler de la race humaine.

 

Puis après un silence de trente secondes, Sonya serre fort sa grande sœur contre elle. Puis elle réagit :

 

- Notre communauté a toujours été fière de toi, et moi la première !

 

Une larme coule sur le visage de la petite sœur. Touchée, les yeux de Malice se mettent à mouiller.

 

- Sur cette terre, continue Malice,  durant des siècles, le respect fut maintenu entre toutes les races…

- Oui grâce au souffle d’Adam qui est en toi et que toute espèce vénère, interrompt Sonya. On a eu de la chance que ce soit une créature censée comme toi qui a eut cette volonté de préserver la paix entre chaque espèce évitant ainsi un massacre de la population humaine.

- Je sais bien ma petite…confirme la grande sœur. Mais étant donné l’état actuel des choses, c’est mal parti. Les hommes risquent de découvrir notre existence et ce serait le chaos…

- Malice ! Nous sommes des créatures puissantes craintes par toutes les autres !

- Si ce n’étaient qu’eux Sonya… Comme tu l’as bien vu, cela a déclenché chez la majorité des races cette envie de prendre ma place pour régner et faire ce que bon leur semble de ce monde. Bon, nous allons rester ici pendant des années le temps de gérer cette situation catastrophique et éviter d’être repérées et notre cousine fera le lien entre nous et notre peuple. 

 

Sonya acquiesce puis sort de la maison. Elle s’arrête dans la verdure qui habille le bâtiment. Seul ce jardin semble faire vivre à lui seul toute la rue morte. Elle observe cette habitation repoussante. Puis de ses 2 mains, elle retire la capuche de sa tête qui dévoile une chevelure blonde très courte dénudant totalement sa nuque. Elle lève alors ses deux bras en direction du sombre domicile. C’est alors que son étrange tâche de naissance se met à briller. Des flots d’étincelles rouges s’extraient de ses mains qui sont propulsés sur les murs de la maison. Et en quelques fractions de secondes, les murs des 3 étages deviennent de couleur rose suivi du toit triangulaire qui prend la couleur du ciel bleu…

 

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2010 . Au lendemain de la mort de Mehdi. Il est 10 heures du matin et Eric revient de son jogging quotidien dans le quartier de la maison qu’il partage avec ses amis. Il ouvre la grille d’entrée et rentre dans le jardin légèrement essoufflé. Il aperçoit à travers la clôture feuillue Madame Pinson, une vieille voisine qui vit dans la maisonnette voisine d’une dimension cinq fois plus petite.

 

- Bonjour Mademoiselle ! Crie-t-il en souriant.

- Oh ta gueule chenapan, ronchonne-t-elle.

- Petez un bon coup et ça ira mieux héhéhé.

 

La voisine prise de colère, attrape son balai en le brandissant :

- Que dieu te maudisse toi et ta bande de singes qui vivent avec toi !

 

Fier de l’avoir énervé tel un rituel journalier, Eric rentre dans son habitat rose. L’entrée donne directement sur la grande salle à manger. Monia est installée sur un des canapés.

 

- Déjà debout la miss, lance-t-il.

- Hein….s’exclame-t-elle. Oui idiot ça se voit pas ?? Sinon  je serai encore dans mon lit…

- Hahaha… Je vois que tu n’es pas de bonne humeur…

- Oui va rejoindre les autres dans la cuisine, tu pourras te lâcher avec eux, râle Monia.

 

Eric quitte la pièce. La jeune sœur de Hakim est pensive. Elle songe au message texto qu’elle a reçu une heure auparavant. Voulant s’en assurer, elle le relit une seizième fois :

 

De : Mehdouche

à : 8h58

Je suis désolé mon amour pour hier. Je regrette tout ce que je t’ai dit ! Je t’aime comme un fou. Je pars  un mois dans le sud chez ma famille dès ce matin. Je te promets de tout arranger à mon retour.

 

Pendant ce temps, dans la cuisine qui se trouve dans la pièce d’à côté, Eric rejoint Riad, Kesha et Hakim qui sont en train de manger sur une longue table pouvant accueillir une dizaine de personnes.

 

- Bonjour les fainéants !  Fanfaronne Eric.

- Salut le frimeur, lance Kesha. Au fait Riad, qui est ce qui ouvre le cyber aujourd’hui ?

- Rodolphe, lui répond Riad. De toute façon je vais y aller en fin de matinée car ce soir j’ai rencart.

- Noooon ! S’étonne Hakim. Ne me dis pas que ton internaute s’est enfin décidé à te rencontrer !!!

- Si si mon cher Hakim, dit-il avec fierté. Le verdict sera pour ce soir !

- Purée, j’aurai jamais pu être aussi patient que toi Riad, poursuit Eric. Ca doit faire quoi, un an que tu chattes avec elle ?

- Toi t’es taré, s’interpose Kesha.

 

Au même moment, Pierre et Natasha à peine réveillés entrent dans la cuisine en les saluant.

 

- Et bein ! s’exclame Eric ! Y’en a deux qui ont mal dormi !

- Psssst, souffle Natasha en s’asseyant.

- Fais pas ton malin, s’offusque Pierre. Bon je dois faire mon cours de step à midi. Donc qui m’aime me suive.

 

Un chien aboie. En effet un doberman mâle les observe manger laissant couler un long filet de bave.

 

- Viens ici Oscar, appelle Hakim en lui lançant une tartine beurrée sur le côté de la pièce.

 

Oscar se jette sur la nourriture.

 

- Au fait, reprend Hakim, quelqu’un a des nouvelles de Leandro ? Il n’était pas dans sa chambre ce matin et il est sorti tard hier soir.

- C’est vrai que c’est pas dans ses habitudes de ne pas prévenir quand il ne rentre pas,s’inquiète Riad.

- Va sur son facebook, ricane Pierre, et tu sauras où il est.

 

Natasha donne une gifle timide à son amant.

 

- Il reste quelque chose à bouffer ? demande Monia en arrivant dans la pièce.

- Installe toi avec nous, lui répond Riad. Au fait j’ai croisé ton mec, hier. Il va s’installer dans l’une des trois chambres disponibles.

- Oui il me l’a dit, dit-elle en feintant. Il ira dans la chambre en face de la mienne mais bon là il est parti chez ses parents dans le sud pour un mois.

 

L’affirmation de la jeune demoiselle interpelle Kesha.

 

- Au fait, continue Monia, tu devais pas me dire quelque chose Kesha ?

- Qu-qu-oi ? Hésite la fille chinoise sous le choc.

- Bein oui ! Ton SMS d’hier qui disait que tu devais me parler.

- Ah oui … marmonne Kesha.

 

Kesha ne comprend pas. Mehdi est censé avoir rompu avec Monia mais visiblement selon elle, elle semble avoir été mise sur la touche.

 

- Finalement c’était rien ma petite. Je me suis seulement emballée, assume Kesha.

 

Leandro surgit dans la cuisine ! Il a les yeux rouges et des cernes qui ne réussissent pas à cacher sa fatigue. Hakim se lève :

 

- Mais putin, s’énerve-t-il, tu étais où ?

- T’énerve pas, intervient Natasha en le retenant.

- Désolé Hakim, murmure Leandro.

- Non mais sérieux c’est toi-même qui m’a dit que je devais m’inquiéter si tu ne me laisse pas de messages !

- Oui vraiment désolé, s’excuse-t-il encore une fois. Je n’aurai pas du m’écouter. Je suis allé chez un des gars qui m’a dragué et il m’a enfermé chez lui.

- Ne me dis pas qu’il a abusé de toi ! Gémit Riad.

- Non non. Il voulait juste de la compagnie mais il avait caché ses clés et difficile de s’échapper par la fenêtre du septième étage.

 

Tout à coup, le téléphone de Riad se met à sonner. Il sort de la pièce. Leandro tend une enveloppe à Kesha :

 

- Tiens, c’est arrivé aujourd’hui dans notre boite aux lettres.

 

Pendant que ses amis continuent de discuter, elle voit son adresse sur l’enveloppe : « Kesha Oka , 2 petite rue de l’aube éternelle, 93200 St Denis ». Curieuse, elle ouvre cette enveloppe et se met à lire le message écrit à l’encre de plume sur la feuille qui s’y trouve.

 

« Mon bébé d’amour, je dois te voir ce soir. N’essaie pas de m’appeler, je suis toujours dans le coin. J’ai fait croire aux autres que je partais en vacances dans le sud. Toi seule dois garder le secret. Rejoins moi ce soir dans la fameuse rue des arbres étranges à coté de la maison. Surtout n’en dit mot à personne. Je t’aime. Ton Mehdi ».

 

Se sentant rassurée, elle range la lettre directement dans la poche de son jean. Riad est de retour :

 

- Bonne nouvelles les jeunes ! On a répondu à notre annonce, une certaine Elodie. Je ne serai pas là ce soir donc je compte sur les présents pour l’accueillir et lui faire visiter les deux chambres libres du deuxième étage.

- Super une nana, se réjouit Eric. J’espère qu’elle sera canon.

- Encore faudrait-il qu’elle te trouve canon, rétorque avec ironie Monia….

 

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12h05. Habillé d’un débardeur blanc et bermuda bleu, Pierre anime le step dans une grande salle du complexe sportif de son propre père. Une trentaine de personnes de tout age suivent les pas de ce professeur. Parmi eux, Natasha et Eric sont au fond de la salle et participent au rythme endiablé sur une musique electro dance du fameux groupe Benassi Bros. La métisse remarque que son petit ami n’a d’yeux que pour les jolies filles de la salle. Il ne jette aucun regard vers elle. Tracassée elle s’adresse à son voisin de sport :

 

- Dis moi Eric … Tu me trouve comment ?

- Euh… Pourquoi cette question, s’étonne-t-il.

- Répond s’il te plait !

- Et bien, se lance Eric. Je te trouve sincèrement jolie, attirante, intelligente… et sexy aussi!

 

Tout en l’écoutant, elle observe Pierre. Une larme sort de son œil gauche aux longs cils. Eric ne rate rien de cette scène et comprend où elle veut en venir. Ne supportant plus l’ignorance de son mec, elle stoppe ses pas, prend sa serviette et quitte la salle en saluant Eric.

 

A la fin du cours, le jeune blond s’oriente vers le coach sportif.

 

- Alors blondinet ! Ca était le cours ? demande Pierre.

- A l’aise poto, lui répond Eric.

- Où elle est Naty ?

- Elle est partie pendant le cours… Dis-moi Pierre ça va toujours entre vous ?

- Ecoute c’est un peu tendu en ce moment mais ça va aller…

- Tu l’aimes toujours au moins ? Questionne Eric.

- Arrête tes conneries, tu sais très bien que oui ! S’énerve Pierre. Bon aller viens on va faire un peu de musculation…

 

Les deux amis quittent la salle qui s’est déjà vidée.

 

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Une heure plus tard, Hakim bouquine dans sa boutique de bande dessinée située à Bobigny en banlieue parisienne. Passionné par l’univers comics de Marvel, il ne se lasse jamais de lire les aventures de ses super-héros qui lui permettent une évasion mentale au-delà de tout soucis réel. Un client sort de son magasin laissent au passage entrer une personne familière :

 

- Natacha ! s’écrie-t-il. T’es pas à la salle de sports.

-  J’en reviens mon Hakim, lui répond elle en étant dépité en allant vers lui.

- Qu’est ce qui se passe ma belle, raconte-moi tout.

 

Natasha explique à son ami rondouillard la situation avec son mec Pierre. Elle ne supporte plus de savoir qu’elle ne l’attire plus et se retrouve coincé dans un amour qui ne fonctionne que dans un seul sens. Puis les larmes ont raison d’elle. Elle se lâche dans les bras de Hakim. Il la rassure et lui conseil de ne pas rester passive face à cette situation :

 

- Soit tu lui mets les points sur les i, soit tu le quittes, mais ne reste pas spectatrice de ta vie ! S’insurge-t-il.

- Merci beaucoup Hakim, dit-elle. C’est gentil à toi d’essayer de me rebooster. Mais fini de parler de moi. Et toi c’est quand que tu quittes le célibat ?

- Oh Natacha, souffle Hakim. Tu rentres dans un terrain qu’il vaut mieux éviter. Je n’ai plus confiance aux filles comme tu le sais déjà et j’ai compris que je ne suis pas fait pour tomber amoureux.

- Pffffff…. Ne réagis pas comme cela mon nounours adoré. Tu mérites quelqu’un qui sois à ta hauteur et ça ne cours pas les rues tout simplement. Mais j’ai foi en toi et je sais que tu trouveras la perle rare.

 

Hakim rougit de ce qu’il vient d’entendre et son amie lui donne un baiser sur la joue gauche.

 

- Merci, reprend-il. Mais changeons de sujet. Attend je dois rappeler Mehdi qui m’a réveillé hier pour régler un petit truc sur ma sœur.

 

Il compose le numéro de Mehdi sur son Iphone. Le téléphone sonne. Au même moment, dans le grand  jardin de la rue de l’aube éternelle, une sonnerie retentit. Oscar, à l’extérieur de la maison, est attiré par la sonnerie. Il se dirige vers elle tout en aboyant. Il repère un objet. Il s’agit d’un téléphone portable qui affiche « Hakim ». Le chien n’en fait qu’une bouchée et se met à le mordiller. Il n’a aucune difficulté à casser le GSM en plusieurs pièces et à les disperser un peu partout sous les hautes herbes de la résidence des colocataires.

 

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20h, la nuit est tombée. Installé sur son lit de sa chambre située eu premier étage, Leandro surfe sur le net avec son PC portable positionné sur son ventre. Il repense à la sale nuit qu’il venait de passer. Il en a marre de tomber que sur des gars louches. Il ne supporte pas l’idée de se rendre compte que il ne sera finalement jamais heureux avec un mec. Puis il repense à ce fidèle internaute avec qui il chatte depuis un mois sur internet. Il compare cette relation virtuelle avec celle de son ami Riad et la fille qu’il doit rencontrer. Il se met à rêver et espérer. C’est alors, qu’une fenêtre MSN surgit sur son écran. Un certain Raphael lui envoie le message « Bonsoir beau gosse ». Une photo d’un homme blond aux cheveux très courts et blanc de peau accompagne le dialogue en guise d’avatar. Cette coïncidence redonne de l’énergie au jeune latino :

 

Leandro32 : Salut Bel homme, tu va bien ?

Raphael : Je viens de me réveiller et toi ?

Leandro32 : Ca va mieux depuis que tu es là… Tu vas encore bosser cette nuit ?

Raphael : Et oui il faut bien vivre…

Leandro32 : Bon courage Raph, cela doit être difficile de travailler les nuits.

Raphael : Merci … Sinon tu n’a toujours pas trouver ton âme sœur ?

Leandro32 : Non je t’attendais héhé.

Raphael : Tchatcheur….

Leandro32 : Non mais sérieux, tu m’intéresse ! Tu es le seul mec du net qui ne passe pas son temps à discuter  de sexe et j’ai vraiment envie qu’on se rencontre au moins boire un verre. Mais tu n’est jamais libre en journée..

Raphael : La nuit m’épuise vraiment Leandro. Je dors toute la journée mais sache que tu m’intéresses aussi. Tu as l’air sérieux et attachant.

Leandro32 : Merci mais je sens que tout cela ne restera que virtuel.

Raphael : Non ne dis pas cela beau gosse. Pourquoi ne viendrai tu pas me rendre visite à mon boulot ?

Leandro32 : A ta boite de gays là !

Raphael : C’est une boite de bi … Tu resteras au bar avec moi pendant que je servirai les clients ?

Leandro32 : Mmmmmm… Ok pour demain alors au « Blood Night » ?

Raphael : C’est parfait pour moi. Aller je t’embrasse je dois me préparer pour ce soir.

Leandro32 : Bisoux !!

Raphael is deconnected….

 

Une joie immense envahit le corps de Leandro. Il a hâte de voir son prince charmant. Il éteint son portable et se rend à la salle de bain pour prendre une douche bien chaude.

 

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Dans le restaurant « Le fruit du Paradis » en plein centre de Paris, Riad et son invitée viennent de terminer le plat principal. Il observe celle qui est assise face à lui. Il est ébloui par la beauté de cette femme brune aux longs cheveux raides et yeux noisettes. Gênée par le silence, elle en rigole.

 

- Qu’y a t il Riad ?

- Oh rien Stéphanie, je te regarde, lui répond-il. Je suis heureux de te rencontrer enfin. Je suis encore plus à l’aise avec toi que sur le net.

- Tu vas me faire rougir… mais merci. Faut dire que tu es craquant avec ta moustache mimi et fine…

- Hahaha, rit-il. Ce n’est que récemment que j’ai décidé de la laisser pousser.

- Et bien écoute, cela te va très bien, lui assure Stephanie.

- Apres cette longue et belle soirée en ta compagnie, souhaiterai-tu que l’on se revoit charmante demoiselle ?

- Justement… hésite-t-elle. J’allais t’en parler.

- Ah, s’inquiète Riad. Je sens qu’il y’a un soucis…

- La vérité, poursuit-elle, c’est  que je vais être expulsée dans deux jours. Je vais devoir arrêter mes cours et retourner chez mes parents dans le nord.

- Aille … Mais pourquoi on te jette dehors ? Et tu veux continuer tes études ici ?

- Mon loyer était trop cher. Je n’avais plus les moyens de le payer. Et bien sur que je veux terminer mon doctorat de médecine. J’ai déjà 25 ans et je ne veux pas galérer sans diplômes.

- Ecoute Stephanie, reprend-il. Il reste deux chambres de libre à la maison. Que dirai-tu de t’y installer ? En sachant que le loyer n’est que de 100 euros ! Et tu verras que tu va adorer mes amis.

- C’est vraiment intéressant Riad mais je ne sais pas si je dois accepter. On vient à peine de se connaître.

- Raison de plus pour mieux se connaître, plaisante le jeune homme.

- Hihihi…Ecoute, je vais y réfléchir et je te donnerai ma réponse demain.

 

Riad lui attrape la main et la regarde droit dans les yeux. Ce qui déclenche un joli sourire chez la fameuse « Stephanie-Clochette ». Ils attaquent ensuite le dessert.

 

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22h. Monia et son amie Jamila sont installées au bar dans une boite de nuit dans laquelle le son techno house ensorcelle leurs tympans. Elles essaient tant bien que mal de discuter :

 

- Aller lâche toi Monia! Regarde l’ambiance !

- Y’a trop de monde Jamie, ronchonne Monia. Et puis je vais te faire une révélation : Mehdi a rompu avec moi hier.

- Quoi ???? S’exclame la femme rousse. Il a osé ce connard !

- Oui … répond tristement Monia. Et il a eu le culot de s’excuser ce matin par texto.

- Attend que je l’attrape cet enculé ! Viens on va danser et se laisser draguer par toutes ces bombes et on les jettera ensuite !

- Non s’il te plaît je ne suis pas d’humeur…

- Excusez moi demoiselles, intervient le barman en tendant un verre à  Monia. C’est offert par l’homme assis au coin du bar.

 

Etonnées, elles regardent en direction de l’homme galant. Grisonnant, la quarantaine, habillé d’un costume, il lance un sourire à la sœur de Hakim.

 

- Mais qu’est ce qu’il me veut celui là, marmonne-t-elle en se forçant à lui sourire en guise de remerciements.

- Fonce ! Lui chuchote Jamila à l’oreille. Fais le kiffer et tu lui mettras un stop le moment venu… Pendant ce temps moi je vais m’occuper de Raphael.

- C’est qui lui encore ? s’exclame Monia.

- Bein le barman. Son prénom est inscrit sur son badge !

 

L’homme généreux se lève et rejoint les deux amies.

- Puis je m’incruster, dit-il en lançant un regard charmeur à Monia.

 

La jeune fille se sent alors envoûtée et lui propose de s’installer à coté d’elle sans s’inquiéter qu’il pourrait avoir l’âge de son père…

 

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22h30. Il fait très froid. Kesha se rend à son rendez-vous amoureux avant d’aller se rendre au cyber pour y travailler. Arrivée à destination, elle repère sans difficulté la Golf 4 TDI blanche de Mehdi garée toute seule dans cette rue longée d’arbres inquiétant d’un côté  et d’un long mur en briques de l’autre. Elle court vers la voiture. Elle est ouverte mais vide. Il fait très noir. Seules les quelques étoiles éclairent faiblement le lieu.

 

- MEHDI !!!! Crie-t-elle.

 

Aucune réponse… Cependant, à travers le vent, elle entend un bruit aigu qui vient du fond de la rue. En effet, elle remarque une ombre se trémousser sous le dernier arbre. Inquiète, elle décide de s’approcher lentement vers la silhouette. Elle s’arrête à dix mètres de la cible. Elle hésite. Doit-elle vérifier de qui il s’agit ou refaire marche arrière. Elle commence à avoir peur. Elle tremble et se dit que ce n’est pas une si bonne idée. Quand tout à coup, elle sent une main sur son épaule. Elle hurle de toutes ses tripes. Elle se retourne :

 

- Oh pardon, je ne voulais pas vous faire peur, lui dit une jeune femme blonde aux cheveux mi-long et raides et aux yeux bleus profonds qui transpercent l’obscurité.

 

Kesha respire très vite en essayant de se calmer et d’extirper la peur enfouie en elle. Elle se ressaisit.

 

- Vous m’avez foutu la trouille !grogne-t-elle.

 

L’inconnue semble désolée de lui avoir fait peur.

 

- Je … je me suis en fait perdu, déclare-t-elle.

- Perdue ? S’étonne Kesha. Dans cette rue déserte ???

- Je cherche la rue de l’aube éternelle et le GPS de mon tel ne semble pas si efficace que cela.

- De l’aube éternelle ?? A quel numero ?

- Attendez je l’ai noté…

 

Elle sort un agenda de son sac à main et le consulte.

 

- Le 2, lui répond-elle.

- Ah !!Mais c’est chez moi… euh chez nous ! C’est pour la visite de la chambre ?

- Oui !! Lui sourit-elle. Je suis Elodie.

- Venez avec moi, je vais vous y conduire.

 

Mais Kesha jette un regard vers le dernier arbre mystérieux. L’ombre avait disparue… Renonçant à attendre Mehdi, elle décide alors de s’occuper de la fameuse Elodie.

 

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Au même moment, Eric lave sa voiture dans la ruelle de leur maison. Il fait sombre mais il ne veut pas remettre au lendemain cette tâche. Tout d’un coup il est dérangé par l’hurlement d’un animal qui provient des nombreux buissons situés derrière le trottoir d’en face. Il abandonne son tuyau et marche vers ce cri inquiétant.

 

- Oscar ? Par ici Oscar !

 

Il est pratiquement sûr qu’il s’agit de leur doberman qui fait souvent des escapades dans la verdure d’en face de leur logement. A deux mètres des buissons, il s’arrête et appelle toujours le chien. Puis un grognement se fait entendre à travers le feuillage. « O-s-c-a-r ? » dit- il avec hésitation. Deux yeux rouges se dévoilent entre les feuilles. La bête inconnue grogne toujours. Eric pense reconnaître un chien husky ou alors un loup. Stressé, il recule sur ses pas. Il heurte quelqu’un.

 

- Regardez où vous marcher !!

 

Eric se retourne et se trouve face à un grand homme japonais aux longues moustaches portant un costume noire et un étrange long chapeau noir.

 

- Oups … pardon, s’excuse Eric.

 

Il se retourne vers les buissons. L’animal semble être parti. Un silence long d’une minute prend place dans cette petite ruelle. Puis l’homme étranger décide de rompre ce calme.

 

- Il ne faut jamais montrer ta peur jeune dionysien.

- Mais je n’ai pas peur et qui êtes vous alors ?s’enflamme Eric.

- Du calme, je ne fais que passer. Il faut un droit de passage ? Blague le japonais.

- Non … non, reprend le jeune blond. Mais y’a que trois maisons dans cette rue sans issue et je ne vous ai jamais croisé auparavant.

- Je vois et bien je vais vous dire quelque chose. Il ne faut jamais exprimer son inquiétude envers l’inconnu.

- Hein ??

- Donnez moi votre main, continue l’étranger en lui tendant la sienne.

 

Eric, sans rien comprendre, lui serre la main. Le japonais lui sourit et ses yeux prennent la couleur rouge. C’est alors que la vision de Eric devient trouble et ne sentant plus ses jambes, il tombe sur le sol pour s’y évanouir…

 

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Dix minutes plus tard. Riad de retour de son dîner galant, secoue Eric.

 

- Réveille toi !! lui hurle-t-il dans ses oreilles.

 

Les yeux d’Eric s’ouvrent et il revient à lui.

 

- Qu’est ce… Qu’est ce qui m’est arrivé ?

- A toi de me le dire idiot ! Je t’ai retrouvé allongé ! Tu as fumé ou quoi ? Dit Riad avec inquiétude.

- Nooon. Je cherchais Oscar… lui répond Eric. Et y’avais un animal là-bas puis ce japonais qui m’a accosté.

 

Hakim et Natacha, de retour d’une séance cinéma tombent nez à nez avec eux.

 

- Vous faîtes quoi les gars au milieu de la rue, leur demande Hakim.

- C’est ce que je lui demande, répond Riad.

 

Ils voient arriver au loin Kesha avec une femme blonde. Mais Eric ne comprend toujours pas. Puis il se rend compte qu’il a un bout de papier dans sa main droite.

 

- Regardez j’ai ça ! Braille-t-il en leur montrant le morceau de feuille.

- Il y’a écrit quelque chose, relance Natasha.

 

Eric se met à lire le message en présence de ses trois amis.

 

- Mais vous en faites une tête de choqués ! se met à leur dire Kesha qui vient d’arriver avec Elodie à leur niveau.

 

Eric lui tend alors le message. Kesha comprend alors après lecture la raison de leur choc :

 

« En proie idéale, tu connaîtras le supplice de nos dents pour satisfaire notre faim grandissante. Profite de tes derniers jours, ton destin est déjà scellé Eric… »

Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 1 - Communauté : Récits on web
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 19:01

Hakim se trouve dans une voiture rouge, celle de Eric, en plein milieu d’un bois. Il fait très sombre. Non seulement la nuit est tombée mais les nombreux arbres empêchent que le lieu soit éclairé ne serait-ce que par les étoiles. Le jeune homme voit des ombres surgir à trente mètres de la voiture. Inquiet, il ferme les 4 portes de l’intérieur et vérifie que les vitres sont toutes remontées. Il allume ensuite les phares de la voiture de son ami. Ce qu’il réussit à voir accentue sa peur : une meute de loups d’une quinzaine d’individus. Aveuglés par la lumière des feux de l’automobile, les animaux courent vers la voiture. Sept d’entre eux sautent sur le toit. Trois autres montent sur le capot et montrent leurs dents aux yeux de Hakim qui ne sait plus comment réagir. Il pense alors à démarrer la voiture mais il ne trouve pas les clés. D’autres loups encerclent la voiture. Hakim se met à klaxonner mais cela ne fait qu’empirer la colère des loups qui se mettent tous à hurler et aboyer. Tout d’un coup, il voit surgir sur sa droite à une vingtaine de mètres quatre individus. Il les reconnaît ! Riad, Natasha, Eve et une fille brune qu’il n’a jamais vu. Hakim hurle :

- Allez vous en ! Vous allez vous faire tuer !!!!!!!!!!!

Cela ne change rien. Les quatre personnes marchent vers Hakim et s’arrêtent à une distance de 5 mètres de la voiture de Eric. Le frère de Monia se rend compte que les loups ne les ont pas remarqué car ils l’observent tous. De la bave dégouline de la gueule de la majorité d’entre eux. Hakim regarde en direction de ses amis. Il constate que Riad baisse la tête vers le sol comme s’il est désolé de quelque chose. Eve, qui porte un bonnet bleu sur son crâne reste figée sur place sans émotions. Par contre, il remarque que la jeune fille brune inconnue aux longs cheveux raides laisse couler des larmes sur son visage. Quand à son amie Natasha, elle tend ses deux bras vers lui et les loups puis laisse glisser sur son visage un grand sourire exprimant une joie immense.

C’est alors que Hakim se met à sursauter ! Une ombre doté d’une grande cape marron et portant une longue faux surgit à travers ses amis sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Ce qui semble représenter la mort se dirige vers la voiture, dévoilant un corps sans tête sous sa tenue terrifiante. Hakim en est certain : cette créature est bien la mort et il pense que son heure a sonné. La fameuse mort se trouve à dix centimètres de la voiture sur sa droite. Hakim tremble. Elle brandit son arme avec ses deux bras recouverts par sa cape et transperce la voiture de Eric qui se retrouve en un coup de faux découpée en deux : un morceau contenant les deux sièges avant avec Hakim et l’autre moitié la partie arrière. Le jeune homme n’est plus emprisonné. Les loups grincent de leurs dents et s’approchent de Hakim. La mort brandit encore sa faux et se met à donner un coup sec sur Hakim…

Hakim expire de tout son souffle ! Il se réveille dans un lit après un sursaut de terreur. Couché sous une couverture, sa tête redressée, il se rend compte qu’il est paralysé. Il n’arrive plus à respirer. Eric est allongé sur sa droite en train de dormir paisiblement. Mais Hakim sent une présence dans la pièce. Une force surnaturelle qui le paralyse. La pièce n’est pas éclairée. Il se rend compte que quelque chose d’invisible lui bloque ses deux bras et ses deux jambes. Hakim veut hurler pour réveiller son ami mais aucun son ne réussit à sortir de sa bouche d’autant plus que sa respiration est bloquée. Au bout de trente secondes, les plus longues qu’il n’ait jamais vécu, tout se relâche. Il inspire profondément pour récupérer sa respiration. Il bouscule alors son ami

- Eric ! Eric ! Réveille toi, crie-t-il.
- Quoi ! Qu’est ce qui se passe ! Répond le jeune blond en sursautant.

Hakim attrape Eric et le serre fort contre lui.
- Merci, merci ce n’était qu’un putain de sale cauchemar, se rassure-t-il.
- Mais t’es fou Hakim ! Tu m’as fait flipper ! Je dormais bien en plus … râle Eric.
- Eric, je suis désolé, reprend Hakim en repoussant Eric. Mais il y’a quelque chose de bizarre dans cette chambre.

Il allume alors la lampe de chevet qui éclaire la chambre d’hôtel où se trouvent les deux amis.

- J’ai senti comme une présence ! J’espère que ce n’est pas encore un Jnoun…
- Pfff Hakim. Pourquoi essaie-tu de me faire flipper après ce qui m’est arrivé hier…
- Je te jure que j’invente rien mais tu as raison excuse moi de t’avoir mêler à ça. Moi qui pensait que c’était une bonne idée de t’emmener avec moi sur Cannes pour te faire oublier ta rencontre flipante avec cet étranger japonais devant notre maison…
- Oui ce connard qui m’a annoncé que je vais mourir..
- Eric n’y pense plus, il est 16h. Ca fait deux heures que l’on fait une sieste. On va se préparer pour aller à la grande conférence nationale ce soir sur la bande dessinée.

Hakim se lève et se rend à la salle de bains. Mais Eric ne réussit plus à penser à autre chose qu’à sa rencontre étrange de la veille qui lui avait fait perdre connaissance…

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Au même moment sur St Denis, Pierre est en train de tondre la pelouse du jardin de leur maison communautaire. Il fait un peu frais malgré le ciel bleu. Il est couvert d’un gilet gris en laine. L’herbe avait atteint une hauteur de quinze centimètres. Il était temps de raccourcir la verdure. Natasha sort de la maison en marchant rapidement. Habillée d’un jean et d’une longue veste en cuir noir, elle ignore son amant sur son passage.

- Hé où tu vas comme ça ? L’interpelle Pierre.
- Faire un tour sur Paris, lui répond-elle sans s’arrêter.

Il stoppe sa tondeuse, court vers elle et lui attrape le bras droit.

- Mais lâche-moi, qu’est ce que tu veux ?s’énerve Natasha.
- Tu comptes continuer à me faire la gueule jusqu’à quand ?
- Je n’ai pas envie de te répondre, lui dit-elle en baissant sa tête.
- Regarde-moi bébé s’il te plait, supplie-t-il.
- Laisse moi Pierre, j’ai besoin d’être seule pour le moment. Je ne supporte plus ton comportement…
- Mais quel comportement ? Tu sais bien que je t’aime !
- Non Pierre ! Je ne le sais plus ! Tu ne fais plus gaffe à moi ! Tu n’es plus du tout attentionné !
- On en a déjà parlé Naty… C’est toi qui te laisse aller. Tu t’habille comme un garçon..
- Oh arrête pierre, dit Natasha sur un ton agacé ! C’est pour toi que j’ai changé de look ! A ta demande. Maintenant laisse moi tranquille !

Elle sort du jardin et disparaît dans la rue du quartier. Le jeune black reste figé sur le départ de sa petite amie.

- Tout va bien ?

Il sursaute et se retourne pour voir qui est derrière lui :

- Ah Elodie, tu as réussi à me faire peur.
- Oui pardon, ce n’était pas mon intention…
- Tu es là depuis le début ? Lui demande-t-il.
- Non, non, juste quand ton amie a quitté le jardin, lui rassure Elodie.
- Bien, bien, poursuit Pierre. Alors dis moi tu t’es bien installée ?
- Oh oui merci, répond elle avec joie. Je n’ai pas pu résister à votre accueil d’hier soir qui a facilité mon emménagement chez vous de suite.
- Chez nous tu veux dire ! Coupe-t-il.
- Oui … chez nous, sourie-t-elle. Bon je vais te laisser, je vais prendre mon temps pour bien visiter la maison. A plus tard Pierre.

Il observe la jolie blonde rentrer dans la maison. Il rallume sa tondeuse. Une voix se met à hurler :

- Mais vous avez pas fini votre boucan !!!!

Madame Pinson est folle de rage. Si le grillage ne séparait pas les deux maisons voisines, elle aurait certainement commis un meurtre.

Pierre sourit à sa voisine et lui montre qu’il n’en a rien a ciré de sa réaction. Il continue a tondre. Madame Pinson, exaspérée, rentre dans sa maisonnette. Cinq minutes plus tard, la tondeuse s’arrête toute seule. Intrigué Pierre se rabaisse et découvre un objet dans l’ouverture de la machine électrique. Il le retire et l’observe.

- Mmmm, on dirait bien une batterie de téléphone…

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Quinze minutes plus tard, Elodie est installée dans sa chambre au deuxième étage de la maison. Ses deux gros cartons ne sont pas encore déballés. Elle se met à rêvasser de la chance qu’elle avait d’avoir été acceptée aussi vite par tous les habitants. Puis elle pense à l’un de ses nouveaux colocataire et au charme qu’il dégageait. Mais hors de question pour elle de lui faire du rentre dedans. On frappe à sa porte. Elodie se lève pour l’ouvrir. Il s’agit de Kesha. Cette dernière lui propose une visite guidée de la maison après s’être rassuré qu’elle se soit bien installée.

Elle lui explique qu’au deuxième étage, la chambre en face de celle d’Elodie est encore libre et que les deux autres chambres sont occupées par Eric et Kesha elle-même. Les deux femmes montent au troisième et dernier étage. Il n’y que trois portes qui longent le long couloir. Une chambre est réservée à celle du couple de la maison Pierre et Natasha. Il y’a une salle de musculation et une bibliothèque dans les deux autres pièces.

- La salle de musculation est rarement utilisée car le père de Pierre possède un grand complexe sportif et la plupart d’entre nous y sommes inscrits, informe Kesha.

Elles poursuivent la visite en redescendant au premier étage qui présente cinq portes.

- Alors les deux chambres du fond sont celles de Leandro et Hakim, explique la jeune asiatique. Celles du milieu sont celle de Monia et celle réservée à Mehdi qui va venir s’installer le mois prochain. Et celle en début de couloir est pour le proprio de la maison, le fameux Riad. Et comme tu as pu te rendre compte, chaque chambre a sa salle de bains et toilettes.
- Oui c’est ce qui m’a agréablement surpris, dit Elodie avec étonnement.

Une des deux portes du fond s’ouvre. Leandro passe en coup de vent :

- Désolé les filles mais je suis pressé, lance-t-il. Et bienvenue encore une fois Elodie.
- Merci !!
- Je sais Elodie, toi aussi tu va le trouver mignon, reprend Kesha.
- Oh … Tu sais c’est vrai qu’il est mignon mais il n’est pas du tout mon genre, lui dit la femme blonde.
- Ah bon ! s’exclame Kesha d’un air surpris. Tu es bien la première fille à me dire cela.
- Les goûts et les couleurs tout simplement. Je préfère les hommes plus ronds ou plus costaud mais pas trop musclés.
- On en a un ici que tu as vu d’ailleurs hier soir dans la rue mais il a une vie sentimentale compliquée.
- Je t’arrête de suite Kesha mais je ne cherche pas à me caser…

Cela rappelle à Kesha son amour pour Mehdi et son inquiétude sur son étrange absence. Son téléphone est tout le temps sur répondeur et sa voiture est abandonnée sur la ruelle inhabitée pas loin de la maison. Elle se demande aussi si elle doit prévenir ses amis que Mehdi a laissé sa voiture ouverte. Mais cela risquait de mettre au grand jour sa liaison avec lui, elle qui était toujours distante avec ce grand homme aux yeux des autres…

- Elodie, je vais devoir te laisser car je bosse cette nuit au cyber et je vais donc me préparer.
- Merci encore pour cette visite, je vais descendre en bas, lui répond Elodie avec un grand sourire.

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19h, Monia mange une salade toute seule dans la cuisine de la maison. Elle mange lentement tout en réfléchissant. Elle cultive une haine envers Mehdi en sachant que sans lui, elle est tombé dans les bras de André la nuit dernière au « Blood Night ». Ce quarantenaire lui avait payé un verre et lorsqu’il lui a adressé la parole, elle a eu le coup de foudre. Elle ne comprend pas comment cela a pu se produire. Mehdi avait galéré pour réussir à sortir avec elle et avoir pu partagé un premier baiser. Mais elle n’avait pas pu résisté plus de trente minutes pour avoir embrassé André sous les yeux de son amie Jamila qui ne semblait pas intéresser le barman. Malgré tout, il n’avait pas profité d’elle. Il était resté gentleman.

- Mais pourquoi avoir flashé sur lui, se demande-t-elle.

Il l’avait raccompagné en voiture jusque à une rue voisine de la maison des colocataires. Ils s’étaient échangés leurs numéros de téléphone avant de se dire au revoir après un long et doux baiser échangé.

- Je peux m’incruster ? dit Elodie en surgissant dans la pièce.
- Oui oui bien sur ! J’ai fait une salade, sers toi en euh comment c’est déjà ton nom ?
- Elodie, lui repond-elle. Et toi tu es la sœur de Hakim ?
- Oh oui, je suis sa terrible et méchante sœur hihihihi.

Elles mangent toutes les deux en faisant plus ample connaissance avec Oscar dans les parages qui guette la nourriture posée sur la table…

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Dans le 10eme arrondissement de Paris, Natasha ressort d’un magasin d’opticien où elle était aller récupérer des lunettes reposantes en prévention d’une myopie naissante. Il commence à faire très froid. Elle s’arrête sur le trottoir en se disant qu’elle n’a pas envie de retourner à la maison pour endurer la présence de son homme qui ne prend pas soin d’elle. Elle veut que le temps s’arrête mais les voitures passent devant elle. C’est alors que la métisse s’effondre, recroquevillée sur le sol en pleurant toutes les larmes de son corps. Un homme aux cheveux noirs courts portant des lunettes sort de l’opticien et court vers elle.

- Mademoiselle, qu’est ce qu’il vous arrive ? dit-il en se rabaissant vers Natasha.

Il l’aide à se relever et constate qu’elle se trouve dans un sale état. Il n’ose pas être curieux.

- Je peux vous aider ? Reprend-il
- Non … non ça ira, lui répond-elle en essuyant les larmes de son visage.
- Une mauvaise nouvelle ? Lui demande-t-il quand même.
- Plutôt un ras-le-bol, dit-elle en observant la monture noire de son inconnu.
- Oh excusez moi, je vous ai vu dans le magasin. Je suis un des vendeurs.
- Ah, je me disais bien, dit Natasha en l’examinant.
- Et oui, maladroit comme je suis, j’ai décidé de bosser dans l’optique à force de casser mes lunettes, poursuit-il sur un ton blagueur. Je me présente Nicolas.
- Natasha… Merci en tout cas Nicolas, marmonne-t-elle sous un air charmé.

Elle constate que le jeune homme ne l’avait pas relâché de ses bras mais elle s’y sentait bien. Nicolas, sous son air élégant, vêtu d’un costume gris, décide alors de lui laisser sa carte avec ses coordonnées.

- Voici ma carte Natasha. N’hésitez pas à me contacter si vous avez un souci avec vos lunettes ou quoique ce soit d’autre, lui lance le vendeur avec un clin d’œil séducteur.


Il se permet de l’embrasser sur sa joue et retourne à l’intérieur pour s’occuper de la fermeture de son magasin. Natasha semble avoir repris des forces et se motive pour aller prendre le métro.

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Pendant ce temps, au cybercafé « Nejma », le jeune Leandro est venu rendre visite à son ami Riad. Ils sont tous les deux au comptoir avec Rodolphe qui vient de terminer son service. Ce gars assez obèse aux cheveux blonds et portant une barbe est l’une des quatre personnes avec Eric et Kesha à travailler pour le compte de Riad. Ce dernier propose à son employé de rentrer plus tôt. En effet il va le remplacer en attendant l’arrivée de Kesha.

- Bon alors mon pote Leandro, tu sors ce soir ? Lui demande Riad une fois que Rodolphe a quitté les lieux.
- A vrai dire j’ai un rencard au Blood Night, lui répond Leandro joyeusement.
- Prend bien soin cette fois ci de vérifier si ton plan cul cache ses clés, blague-t-il.
- Oh arrête tes conneries, reprend le latino en lui donnant un coup à l’épaule droite. Et puis ce n’est pas un plan cul ! On chatte depuis un moment sur le net.
- Salut beau gosse, lance une voix féminine.

Eve, qui vient d’entrer dans le cyber, s’est permise de s’incruster entre les deux amis. Portant un bandana noir couvert par une casquette bleue, elle a l’air excitée comme tout fan d’une grande star pourrait l’être. Leandro est surpris de voir qu’elle s’adresse à lui.

- Alors Leonard cela fait longtemps ! Continue-t-elle.
- Il s’appelle Leandro miss Dory, intervient Riad.
- Oh pardon Leandro, dit-elle toute gênée…
- Non ce n’est rien…répond-il. Tu n’est pas censée savoir mon prénom, on se connaît à peine.
- Je sais c’est gentil à toi, rajoute-t-elle. Mais je te l’avais demandé une fois et je suis trop conne de l’avoir oublié.
- Non arrête ne dis pas ça, conteste Leandro. Mais en tout cas ton look te va à ravir. Ce n’est pas tout mais je dois vous laisser, je vais être en retard !

Riad salue son pote et Eve s’installe au fond de la salle en face d’un ordinateur inoccupé. Le téléphone du propriétaire du cyber se met à sonner. L’excitation envahit son corps des qu’il y lit l’expéditeur de cet appel. Il décroche :

- Salut poupée, comment va tu aujourd’hui, chuchote Riad d’une voix sexy.
- Wow ! Quel accueil ! Lui répond son interlocutrice.
- Héhé, je craignais que tu m’aies zappé Stéphanie.
- Hihi, mais non mon moustachu préféré, dit-elle en ricanant. J’avais plusieurs trucs à régler.
- Et moi c’est quand que tu me règles, plaisante-t-il.
- Tu es fou hihihihi… Non en fait je voulais te demander si ton offre de logement tenait toujours ?
- Mais bien sûr Stéphanie, je te l’ai gardé bien au chaud !
- Oh que c’est mignon, poursuit-elle. Et bien écoute, je suis à la rue demain donc je viendrai directement en taxi dans la journée. Juste envoie moi ton adresse par texto s’il te plait.

Le couple s’envoie quelques taquineries avant de se quitter au téléphone. Après avoir raccroché, un brouhaha provenant du fond du cyber interpelle Riad. En effet, Fabien, présent depuis plus d’une heure, semble importuner Eve en se mettant derrière elle.

- Laisse moi tranquille, hurle-t-elle.
- Alors donne moi ton numéro, dit Fabien sous un air sarcastique
- Oh oh Oh ! Tu vas te calmer, crie Riad devant tout le monde en attrapant l’homme salement habillé.

Il tire le bras gauche de Fabien en le ramenant jusqu’à l’extérieur du cybercafé. Fou de rage, le visage de Riad vire au rouge :

- Petit merdeux à la noix c’est quoi ton putain de problème !!! Vocifère-t-il.
- J’ai payé! Tu n’as pas le droit de me jeter dehors ! Grogne Fabien.
- Et toi tu n’as pas le droit de venir emmerder mes clients ! Quand à Eve, je ne veux plus te voir tourner autour d’elle!
- Pourquoi elle t’appartient elle aussi ? S’offusque le clochard aux chaussures trouées.
- Ne me saoule pas! Sinon crois moi je vais t’en mettre une! Explose Riad. Ce n’est pas la première fois que tu lui colles au cul.
- Et alors ? Coupe Fabien ! J’ai le droit de la draguer !
- Je ne veux plus te revoir ici…
Fabien interrompt Riad en tentant de lui donnant un coup de poing au visage mais ce dernier réussit à l’arrêter dans son élan et lui retourne son bras obligeant l’opportuniste à se replier sur le sol.

- Aille… gémit Fabien ! Tu me fais mal !!
- Tu vas arrêter tes conneries et te casser d’ici c’est compris.

Fabien se met à pleurer comme un petit garçon de trois ans.

- C’est quoi cette comédie, dit Riad surpris par ce qu’il voyait.
- Lâche-moi pitié lâche-moi, hurle Fabien tout en pleurnichant. Tu as toujours tout eu dans ta vie ! Ta maison, ton cyber. Tu peux avoir toutes les filles que tu veux. Tu peux te payer tout ce que tu veux. Tu n’as jamais eu besoin de rien grâce à tes parents…

Riad relâche le désespéré qui se relève et poursuit sa plainte les yeux mouillés face au regard gêné du jeune maghrébin.

- … Tu ne sais pas ce que c’est de dormir dans la rue, de n’avoir personne sur qui compter ! Je ne sais jamais si je survivrai à chaque jour que Dieu me donne ! Tout le monde me regarde d’un air hautain et méprisant ! Vous me dégoûtez tous ! J’en ai rien à foutre de ton cyber ! La roue tournera tu verras ! Va au diable !

Fabien se met alors à courir en s’éloignant de la rue laissant Riad bouche bée de ce qu’il venait de subir…

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De retour sur St Denis, Natasha arrive à la rue de son domicile en marchant tranquillement chaudement vêtue pour affronter ce froid d’hiver. Elle remarque une Lamborghini rouge garée au tout début de la petite rue de l’Aube Eternelle qui a ses phares allumés. Tout en passant à côté, elle observe sans retenue le conducteur. Elle a du mal à cerner son visage, la nuit n’arrangeant rien. Elle constate qu’il s’agit d’un mec aux cheveux grisonnants. Celui-ci se sentant épié la regarde à son tour. Elle tourne alors sa tête en direction du chemin de la maison. Cinq pas plus tard, la voiture se met à démarrer pour quitter le paysage.

- Il est louche celui-là, murmure-t-elle.

A peine rentrée dans la maison, elle croise Monia dans le hall d’entrée. Cette dernière constate qu’elle a les yeux rouges.

- Pierre t’a encore blessé ? Lui demande-t-elle.
- Non Monia … lui répond Natasha d’un ton sec. Mais dis-moi toi qui est en couple avec Mehdi, tu n’a jamais remarqué que l’amour te pousse à t’écraser et accepter les exigences de ton gars ?
- Oh que non ma belle, assure Monia ! Si mon gars devient exigeant, je le remballe illico…
- Mais cela veut dire que tu n’es pas vraiment amoureuse dans ce cas, coupe Natasha.
- Naty, l’amour c’est avant tout le respect de l’autre et en aucun cas de le blesser…
- Bref, je reviens, je monte prendre une douche…

La petite amie de Pierre monte les trois étages, laissant Monia inquiète pour elle. Arrivée dans sa chambre, elle se déshabille complètement en jetant ses sous-vêtements sur le lit deux places. Elle file de suite dans la salle de bains et allume le robinet d’eau chaude de sa douche qui laisse couler un long jet d’eau. Elle se positionne dessous et met les mains sur son visage pendant que l’eau traverse tout son corps. Elle essaie de se relaxer. Deux minutes plus tard, elle sent un corps très froid se coller à elle. Surprise elle se retourne et ouvre ses yeux. Pierre complètement nu la serre dans ses bras et se met à lui donner une dizaine de bisous sur son joli visage humide.

- Pierre… pas maintenant s’il te plaît chuchote-t-elle.
- Bébé je t’aime, lui dit-il. Pardonne-moi pour tout.

En manque d’affection, la jeune fille se laisse aller et se sent si bien emprisonné dans le corps très musclé de Pierre. Il se met à la soulever sur ses reins et le jeune couple commence à faire l’amour comme si c’était la première fois ….

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21h, le bar discothèque « Blood Night » est bombé de monde alors que la soirée ne fait que commencer. Cela fait un quart d’heure que Leandro est installé au bar en train de discuter avec son internaute préféré bien qu’occupé à servir ses clients. Le cœur du latino bat la chamade. Il est heureux. Raphael est encore plus sexy que sur ses photos qu’il avait pu voir sur le net. Cet homme blond à la peau blanche ne cesse de lui sourire même quand il sert les autres personnes.

- Je suis désolé bel homme de ne pas être qu’à toi ce soir, lui chuchote Raphael à son oreille.
- Ne t’excuse pas, je suis grave ravi de te voir enfin, lui répond timidement Leandro. La prochaine fois on se verra en journée…
- Ecoute demain soir, je suis de repos. On pourrait se faire un ciné, lui propose le barman.
- Yes ! Avec un grand plaisir, promet Leandro à haute voix malgré la musique techno qui lui assourdit ses tympans.
- Tu sais maintenant que je te vois en réel, je te confirme que tu as tout d’un mannequin…
- Oui c’est mon job mais ce n’est pas une priorité dans ma vie, explique le jeune client. Je compte même changer de boulot.

Puis le GSM de Raphael se met à sonner. Il le sort de la poche de son jean moulant. Il l’observe et le remet dans sa poche.

- Tu réponds pas ? Ose timidement Leandro.
- Bof… C’est encore une nana qui m’a dragué hier soir et qui me colle depuis, confesse le barman.
- Je vois, je vois. Heureusement que tu ne sois pas bisexuel, sinon j’aurais de quoi m’inquiéter, lui dit-il sur un ton moqueur.

Une très belle femme aux cheveux noirs longs ondulés aux lèvres pulpeuses et à la poitrine généreuse passe derrière le comptoir en jupe très courte. Ignorant tous les clients, elle se dirige vers les deux tourtereaux. Elle passe alors un de ses bras autour du cou de Raphael et s’accoude avec l’autre sur la table du long comptoir en dévisageant Leandro. Ce dernier est éblouit par sa beauté extraordinaire. Bien qu’elle ait une peau encore plus blanche que celle du barman, il est évident pour Leandro que la beauté de ses colocatrices Kesha, Natasha et Monia ne lui arrivent pas à la cheville. Mais il en devient gêné de ce long regard troublant et persécutant qu’elle lui jette. Raphael lui retire son bras calmement :

- Mmmm… Leandro voici Monica la patronne de la boite. Monica voici mon nouvel ami Leandro.
- Enchanté Monica, dit Leandro avec hésitation.
- J’espère que tu bois pas à l’œil, lui lance-t-elle sur un ton sec avec un accent légèrement russe.

Puis elle ressort illico du comptoir pour disparaître dans la foule présente sur les lieux.

- Ne fais pas gaffe à elle, reprend Raphael. Elle sait qu’elle impressionne et elle en profite.
- Elle m’a mis vachement mal à l’aise…s’énerve Leandro en se levant de son haut tabouret en cuir. Ecoute Raphael, tu me plais vraiment mais cet endroit me rend mal. J’aimerai vraiment qu’on ne se revoie plus à ton boulot avant de mieux se connaître.
- Pas de soucis mon gars, approuve le barman en rapprochant son visage contre le sien et lui tenant la joue droite. Demain soir on ira où tu voudras et je ne serai rien que pour toi.

Il lui donne alors un long baiser en public qui rend un bien fou à Leandro qui se met ensuite à quitter le bar en le saluant chaleureusement.

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Pendant ce temps, au 4 rue de l’aube éternelle de St Denis, madame Pinson est en train d’utiliser son sèche-cheveux sur sa grosse tignasse grise où traînent une dizaine de bigoudis. Cette vieille dame ne cesse pas de souffler toutes les quinze secondes à marmonner des jurons. Son souhait le plus cher est que ses voisins déménagent pour retrouver une tranquillité absolue. Elle ne supporte plus la musique, le boucan et leurs nombreux va-et-vient dans leur maison. Tout à coup quelque chose enroule son pied gauche. Elle se met à hurler et à sautiller après s’être rendue compte qu’il s’agit d’un long serpent d’un mètre environ.

Elle attrape alors le pommeau de douche et l’arrache sans hésitation. Le serpent se rapproche d’elle en tirant sans cesse sa langue. Prenant cela comme une provocation, la bonne femme se met alors à le frapper avec son objet. Ne ratant pas sa cible, la petite créature meurt sur le coup. Cependant, elle continue le même geste jusqu’à aplatir la bête.

- Il faut jeter cette merde, se dit-elle.

Elle sort de la salle de bains et traverse le long couloir de cet unique étage pour se rendre à la cuisine. Mais sa vision la terrifie. Quatre serpents de même taille que le précédent se trémoussent contre la porte d’entrée de l’intérieur de la maisonnette. Elle se jette sur le balai qui se trouve dans la cuisine et fonce directement vers ces animaux pour leur donner des coups. Ils essaient de riposter mais en vain. Elle ouvre sa porte d’entrée pour les balancer vers l’extérieur et tombe nez à nez avec une créature humaine couverte d’un long drap jaune de la tête aux pieds. Sa voix bizarroïde lui dit :

- Cette maison sera mienne ! Tssssssssss.
- Dégagez de chez moi où j’appelle la police !!!! Gronde madame Pinson.

C’est alors que l’étranger rejette son drap dévoilant un corps dans l’obscurité couvert de serpents qui se jettent sur le sol. Horrifiée, la vieille dame a le mauvais réflexe de regarder dans les yeux humains de cet inconnu et d’en être de suite hypnotisé.

- Que la pierre s’empare de ton sale corps ! Somme la créature étrange.

Sans perdre un instant, le corps de madame Pinson se transforme en pierre ne lui laissant aucune trace de peau visible. Tous les serpents présents entourent ensuite la statue créée. Puis la personne s’avance vers elle et la repousse en arrière. Et c’est ainsi que la vieille dame se disperse en centaine de petits morceaux de pierre. Et la créature pénètre la demeure refermant la porte derrière elle…

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22h, Leandro se ballade tout seul dans les jardins de Châtelet au centre de Paris. En temps normal, il serait aller faire un tour au Marais, un lieu gay-friendly, mais comme il souhaite approfondir sa nouvelle relation, il décide d’éviter les tentations. Tout en marchant, il rêvasse de la merveilleuse rencontre qu’il venait de faire aussi courte qu’elle l’était. Raphael lui plaît énormément et il fera tout pour l’avoir. A un moment donné, il sent une main l’attraper au niveau de la hanche par derrière. Il se retourne et reconnaît avec étonnement la personne malgré l’obscurité :

- Monica, vous ici ?!
- Oui je t’ai suivi en fait, nargue la patronne du « Blood Night » avec son accent envoûtant.
- Mais … mais pourquoi ? Lui demande Leandro ébloui par le physique de rêve de la femme qui serait capable de détourner n’importe quel homosexuel.
- Tu me plais, tu es canon ! Je te veux ! Exige Monica.
- Non je vais vous décevoir mais je suis gay et j’entame peut être une relation avec votre ami…
- Raphael ? Sache qu’il m’a donné le feu vert, clame-t-elle.
- Qu-quoi ?? S’étonne Leandro. Ce n’est pas vrai, il ne ferait pas ça !
- Ecoute-moi beauté latine ! Tu le connais depuis quoi ? Une heure ? Et tu crois que cela veut dire que c’est sérieux entre vous ? Juge-t-elle tout en mettant ses deux bras autour de la nuque de Leandro.

Elle lui donne alors un baiser sur la joue puis se dirige vers les lèvres du jeune homme. Furieux, Leandro la repousse. Ejectée à un mètre de lui, elle se rapproche de lui et met sa main droite sur le pantalon du gars au niveau de son sexe et y exerce une pression palpable.

- Mais lâchez moi bordel de merde, crie-t-il en se retirant. Allez vous faire foutre pétasse !!

Ecoeuré, il se met à courir à grandes enjambées en direction de la première bouche de métro. Monica l’observe disparaître au loin en ricanant de satisfaction tout en faisant glisser sa langue sur sa lèvre inférieure….

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23h, Hakim et Eric se promènent à travers les nombreux stands au sein du fameux Palais du Festival de Cannes. Ils y découvrent des tonnes de bande dessinées intéressantes venant du monde entier. Hakim est tout fier de lui expliquer l’historique de Marvel qu’il connaît du bout des doigts. Emerveillé, Eric a déjà oublié l’agression de la veille. Pendant que son ami lui raconte des événements liés à l’histoire de la bd des super héros, le blondinet ne peut s’empêcher de mater les super-héroines qui occupent les couvertures des bouquins. Elles sont sexy et belles comme dans ses fantasmes les plus fous.

- Oh Hakim viens on va voir là bas, elle est trop mignonne la meuf qui tient ce stand, tente-t-il.

Le frère de Monia soupire à la réaction de son ami mais accepte pour lui faire plaisir. Le stand en question présente des livres sur les monstres légendaires et mythiques. La participante qui présente ce thème les accueille avec un grand sourire. Brune aux cheveux très courts et aux yeux bleus, elle porte une longue écharpe noire autour de son cou. Eric feint de s’intéresser aux sirènes et au célèbre cyclope juste pour nouer le dialogue avec elle. Hakim observe passivement la situation et bizarrement se rend compte que la jolie dame ne le lâche pas du regard bien qu’elle discute avec Eric. Puis toujours avec un sourire exquis et sans détourner son regard, elle s’adresse à Hakim :

- Et vous monsieur, aucun monstre ne vous passionne ?
- Si… mais sans plus, décide Hakim. Rien ne surpasse l’univers des x-men pour moi.
- Vous devriez vous ouvrir plus, continue-t-elle. Je suis certaine, je ne sais pas pourquoi, que cela vous passionnerai. Tenez regarder ceci…

Elle lui tend un livre sur les esprits. Embêté, Hakim insiste en lui disant qu’il ne souhaite pas découvrir ce monde là. De plus, Eric est agacé de constater que seul Hakim semble intéresser la femme depuis le début.

- Bon Hakim, viens on bouge, on a encore beaucoup de stands à voir avant de rentrer, se permet-il de dire par jalousie.

Il le tire par le bras et les deux hommes quittent le stand des créatures en saluant la dame…

Cette dernière décide de s’absenter quelques minutes et se rend dans les toilettes pour femme. Elle observe sous chacune des portes, si les WC sont occupés. Rassurée elle se met à composer un appel sur son téléphone portable bleu foncé.

- Allo c’est moi, dit-elle.
- Que veux tu encore ? s’énerve la voix rocailleuse au bout du fil.
- Attend écoute-moi ! J’ai découvert que l’un d’eux à un démon en lui !
- Et alors cela ne va pas m’arrêter ! Hurle la voix mystérieuse.
- Oui mais ce n’est pas n’importe lequel, c’est l’un des deux démons qui ont battu Malice !
- Ecoute pouffiasse ! Tu ne m’apprends rien ! Je t’ai déjà dis que je n’ai plus besoin de tes services !
- Ah parce que tu crois pouvoir te débarrasser de moi aussi facilement, menace la teneuse du stand. Fais gaffe car je serai capable de tout révéler au grand jour à commencer par la face cachée du Blood Night !
- Tu ne réussiras pas à stopper mes plans, j’ai déjà envahi la maison voisine de ma cible. Un conseil pour toi si tu tiens à ta vie qui n’est pas si éternelle que cela : assure toit de toujours rester hors de ma vue !

Puis la communication téléphonique se coupe. La femme brune se dirige vers l’un des miroirs des toilettes publiques. Elle se regarde faisant disparaître son sourire naturel. Les nerfs maîtrisent son corps. Puis bizarrement ses cheveux noirs de sa coupe garçonne virent au blond. Puis la couleur redevient noire pour revenir au blond. Ce changement de couleur s’opère sans arrêt. Elle retire sa longue écharpe noire. Une marque de naissance sur son cou avant représentant une étoile se met fortement à briller. Elle essaie de se contrôler en fermant ses yeux. Ses cheveux reprennent une couleur noire stable. Elle réussit à se calmer de sa colère naissante contre l’interlocuteur de son appel téléphonique. L’étoile ne brille plus sur sa peau. Elle rhabille sa nuque de son écharpe pour masquer sa tache noire. Elle repositionne alors son badge correctement sur son pull en laine vert. Ce badge où il est inscrit son nom : Illustratrice, Sonya De La Vega....
Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 2 - Communauté : fictions crépusculaires
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 01:46

2 heures du matin, Kesha vient de fermer le cybercafé. Habillée chaudement pour combattre ce froid d'hiver, elle marche tranquillement en direction de la station de bus nocturne tout en discutant au téléphone avec Eric. Ce dernier lui raconte sa journée passée à Cannes en compagnie de Hakim. Il lui exprime aussi son envie pressante de mieux faire connaissance avec Elodie leur nouvelle colocatrice, ce qui fait gentiment rire la jeune femme. Ayant déjà dépassé quatre immeubles depuis le cyber, elle constate la présence en pleine nuit d'un homme recroquevillé sur lui-même près d'un bouche d'égout qui laisse jaillir une fumée apparente. Cette personne essaie de se réchauffer pour affronter le vent glacial qui habite la ville parisienne. Passant devant lui, Kesha semble le reconnaître.

 

- Eric, on se verra demain, je dois te laisser, dit-elle en coupant court à sa communication téléphonique. Excusez-moi?

 

L'homme relève sa tête dévoilant ses joues mouillées de larmes récentes. Kesha ne s'était pas trompée:

 

- Mais Fabien, qu'est ce que tu fais ici?

 

Elle n'obtient aucune réponse. Il rebaisse sa tête vers le sol. Elle s'agenouille alors pour se mettre à son niveau et lui relève lentement son visage vers elle. Elle lui essuie ensuite les larmes de sa joue droite avec sa main droite. Le fait de le voir ainsi l'attriste.

 

- Parle moi Fabien s'il te plaît, relance-t-elle avec inquiétude.

- Laisse-moi je t'en prie, se mit-il à dire...

- Ecoute! Il est hors de question que je continue mon chemin en t'ayant vu dans cet état!

- Tu ne peux rien faire pour moi...Je suis maudit, damné ! se permet-il de rajouter.

- Ne dis pas de bêtises, tu as juste besoin d'aide, lui dit Kesha...

- Je ne veux plus que l'on m'aide! Même Riad m'a banni de votre cyber, lui apprend Fabien.

- Quoi??? S’étonne-t-elle. Mais pourquoi cela?

- Avoir un clochard dans son cyber, c'est nuisible pour son image...

- Bon, lui coupe-t-elle! Lève-toi, je vais te payer une chambre d'hôtel et tu vas tout me raconter en route car je suis certaine qu'il y'a un malentendu...

 

Fabien refuse sur le coup son invitation mais après une courte hésitation, il attrape la main tendue de la demoiselle et se relève pour la suivre. Kesha se rappelle alors de cette fameuse main qui lui était tendue quelques années auparavant ....

 

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24 ans plus tôt, une petite fille de six ans joue aux poupées dans une pièce assez sale qui semble être sa chambre. Elle est en train de manipuler deux de ses poupées assez grandes de taille dont l'une a le visage cicatrisé en diagonale. Son jeu est interrompu par un bruit d'objet qui se casse dans une pièce voisine suivie par des hurlements. Surprise la fillette pose l'une des poupées sur le sol et se relève ramenant celle au visage abîmé contre son ventre. Elle sort de la chambre et traverse le couloir sombre et étroit pour se retrouver dans la salle à manger. Elle assiste à une énième scène de ménage entre ses parents. Son père, chauve et petit de taille, près du grand divan en piteux état, porte ses deux mains sur son visage pour se protéger des assiettes projetées par sa femme assez obèse et colérique.

 

- Mauviette! lance la mère de la fille à son mari.

 

Ne trouvant plus d'ustensiles à sa portée, la grosse femme se précipite vers le petit homme et lui donne des coups de poing au visage. Celui-ci ne se défendant pas, se laisse tomber sur le divan.

 

- Ne me frappe pas s'il te plaît, murmure-t-il avec difficulté.

 

L'épouse aigrie se déchaîne sur lui en le tabassant comme s'il est un punchin' ball. La fillette apeurée du spectacle laisse tomber sa poupée sur le sol et se met à pleurer.

 

- Papaaaaaaaaaa!!! Rumine-t-elle sous ses pleurs.

 

Sa maman se retourne vers elle et lui hurle en la montrant du doigt:

 

- Retourne dans ta chambre Kesha!!!!!

 

Effrayée, la jeune asiatique court jusqu'à sa chambre. Elle referme la porte derrière elle et se jette sur son lit déjà défait. Allongée sur le ventre, elle met ses mains sur ses deux oreilles sans que cela puisse stopper ses larmes de couler....

 

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Dix ans plus tard, un soir d'hiver, la jeune Kesha révise ses cours à la maison familiale pour assurer ses examens de fin de trimestre de sa seconde. 19 heures, sa grosse mère rentre furax de son boulot. Elles  ne vivent plus que toutes les deux ensemble. Kesha sait qu'il ne faut pas contrarier sa maman donc elle ne cherche pas à comprendre pourquoi elle est énervée. Malheureusement la furie se jette sur elle:

 

- Où est le dîner ?!!! Hurle-t-elle.

- Doucement maman, tu vois pas que je bosse...

 

Kesha n'a même pas eu le temps de terminer sa phrase que sa mère la gifle violemment la faisant reculer d'un mètre. Ecoeurée, elle ose lui répondre:

 

- J'en ai marre de toi! Je ne suis pas ton esclave !

- Ta gueule conasse, crie la mère enragée! Tu devrai bosser et nous ramener de l'argent au lieu de perdre ton temps à cette école de merde !

- Au lycée maman! Au Lycée...

 

Elle reçoit une seconde claque. Kesha, surprise colle sa main contre sa joue endolorie.

 

- Et tu ne t'étonnes pas pourquoi tout le monde t'abandonne, se permet de rajouter la jeune adolescente.

- T'es qu'une pauvre merde! Va rejoindre ton père! Va! Cette femelette n'aura même pas le courage de t'accueillir!

- C'est trop maman, laisse-moi tranquille maintenant...

- Sors de chez moi et ne reviens plus! Grommelle sa mère avec de la bave qui jaillit de sa bouche. Dégage! Tu n'es plus ma fille sale pute!

 

Choquée, Kesha prit la porte tout en retenant ses larmes par fierté et laissant sa mère crier derrière elle.

 

- Et si jamais tu reviens, je te tuerai de mes propres mains!

 

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2 ans plus tard, un jour ensoleillé du mois de Mai, Kesha se rend à son lycée parisien où elle y termine ses dernières semaines de terminale en section littéraire. Aujourd'hui c'est son anniversaire: elle a tout juste 18 ans. Elle est joyeuse malgré ses deux dernières années de galère. Heureusement, elle avait pu compter sur son amie Jamila et la mère de celle-ci pour l'héberger. A deux rues de son établissement, elle aperçoit un attroupement de jeunes gars à partir duquel provenait un brouhaha incompréhensible. Elle s'en approche. Arrêtée à cinq mètres du groupe, elle n'en croit pas ses yeux: six jeunes mecs sont en train de donner des coups violents à un septième gars qui ne sait plus se défendre. Elle entend des mots jaillir de la bouche des agresseurs : "Tapette!", "Sale PD", "Tu oses sucer des queues alors prends ça sale homo!".

 

Kesha ne peut plus supporter de voir ce massacre. Elle s'interpose:

 

- Bande de minables, lâchez le!

 

Le plus costaud des six lycéens, se retourne et s'adresse à elle:

 

- Tu veux te la jouer miss Super-Hero au service des pédales?

- Et toi tu veux te la jouer le petit gosse qui a besoin de tous ses potes pour tabasser un mec sans défense? Ose-t-elle lui cracher à la gueule.

 

Une fraction de secondes plus tard, elle reçoit un violent coup de poing à l'estomac par ce voyou qui coupe net sa respiration. Elle tombe alors sur le sol.

 

- Prenez lui son sac! Lance un des gars du groupe.

 

Trente secondes plus tard, Kesha et le mec battu sont laissés tels quels sur le trottoir, allongés par terre. Le gars blessé, le visage en sang, est le seul conscient. Il s'approche en rampant vers la jeune asiatique. Arrivé vers elle, il vérifie son pouls avec sa main tremblante. Elle respire encore. Il se met à lui souffler une phrase au niveau de ses oreilles:

 

- Merci beaucoup de .... de m'avoir sauvé la vie... Mon nom est Leandro et je tâcherai de veiller sur toi....

 

 

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5 ans plus tard, de ses 23 ans, Kesha est assise sur le trottoir à dix mètres de l'entrée d'un supermarché Franprix en plein Paris. La tête baissée, elle observe les chaussures des jambes qui passent devant elle. Elle ne saisit pas les marques des godasses car elle voit trouble. Mais elle ressasse toujours la même chose dans sa tête: elle regrette en fait amèrement d'avoir cédé aux avances du petit ami de sa copine Jamila. Lorsque cette dernière avait découvert que son mec la faisait cocue avec sa meilleure amie, cela avait créé une violente dispute entre les deux filles. Depuis Jamila l'avait jeté de sa maison familiale et Kesha s'était donc retrouvé à la rue. Ayant raté son bac suite à son agression, elle avait du également arrêtée ses études car elle n'avait plus de domicile. Elle ne trouvait aucun boulot et essayait donc de vivre au jour le jour. Voler dans les magasins était devenu son action du quotidien.

 

Deux hommes s'arrêtent à son niveau. Vont-ils lui donner quelques pièces? Elle ne veut pas les regarder. L'un d'eux se rabaisse vers elle:

 

- Je m'en doutais Kesha! Lui balance-t-il.

 

Elle relève sa tête vers son visage. Elle reconnaît Leandro, l'homosexuel qu'elle avait essayé de défendre et qui avait pris soin d'elle durant les trois mois qui ont suivi leur agression. Honteuse d'avoir été prise sur le vif, elle ne veut lui répondre et détourne sa tête.

 

- Kesha, ne soit pas gênée par moi s'il te plait, reprend Leandro. Je me doutais bien que tu étais en plan galère. Laisse moi t'aider s'il te plaît...

- Je... je n'ai pas besoin d'aide, se met-elle à chuchoter. Je ne veux plus que l'on m'aide...

- Ecoute ma puce, je te présente Riad, un ami. Il est au courant de tout ce que tu as fait pour moi. Ne refuses pas mon aide s'il te plaît.

 

Kesha observe le jeune maghrébin qui se met à lui tendre sa main.

 

- Bonjour Kesha, lui dit Riad. Les amis de mes amis sont mes amis. Laisse nous te donner un coup de pouce pour t'en sortir...

 

Kesha refuse sur le coup son invitation mais après une courte hésitation, elle attrape la main tendue du jeune chevalier et se relève pour suivre les deux amis...

 

 

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Cela fait quelques mois déjà que Kesha est installé au 2 petite rue de l’aube éternelle située dans une longue et petite rue de la ville de Saint Denis. Elle s'entend avec les cinq locataires. Riad est pour elle comme un grand frère qui veille sur elle. Eric et elle n'arrêtent pas de se vanner. Par contre,elle se conduit comme une grande soeur avec Leandro. Puis avec Hakim, elle partage des passions communes tels que les animaux, le cinéma ou encore la musique. Et avec la soeur de celui-ci, Monia, l'amitié naissante grandit de jour en jour. Nina, une chatte blanche, est l'animal de compagnie de la maison qui a de suite adopté la présence de Kesha.

 

C'est à l'age de 26 ans que Kesha rencontre pour la première fois le charmant Mehdi, la première fois qu'elle décide d'accompagner son amie Monia en boite de nuit. Elle le trouve un peu fou-fou mais très mignon et de ce fait pense qu'il est vraiment bien assorti à la soeur de Hakim. Monia lui demande d'ailleurs de ne pas en parler à son frère tant qu'elle n'a rien officialisé. Mehdi lui n'a d'yeux que pour sa bien aimé. En effet ce soir là, il n'aura échangé que quelques mots avec Kesha...

 

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Décembre 2007, Kesha a 27 ans. Une nuit de ce mois-ci, elle ne réussit pas à trouver le sommeil. Il est 4 heures du matin. Tout le monde dormait quand elle est rentrée du cybercafé "Nedjma" une heure plus tôt. Dans le noir, elle entend comme des bruits de grattage... Ou plutôt des doigts qui grattent contre quelque chose. Allongée sur son lit, elle allume sa lampe de chevet et s'assied ensuite. Elle repère d'où vient ces bruits répétitifs : la grande armoire près de la porte qui se trouve face au lit. Elle a le réflexe de penser à Nina. Elle se précipite alors vers le meuble en question. Elle ouvre son armoire:

 

- Nina!? Nina sors! dit-elle.

 

Aucun bruit... Elle fouille ses affaires qui se trouvent à l'intérieur et ne trouve aucune trace de la chatte de la maison ni de quoi que ce soit de suspect. Tout d'un coup, elle entend des bruits de pas provenant du couloir du deuxième étage, là où se trouve sa chambre. Elle remarque que la lumière du couloir n'est pas allumée à travers les ouvertures de sa porte. Puis elle se met à sursauter en émettant un cri: on vient de frapper à sa porte violemment avec une dizaine de tocs successifs. Cependant, elle prend son courage à deux mains et ouvre la porte de sa chambre: le noir total. Elle pénètre le couloir de l'étage pour atteindre un interrupteur. Le couloir est donc ensuite allumé. Mais il n'y a personne. Kesha ne comprend plus rien. Elle entend alors des pas provenir du haut de l'escalier du fond du couloir. Il est évident pour elle que quelqu'un descend du troisième étage qui pourtant est inoccupé à cette heure ci : une chambre double vide, une salle de musculation et une bibliothèque... Elle commence à se demander s'il ne s'agit pas d'un cambrioleur. Mais pourquoi aurait-il frappé à sa porte dans le noir et avoir monté aussi vite à l'étage du dessus? C'est alors qu'elle reconnaît la personne qui marche dans les escaliers !

 

En effet Hakim descend les étages sans même remarquer la présence de Kesha. Pourtant celle-ci en est certaine: il ne peut pas ne pas la voir et il passe comme si elle n'était pas là. Il tient un petit objet dans chacun de ses mains mais elle n'arrive pas à savoir de quoi il s'agit.

 

- Hakim? L’appelle-t-elle quand même.

 

Engageant le premier étage, il s'arrête net au son de la voix de Kesha. Son dos se présente à elle mais il ne se retourne pas.

 

- Hakim? Répète-t-elle. Tu fais quoi à cette heure-ci?

 

Aucune réaction de sa part... Dix secondes plus tard, Nina qui monte les étages, croise Hakim au passage. L'animal se met à grincer des dents tout en hérissant ses poils blancs. Elle saute alors sur les jambes de Hakim et se met à le griffer à travers son jogging rouge. Elle déclenche alors la première réaction de Hakim depuis que Kesha l'a interpellé. Hakim gesticule ses deux jambes et réussit à éjecter Nina puis il continue alors de descendre les escaliers sans se retourner.

 

- Il doit être somnambule, se murmure-t-elle tout simplement pour se rassurer.

- Tu fais quoi dans le couloir??

 

Surprise, elle se retourne. Eric vient de sortir de sa chambre qui se trouve en face de la sienne.

 

- Tu parlais à qui Kesha? Lui questionne-t-il.

- On a tapé à ma porte, tu n'a rien entendu??

- A part le son de ta voix non! Mais si tu ne te sens pas rassurée, tu peux dormir avec moi , je veillerai sur toi, lui propose Eric.

- Euh... non sans façon grand malin, lui répond Kesha sous un air moqueur.

- Au moins j'aurai essayé, avoue Eric.

 

Puis les deux jeunes amis se rendent chacun dans leur chambre respective....

 

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Un après-midi d'Avril 2008, Kesha, Monia et Mehdi se trouvent dans le jardin de la maison des colocataires assis autour d'une table en bois en train de manger des hamburgers. On sonne à la grille d'entrée.

 

- Ah la voilà! lance Monia en se précipitant pour aller ouvrir à la personne qui attend de l'autre côté du jardin.

 

Elle revient vers Mehdi et Kesha avec sa nouvelle amie pour les présenter.

 

 Kesha est sous le choc:

 

- Les jeunes!  Dit Monia en montrant la rousse qui l'accompagne. Voici ma meilleure amie de fac, Jamila! Jamila voici Mehdi mon boy-friend et...

- Ne vas pas plus loin Monia, lui coupe Jamila, mais je connais déjà Kesha...

 

Monia est surprise que le monde soit si petit. Estomaquée, Kesha se souvient des années d'amitié puis de haine entre elle et Jamila qui l'avait hébergée quand sa mère l'avait jeté dehors. En colère puis émotive, elle quitte la table sans dire un mot pour rentrer dans la maison.

 

- Mais il lui arrive quoi? S’étonne Monia.

- C'est une longue histoire, répond Jamila. Je suis surprise que tu vives sous le même toit qu'elle.

- Les filles, je reviens, s'incruste Mehdi dans la discussion. Je vais aller voir si elle va bien.

 

A l'intérieur, Mehdi retrouve Kesha assise sur l'un des fauteuils en cuir noir du salon principal qui donne direct à l'entrée principale de la maison. Il s'assied sur le rebord du fauteuil et sort un mouchoir kleenex de la poche de son jean pour y essuyer toutes les larmes présentes sur son visage. Il comprend sans lui parler qu'une sale histoire a mis les deux filles en froid dans le passé.

 

- Je ne te demande pas de me raconter ce qu'elle t'a fait, lui dit-il calmement. Mais juste laisse toi aller, nous sommes tes amis.

 

Il la serre alors fort dans ses bras. Puis il regarde son visage et essuie avec son doigt une énième larme qui sort de l'oeil gauche de la jeune femme.

 

- Tu sais que tes yeux bridés sont magnifiques, lui annonce Mehdi.

 

Kesha se met à sourire enfin:

 

- Arrête de raconter des salades, grand fou! lui répond elle tout en évitant de lui montrer qu'elle se sent rassurée dans ses bras. Bon... je vais monter dans ma chambre, merci pour tout Mehdi.

 

Elle se relève alors du fauteuil à travers les bras du jeune homme qui se redresse également. Leurs regards se trahissent...Elle détourne ensuite ses yeux. Puis sans bouger, elle ose replonger son regard dans le sien. Mais c'est au tour de Mehdi de détourner ses yeux avec hésitation. Et dans la confusion, ils s'échangent leur tout premier baiser...

 

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Trois mois plus tard, Kesha reste pensive sous le jet d'eau de sa douche qui coule depuis quinze minutes en plein après-midi. Cela fait deux mois dèja qu'elle voit régulièrement Mehdi. Elle se sent mal vis à vis de Monia. Elle veut tellement lui dire la vérité pour soulager sa conscience mais elle risque d'y perdre son amant. Mais en se taisant, elle risque de perdre son amie si elle vient un jour à découvrir que son gars la trompe avec elle. Elle se décide enfin de sortir de sa salle de bains. Elle tombe nez à nez avec une étrangère présente dans sa chambre:

 

- Qui est-tu? demande Kesha avec inquiétude.

- Excuse-moi, lui répond l'intruse. Je me suis permise de rentrer dans ta chambre. Y'a personne dans la maison, je suis Natasha. On s'installe mon mec et moi au troisième étage aujourd'hui...

- Ah oui, vous êtes les amis de Riad, coupe la femme aux yeux bridés sur un ton rassuré. Je suis Kesha.

- Enchantée Kesha, reprend Natasha. Je suis venue t'emprunter si c'est possible du shampoing car on a oublié de faire des courses et je sens que mes cheveux sont terriblement sales.

 

Après avoir pris son shampooing, Natasha quitte la chambre en lui proposant de la revoir un peu plus tard. Kesha accepte avec plaisir tout en étant éblouie par la beauté de la métisse et de son look hyper sexy....

 

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Une nuit de Novembre 2009, Kesha est de retour sur Saint-Denis après avoir fermé le cyber de Riad. Arrivée au niveau de la maison rose et bleue,  elle trouve Eric assis dans sa voiture dans un état dépité. Intriguée, elle ouvre la portière côté conducteur:

 

- Tu vas bien Eric? Lui demande-t-elle sans gêne

- Tu comptes vraiment le savoir? Lui répond-il avec un air agacé.

 

Ne sachant pas quoi lui répondre, elle décide de se taire tout en l'observant.

 

- Tu veux vraiment le savoir !!!? Se met-il à crier.

- Eric tu m'inquiètes là...

 

Tout en restant assis dans sa voiture, il brandit un animal mort de sa main droite.

 

Horrifiée, Kesha n'a aucune peine à reconnaître le cadavre de Nina.

 

- C'est toi qui a fait ça? L’interroge-t-elle tout en commençant à trembler.

- Oui bien sur que c'est moi Kesha qui a étranglé Nina et qui l'a caché sous ma voiture, répond-il avec ironie. Mais putin de merde, tu me crois vraiment capable de faire ça? Je ne tuerai même pas une mouche!

- Désolée mon petit Eric... Mets toi à ma place deux secondes. Je te surprends avec son corps mort. Je n'ai pas eu le temps de mettre mon cerveau en marche...

- Bla bla bla, l'interrompt-il. En attendant y'a un enculé de trisomique qui l'a étranglé et maintenant je ne sais pas comment je vais pouvoir l'apprendre à Riad!

- Oui en effet... ça le tuerait, reprend Kesha avec désolation. Mais il ne faut pas le lui cacher... Nous sommes tous des amis et on doit tout se dire... même le pire, continue-t-elle tout en essayant de se rassurer elle-même par rapport à son gros mensonge à l'encontre de son amie Monia.

- Pourquoi avoir buté cette innocente bête!!!??

- Allez viens Eric, lui dit-elle en tendant sa main. On va surmonter ce drame ensemble et le dire à Riad.

 

Eric ramène Nina dans ses bras et sort de la voiture. Les deux amis se décident ensuite à rentrer dans la maison pour annoncer la triste nouvelle aux autres...

 

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Un fameux et certain soir de Décembre 2010, Kesha rentre du boulot vers 3 heures du matin. Elle arrive au numéro 2 de la petite rue de l'aube éternelle. Elle s'arrête sur le trottoir au niveau de la grille d'entrée. Malgré un froid devenu glacial, elle ferme ses yeux et lève sa tête vers le ciel tout en inspirant assez profondément l'atmosphère. Puis elle se ressaisit et ressort de son sac à main en velours beige, une enveloppe vide. Avec ses mains vêtues de gant noir, elle recherche un stylo du fond de son sac. Elle écrit ensuite sans difficultés sur l'enveloppe l'adresse "Kesha Oka, 2 petite rue de l’aube éternelle, 93200 St Denis". Elle se rapproche ensuite de la boite aux lettres grise de leur maison. Elle cherche dans son sac encore pour y ressortir une feuille manuscrite. Elle relit le contenu encore une dernière fois:

 

« Mon bébé d’amour, je dois te voir ce soir. N’essaie pas de m’appeler, je suis toujours dans le coin. J’ai fait croire aux autres que je partais en vacances dans le sud. Toi seule dois garder le secret. Rejoins moi ce soir dans la fameuse rue des arbres étranges à coté de la maison. Surtout n’en dit mot à personne. Je t’aime. Ton Mehdi ».

 

Elle glisse le mot dans l'enveloppe et jette le tout dans la boite aux lettres. Et c'est avec un grand sourire de satisfaction et des yeux globuleux complètement noirs qu'elle rentre dans le jardin en répétant trois fois de suite :

 

- Sans Malice, ils sont tous foutus...Sans Malice, ils sont tous foutus...Sans Malice, ils sont tous foutus...

Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 3
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 23:54

1901, 2 rue de l’aube éternelle sur St Denis. Malice, vêtue d’une longue robe rose, arrose les plantes d’intérieur  de la fameuse maison rose au toit bleu. Elle chantonne joyeusement d’une langue inconnue à la race humaine. Elle fait des petits pas de danse en passant d’un pot de fleurs à un autre tout en observant les nombreux cadres représentant des chats qui décorent tout le premier étage. Sa longue queue de cheval blonde se dandine pour épouser le rythme de son chant. Une porte vient de claquer ! Celle de la porte d’entrée… En effet sa jeune sœur Sonya y fait son entrée dans le salon principal avec un short bleu très court et un beau pull de même couleur à capuche qui recouvre sa tête dévoilant des légères mèches blondes de sa coupe garçonne. Elle semble effrayée :

 

- Qu’y a t il Sonya ? S’inquiète sa grande sœur. Tu étais où pendant ces trois jours ?

- P-p-ardon…, murmure le garçon manqué.

- Quoi ? Lui demande Malice.

- Pardonne moi ! Hurle Sonya en laissant couler des larmes le long de son visage. 

- Ne me dis pas que tu as dévoilé notre cachette à une autre race ?

- Non, c’est pire…gémit-elle en baissant sa tête en direction de ses propres jambes.

 

C’est là que Malice commence à tout comprendre. En effet,  des cicatrices noires épaisses apparaissent lentement en dehors du short et grandissent lentement le long des jambes de Sonya pour atteindre ses genoux. La colère envahit la grande sœur. Elle s’approche de Sonya et lui retire de force son polo à capuche ainsi que le t-shirt blanc qui se trouve en dessous. C’est alors qu’elle constate de même cicatrices prendre place sur tout le torse de la jeune fille se limitant au niveau des seins. Folle de rage Malice gifle violemment sa jeune soeur qui baisse alors ses yeux.

 

- Tu étais pure Sonya !!!! Tu fais honte à notre race !!! Hurle-t-elle

- S’il te plaît Mali…, essaie de répondre Sonya qui reçoit une seconde gifle.

- Avec quelle créature tu as osé souiller ton corps hein ! Quelle créature  ?????

 

Sonya reste alors silencieuse.

 

- Va dans ta chambre avant que je ne puisse plus répondre de ma colère !! lui ordonne Malice.

 

Sonya se précipite alors vers l’escalier accédant au premier étage. Pendant cinq minutes, Malice reste figée dans ses pensées. Ses yeux deviennent alors mouillés. C’est alors qu’elle reprend sa parade en poursuivant l’arrosage de ses plantes tout en chantonnant avec une voix extrêmement tremblante.

 

A l’étage du dessus, Sonya se trouve dans l’une des chambres et se regarde à travers le miroir. Ses lèvres tremblent. La femme est submergée de regrets. Elle concentre alors son regard sur elle-même et assez rapidement, chacun de ses cheveux devient de couleur noire…


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Un début d’après-midi de 2010, Elodie et Natasha sont installées dans le salon de la maison des colocataires à partager un café avec Eric et Hakim qui sont de retour de Cannes. Les deux hommes font plus ample connaissance avec Elodie. Eric n’a d’yeux que pour elle. Hakim la trouve sympa mais quelconque.

 

- Hakim, tu devrais lui montrer ta boutique de bande dessinées ! Lui lance Natasha.

- Oh oui, j’adore lire ce genre de revues, complète Elodie.

- Ah bon et quel est ton univers préféré ? L’interroge Hakim.

- Euh…, hésite la jeune blonde. Je me souviens plus du nom déjà…

- Tu es sûre que tu ADORES la bd ? Ironise Hakim.

- On s’en fout ! S’incruste Eric. Je suis sur que tu adore plein de choses Elodie que j’aurai hâte de partager avec toi.

 

Elodie, gênée, baisse les yeux. A ce moment même, Pierre arrive dans la pièce.

 

- Salut Elodie, content de vous revoir les boys, dit-il, puis-je vous emprunter ma lady ?

 

Il tend son bras vers Natasha et le couple sort de la maison.

 

- Au fait, je te taquinais Elodie, essaie de rassurer Hakim.

- Y’a pas de mal Hakim. J’essayais juste de m’intéresser à ta passion mais je l’ai fait maladroitement… comme d’hab…

- Oh ne t’excuse pas pour lui, reprend Eric. Il est grincheux ces temps-ci…

- Je t’emmerde ! S’esclaffe Hakim avec un grand sourire.  

- On ne vous dérange pas j’espère ? demande une troisième voix masculine.

 

Riad surgit avec son air taquin. Juste derrière lui, se trouve Stéphanie qui semble déjà être installée à la maison. En effet, elle porte à ses pieds deux pantoufles à poils roses.

 

Hakim et Eric se lèvent, leur tasse à la main.

 

- Je vous présente votre nouvelle colocatrice, mon amie Stéphanie, poursuit-il.

 

La nouvelle habitante se met donc en avant pour les saluer. Elle fait la bise à Eric. C’est alors que Hakim est sous le choc. Il en fait tomber sa tasse de café à moitié pleine sur le sol. Natasha, Elodie et Riad sont surpris de sa maladresse.

 

- Bonjour Stéphanie et bienvenue ! Lance rapidement Hakim en lui serrant la main.

 

Puis il attrape Riad par le bras et s’éclipse avec lui à la cuisine. Hakim est pris d’une crise de panique. Riad attrape à sont tour ses deux bras et le secoue pour le calmer :

 

- C’est quoi cette crise mon ami !? S’inquiète Riad. Je ne t’ai jamais vu comme ça !

 

Hakim essaie de se calmer en maîtrisant sa respiration devenue trop rapide afin de la ralentir. Une minute plus tard, il prend enfin la parole :

 

- Riad ! Que sais-tu de ta copine ? Questionne-t-il.

- C’est elle mon amie internaute… mais pourquoi cette crise ? Je ne pige rien, explique moi putin !!

- Je la connais…

- Hein ??? Lui coupe Riad. D’où tu la connais et pourquoi n’a-t-elle pas réagi ?

- Elle ne me connais pas encore, du moins pas en réel…

- Je ne parle pas le langage mystérieux, s’énerve Riad. Tu as trop regardé Lost ! Sois plus clair merde !

- Je t’en ai déjà parlé… Ces dernières semaines, je fais trop de cauchemar dans lesquels je me fais tué en ta présence ainsi que celle de Natasha, la fille du cyber au cancer et une autre brune que je n’avais jamais vu ! Et il se trouve que cette fille c’est Stéphanie…

- Pfff, souffle l’homme moustachu. Tu me fais tout ce cinéma juste pour des rêves !? Sois réaliste Hakim, ça devait juste être une fille qui lui ressemble dans tes rêves ! Celà n’est pas possible autrement !

- Sauf si je fais des rêves prémonitoires…

- Tu sais quoi mon nounours, suggère Riad. Apprends à mieux la connaître et tu te rendras compte par toi-même que ta vision ou ton cerveau te jouent des tours.

- Ok ok c’est bon Riad, lui répond Hakim pour le rassurer même s’il est certain que Stéphanie est bien l’inconnue de ses cauchemars.

- Bien tu me fais plaisir là ! Ecoute, on va en boite ce soir avec les autres. Donc repose-toi et tu as intérêt de ramener ton cul ce soir ! exige-t-il en le serrant dans ses bras.


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Cela fait trente minutes environs que Natasha s’agrippe à son mec sur sa moto rouge. Elle se sent si bien, bloquée contre lui. Le couple a roulé en banlieue parisienne dans le sens extérieur. Ils sont maintenant sur une route qui divise des champs de blés et de hautes herbes. Pierre coupe alors sur le terrain de droite. La moto parcours une centaine de mètres pour s’y arrêter près d’une dizaine de pommiers entourés par les feuilles du champs qui font plus d’un mètre de haut. Ils retirent leur casque de leur tête.

 

- Pourquoi tu m’as ramené jusqu’ici bébé ? Lui demande Natasha.

- Viens la ma puce, lui répond il en prenant ses mains.

 

Ils s’allongent tous les deux au pied d’un pommier malgré un léger vent froid d’hiver. Le chant de certains oiseaux présents couvre le bruit du vent.

- T’es devenu romantique tout d’un coup ? Relance-t-elle.

- Noooooon, tu déconnes Naty… comme si je n’ai jamais été romantique avec toi ?

- Faut dire que ces derniers temps, tu ne penses plus trop à moi…

- Justement, rassure Pierre, je vais changer ça bébé ! Tu te souviens de l’un de tes fantasmes ?

- Oh pas ça chéri, lui répond-elle ! Je ne comptais pas le réaliser…

- Ah Natasha, il faut prendre des risques en amour ! Et j’espère que tu seras doublement satisfaite.

 

L’homme noire se met alors sur elle et tout en l’embrassant, il déboutonne le chemisier rose qui se trouve sous sa veste noire en cachemire.

 

- Arrête, on va se faire choper Pierre , dit-elle avec inquiétude.

- Y’a que nous, laisse toi aller.

 

Elle ne porte pas de soutien gorge. Il se permet alors de l’embrasser sur chaque millimètre de son torse en s’éternisant sur ses seins. Natasha se laisse aller. Sa chaleur interne grandissante règne sur le froid extérieur provoqué par le souffle du vent.  Il lui dit alors :

 

- Défait ma ceinture !

 

Surprise d’abord et impatiente ensuite, elle descend ses mains vers le bas ventre de son gars. Elle saisit la ceinture en cuir et essaie de la dégrafer. Mais un objet en forme de cercle semble empêcher cette action. Etonnée, elle s’assied pour visionner la ceinture et elle repère quelque chose de surprenant :

 

- Oh mais c’est…

- Oui prends la ma puce, lui coupe-t-il.

 

Natasha retire alors une bague qui coinçait la fermeture de la ceinture de Pierre. Elle l’observe et reconnaît une forme de lune grise qui orne l’anneau. Pierre se relève. Il lui prend la bague et lui met sur son annulaire de la main gauche.

 

- Ma puce c’est une bague en argent.

- Elle est magnifique Pierre !

- Je veux et je tiens à officialiser notre relation avant que l’on se marie, poursuit-il. Je t’aime..

- Idem !

 

Elle se met à l’embrasser en guise de remerciements. Pierre en profite alors pour la rallonger sur l’herbe :

 

- Maintenant au tour de ton fantasme !

 

C’est alors qu’il retire sa ceinture pour se dévêtir de son jean…


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21h, Riad, Hakim, Eric, Pierre, Natasha, Elodie, Monia et Stéphanie se trouvent tous dans le salon de leur maison. Ils se préparent à sortir en boite de nuit. Kesha passe en coup de vent pour se rendre au cyber car elle bosse de nuit.

 

- Amusez-vous bien bande de chanceux! Leur lance-t-elle.

- Bosse bien grande poisseuse, plaisante Eric.

 

Cela fait rire tout le monde, notamment Stéphanie qui se sent maintenant vraiment à l’aise au sein du groupe d’amis. Seul Leandro est absent. Kesha sort de la maison. Mais Pierre la rejoint à l’extérieur dans le jardin.

 

- Kesha, attends ! Crie-t-il.

- Un soucis ? dit-elle en se retournant vers lui.

- Non non enfin pas pour moi, dit il avec un grand sourire. Je voulais juste te dire que je sais tout !

- Tout ? demande-t-elle avec hésitation. De quoi tu parles ?

- Haha, je sais tout sur tes secrets ! Bosse bien, lui balance-t-il avec un clin d’œil savoureux.

 

Il retourne directement à l’intérieur de la maison. Kesha ne bouge plus. Elle s’interroge sur ce qu’il pourrait savoir ? Fabien ? Mehdi ? Jamila ? Elle se remet à marcher pour reprendre son itinéraire. Elle espère qu’il ne sait rien sur sa liaison avec Mehdi, ni du mot qu’elle avait reçu de lui après son absence. Elle repense alors au répondeur de son amant qui est saturé. On ne peut plus lui laisser de messages. De plus, lorsqu’elle essaie de le joindre, elle tombe toujours sur sa messagerie. Elle se demande s’il ne serait pas plus sage de prévenir les autres qu’elle a repéré l’autre nuit, la voiture de Mehdi abandonnée dans une rue déserte. Mais elle souhaite avant tout entrer en contact avec lui avant d’avertir tout le monde…


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22 heures passées, Leandro et Raphael entrent dans une chambre d’un hôtel trois étoiles qu’ils ont réservée pour la nuit. Pourtant après un début de soirée au cinéma à se rouler des pelles durant tout le film, Leandro avait invité son nouveau mec à dîner. Mais Raphael avait hâte de se retrouver seul en intimité avec lui. Le jeune latino se demande quand même pourquoi prendre une chambre d’hôtel alors que son amant lui avait pourtant dit qu’il vit seul. Mais Leandro veut profiter de l’instant présent.

 

 

- Tu es sûr de ne pas avoir faim ? demande quand même Leandro.

- Si ! De toi beau gosse ! Lui répond Raphael.

 

Le blond viking se jette sur le brun latino. Ils sont allongés l’un à côté de l’autre en train de flirter passionnément. Leandro le désire tellement qu’il voudrait que cette nuit ne se termine jamais. Les bras virils de son gars lui font ressentir une protection comblant au plus haut point son manque d’affection. Il ne se lasse pas de goûter aux lèvres du barman pendant que leurs mains baladeuses parcourent tout leur corps. Leandro tente le tout pour le tout en glissant sa main directement à l’intérieur du jean de Raphael pour atteindre son sexe. Contre toute attente, un bruit de clic interne provient de la boite crânienne de  Raphael  et de dernier s’éjecte du lit en ramenant les mains sur son propre visage et offrant son dos nu à son partenaire.

 

- Excuse moi Raph, dis Leandro d’un air surpris. Je t’ai fait mal ?

- Non … murmure l’homme blond en cachant toujours son visage. Donne moi deux minutes s’il te plaît.

- Tu m’inquiètes, continue l’homme brun en s’agenouillant sur le lit et se rapprochant vers le dos de son mec.

 

Puis Raphael se retourne en rabaissant ses bras. Aucune trace apparente de blessure sur son visage.

 

- T’es sûr que ça va ? J’ai entendu un craquement d’os.. S’inquiète Leandro.

- Non c’est bon… C’est juste que l’on va trop vite. Tu me plais tellement que je ne voudrai rien gâcher entre nous en brûlant les étapes. Je souhaiterai partager cette nuit avec toi tout en restant très soft si tu le veux bien, lui propose-t-il.

- Bien sûr mon homme… Laissons le sexe pour une autre fois… L’essentiel est que je suis avec toi ! C’est tout ce qui compte pour moi…

 

Un téléphone portable placé sur la commode  se met à sonner. Leandro le prend et le tend à Raphael :

 

- Tiens c’est Monica apparemment…

- Sûrement pour le boulot, lui dit Raphael. Et tu sais quoi on s’en fout…

 

Le barman se rallonge sur le lit de la chambre d’hôtel et se remet à embrasser langoureusement Leandro qui est aux anges…


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Au Mix-Club, une grande discothèque de Paris, Elodie, Stéphanie, Monia et Natasha se déchaînent sur la piste de danse sur un son house de Steve Angello. Pierre et Hakim sont installé sur les fauteuils du premier étage et essaient de discuter tout en observant les gens danser à l’étage du dessous.

 

- Regarde les se trémousser ces folles, ricane Pierre.

- Y’a pas qu’elles sur la piste idiots, bougonne Hakim.

- Ah oui c’est vrai pardon, monsieur ne veut pas qu’on matte sa sœur…

- Bref ça va mieux toi avec Natasha, lui demande le marocain trentenaire.

- Au top ! Répond avec fierté l’homme noir. On a passé une après midi inoubliable ! Au fait, la miss Elodie, elle ne te branche pas ?

- Oh, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi, dit-il en râlant.

- Non sérieux Hakim, j’ai remarqué qu’elle n’arrête pas de te manger du regard à chaque fois que tu parles et puis je sais de source sûre que tu  es plutôt son genre…

- Laisse Eric tenter sa chance, elle ne m’intéresse pas vraiment, conclut Hakim.

- Elle cherche du sérieux je pense et tu sais bien que Eric ne peut plus s’attacher aux filles depuis ce qui lui est arrivé y’a trois ans… Oh ils ont mis du David Vendetta ! Viens banane, on va rejoindre les autres.

 

Il tire Hakim par le bras et les deux hommes descendent l’étage et penetrent la foule pour rejoindre leurs amies au milieu de la grande salle. Hakim n’ayant pas trop envie de danser, il approche avec réticence le groupe de filles pendant que Pierre s’est incrusté pour danser au corps à corps avec Natasha.  Hakim aperçoit de l’autre coté au bar ses deux amis Riad et Eric en train de boire un verre. Il décide alors d’aller dans leur direction tout en frôlant ses amis en train de se déhancher. Il remarque cependant qu’Elodie le matte. Ils ne se quittent pas des yeux pendant deux secondes. Puis le frère de Monia décide de détourner son regard, ce qui a le don de frustrer Elodie. Hakim s’extrait de la foule et fait une accolade à Riad puis Eric.

 

- Vous ne dansez pas ? Essaie de dire Hakim dans ce vacarme musical.

- Oui après que t’auras rejoins miss blonde aux yeux bleus, nargue Eric.

- Putain mais sérieux ! Râle Hakim. Mais lâchez moi avec ça…

 

Riad se rapproche très près de Hakim pour lui parler à son oreille droite :

 

-  Donne lui au moins une chance de mieux la connaître.

- Vous êtes lourds, explique la cible de tous. Je n’ai ni envie de me caser et encore moins de m’amuser avec les nanas pour le moment…

- Je le répète tête dure : tu n’a rien à perdre, poursuit Riad en lui pinçant la joue droite.

- Bref laisse moi me prendre un coca tête molle…


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Pendant ce temps, au cyber Nedjma, Kesha encaisse l’argent de Eve qui vient de terminer son heure de chat sur internet. Ce soir là, elle a opté pour un bonnet en laine classique de couleur noir.

 

- Est ce que tu a passé une bonne soirée Eve ? Lui demande Kesha.

- Oui très calme, lui répond-elle. D’ailleurs dis moi… Fabien ne vient plus depuis 2 jours… Ce n’est pas à cause de moi j’espère ?

 

Kesha repense alors à la nuit passée avec le clochard.

 

- Tu sais Eve… Fabien a une vie précaire…Il passe une sale période surtout en ce moment.

- Oui justement, répond la cliente sur un ton rassuré. C’est vrai que je ne le porte pas dans mon coeur mais je ne le supporterai pas qu’il soit banni du cyber à cause de moi…

- Je ne pensais pas que ce serait aussi facile Eve car justement je devais te parler à ce sujet…

- Ah bon ?

- Oui en fait, je vais autoriser avec ton accord les prochains soirs Fabien à revenir au cyber. Mais Riad ne doit pas le savoir et pour cela je compte sur toi si tu as un soucis quelconque avec Fabien de venir m’en parler à moi et seulement moi.

- Ok je tâcherai de m’en rappeler miss, lui répond Eve en toussotant. Bon je dois rentrer, il se fait tard et j’ai oublié de ramener mes médicaments avec moi.

- Oh je comprends bien sur, dit Kesha sous un air gêné. Rentre bien !

- Merci bonne fin de nuit…

 

Eve sort du cyber. Il reste encore 4 jeunes qui jouent à un jeu en réseau dans la grande salle. Kesha allume la radio pas assez fort pour que cela fasse une musique d’ambiance et pour la tenir éveillée. Elle fouille son sac et y ressort l’enveloppe que lui avait remise Leandro l’autre matin. Elle relit la lettre qui se trouve à l’intérieur.

 

« Mon bébé d’amour, je dois te voir ce soir. N’essaie pas de m’appeler, je suis toujours dans le coin. J’ai fait croire aux autres que je partais en vacances dans le sud. Toi seule dois garder le secret. Rejoins moi ce soir dans la fameuse rue des arbres étranges à coté de la maison. Surtout n’en dit mot à personne. Je t’aime. Ton Mehdi ».

 

Elle craint réellement que quelque chose de grave lui soit arrivé mais pourquoi Mehdi lui aurait confié dans ce mot que son absence doit rester secrète. Puis quelque chose l’interpelle : l’écriture ! Elle lui semble si familière.

 

- Putain mais c’est impossible ! Jure-t-elle.

 

Elle comprend alors que le style manuscrit et la forme des lettres est exactement celui de sa propre écriture. Elle regrette cependant de n’avoir jamais vu des mots ou des cours de fac de son amant car elle se dit qu’après tout, ils doivent avoir tout les deux à peu près la même écriture. Mais cela commence vraiment à la faire cogiter. Un mauvais pressentiment mais la concernant plutôt elle que Mehdi. Il faut qu’elle détruise cette lettre. Elle se chargera de cela en rentrant après avoir comparé ce mot avec l’écriture de Mehdi. Fouiller les affaires de Monia sera sa prochaine mission 


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Une heure plus tard, Riad et Stéphanie discutent  au Mix-Club au premier étage. Ils sont assis côte à côte sur un divan deux places. Riad a placé son bras au tour du cou de sa copine vêtue d’une minijupe et un t-shirt moulant rose. Se sentant vraiment à l’aise, il se permet de l’embrasser. Ils échangent enfin leur premier baiser qui prend l’instant d’une chanson house dans son intégralité.

 

- Je suis heureuse d’avoir croisé ton chemin, dit Stéphanie en retirant ses lèvres.

- Merci MSN, lui répond-il avec un grand sourire. Tu me plais vraiment ma clochette à moi…

- Idem mon moustachu préféré… mais je dois te dire quelque chose…

- Ah bon ?  Déjà tu vas me jeter ? Plaisante  Riad avec une légère inquiétude.

- Et bien comme tu le sais déjà, je ne souhaite qu’une relation sérieuse…

- C’est kif kif pour moi ma belle, lui coupe-t-il.

- Oui mais attend laisse moi finir s’il te plaît… Voilà le fait est que je suis … vierge...

 

Riad se recule faisant apparaître deux gros yeux d’étonnement.

 

- Quel choc ! Mais quel beau choc ! Cela ne me gêne pas du tout, lui rassure-t-il.

- Oui mais si je te dis cela Riad c’est parce que je n’ai pas du tout l’intention d’avoir de relation sexuelle… du moins pas avant le mariage.

- Ah…

- Et cela n’aurait pas été honnête de ma part de te faire espérer des rapports sexuels, poursuit-elle…

- Merci pour ta franchise mais moi j’ai envie de te dire qu’on s’en fout de cela, le plus important est que je suis avec toi et que je puisse te rendre heureuse. C’est vrai que l’on ne se côtoie que depuis quelques jours mais on se connaît depuis des mois grâce à Internet et là maintenant j’ai l’impression que l’on se connaît depuis des années.

- T’es adorable tu sais bel homme…

 

Elle repenche sa tête vers lui pour reprendre le baiser qu’elle avait interrompu…


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Au même moment, Monia est avec Jamila qui vient juste d’arriver dans la boîte de nuit. Excitées comme des fillettes de 12 ans, elles se racontent leurs nouvelles en se criant aux oreilles tout en dansant sur le rythme de la musique. La rousse apprend à l’autre qu’elle a décidé d’abandonner de séduire le barman du Blood Night.
- De toute façon je ne te voyais pas trop avec lui, confirme Monia.

- Et toi le vieux ça donne quoi ? Lui demande Jamila.

- André… Il a insisté pour venir ici ce soir mais il a compris que je flippais que mon frère me voit avec lui.

- Faut dire aussi que ce n’est pas dans tes habitudes de te taper des vieux !!!

- Oui je me surprends moi-même, répond la sœur de Hakim tout en se collant à sa copine pour moins hurler. Je le revois demain inch’Allah.

- Et ton Mehdi du nouveau ? Interroge Jamila.

- Pfffffff… C’est un gros mytho de toute façon… Zaama il est allé voir sa famille dans le sud alors qu’il ne s’entend pas du tout avec ses frères et sœurs et encore moins ses parents. C’est fini lui, je l’ai définitivement zappé…

- Je suis fière de toi ma poule, lui dit-elle en lui faisant un gros smack amical sur sa bouche.

 
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Pas loin de là, Eric est tout seul au bar, un verre de whisky coca à la main, assis sur un des tabourets hauts. Il observe la clientèle féminine et ne s’en lasse pas.

 

- Ah enfin ! Se dit il à lui-même.

 

En effet, il constate que son ami Hakim vient d’inviter Elodie à la danse. Pierre et Natasha se trémoussent juste à côté d’eux.  Puis son regard se porte vers les escaliers du fond de la salle menant à l’entrée. Il en laisse tomber son verre qui se brise au sol lorsqu’il croit reconnaître une personne. Non, il en est certain maintenant ! Malgré le jeu de lumières, un homme aux cheveux très longs et une grosse moustache lui lance un sourire sadique. Ses yeux bridés semblent être de couleur rouge, mais il fait un peu sombre. Sans son chapeau cette fois-ci, il ne lâche pas Eric du regard. Ce dernier commence à trembler de tout son corps. Il essaie de masquer sa peur en ne baissant pas sa tête. Il lui est donc primordial de régler les comptes à ce japonais qui lui a fait perdre conscience l’autre nuit devant la maison des colocataires. Il décide quand même de prendre son courage à deux mains et de foncer vers son agresseur en traversant la piste, Le mystérieux homme a cependant le temps de s’éclipser en sortant du club.

 

Pierre remarque l’escapade d’Eric. Il décide de le poursuivre suivis de Hakim, Natasha et Elodie qui ne se posent pas de question. Riad les aperçoit de son étage.

 

- Mais pourquoi ils se cassent maintenant ? Balance-t-il.

 

Il se lève en prenant Stéphanie par la main et tous deux marchent à pas accélérés vers la sortie.

 

 

Eric se trouve sur le trottoir en train de reprendre son souffle juste en face de la grande entrée du Mix-Club. Il regarde sur sa droite puis sur sa gauche. Aucune trace de l’étranger japonais. Il est rejoint par Pierre, Hakim, Natasha et Elodie. Puis Riad et Stéphanie sont sur place. La bande d’amis observe Eric avant de le questionner. Il semble terrorisé. Il leur explique la situation et il jure de ne pas vouloir rentrer à la maison tant qu’il ne le retrouvera pas. Solidaires avec lui, ils décident alors de faire des rondes avec la voiture de Eric, celle de Riad ainsi que la moto de Pierre.

 

- Appelle ta sœur, ordonne Riad à Hakim. La nuit risque d’être longue.


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2 heures du matin. Kesha ressort de sa maison. Elle a fouillé tous les tiroirs de Monia mais en vain. Ne souhaitant pas trop cogiter son cerveau, elle décide de se débarrasser de la lettre de Mehdi. Elle se rend dans la rue face à la maison. Elle ouvre le couvercle de leur roule-poubelle. Trois sacs remplis de déchets se trouvent déjà à l’intérieur. Elle déchire la fameuse lettre en quatre morceaux  et les jette dans le conteneur…


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3h30 du matin. Leandro sort de son long sommeil. Allongé sur le lit, il se retourne vers son partenaire pour l’enlacer avec son bras. Mais ce n’est seulement le coussin qu’il réussit à atteindre. Il se relève et allume la pièce. Il observe la chambre.

 

- Raph ? Appelle-t-il.

 

Il se rend dans la salle de bains. Personne… Il retourne dans la chambre pour essayer de passer un appel de son GSM. Mais il se rend compte qu’un mot est laissé sur la table en bois qui occupe l’un des coins de la pièce. Le texte est écrit en rouge. Il le lit :

 

« Excuse moi pour cette disparition nocturne. J’ai passé la nuit à t’admirer pendant que tu dormais mon bel ange.  Je veux te voir et revoir. Prends soin de toi, tu me manques déjà. On se rappelle la nuit prochaine. Bisous partout. R. »

 

Ce message lui fait d’abord plaisir mais le rend de suite suspicieux. Pourquoi est-il parti comme un voleur en pleine nuit ? Qu’est ce qui est si urgent pour l’empêcher de rester jusqu’au matin ? Une chose est certaine, ils ne partageront pas de petit déjeuner cette fois-ci...


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5h20 du matin, Riad gare son Audi 80 bleu nuit juste derrière celle de Eric. Hakim est assis côté passager et Monia est sur le banc arrière de la voiture.

 

- J’aime pas voir Eric dans cet état, dit Hakim en rompant le silence.

- Pareil… continue Riad. Mais bon il a bien vu qu’on l’a soutenu à tourner pendant des heures dans les rues de Paris.

- Il a peut être eu une hallucination ! Propose Monia.

- Non je ne pense pas, reprend le conducteur de l’Audi. Mais j’avoue que j’aimerai trop voir enfin ce fameux connard qui l’a hypnotisé l’autre fois…

- Peut être qu’il s’était évanoui… continue avec ironie la sœur de Hakim.

- Putin arrête de te la jouer miss comique, s’énerve son frère en se retournant vers elle.

- Bref pas de disputes les frangins s’il vous plaît. Allons rejoindre les autres à la maison, il est tard…

 

Les 3 amis sortent de la voiture. Riad enclenche alors l’alarme. Ils longent la voiture de Eric en direction de la grille d’entrée de leur domicile. Monia remarque alors que le roule-poubelle est jeté par terre avec tous les déchets éparpillés sur le trottoir et la petite rue de l’aube éternelle.

 

- Fais chier ! s’exclame Riad en mettant les deux mains sur l’arrière de sa tête.

- J’espère que c’est pas Oscar qui a foutu ce bordel, s’interroge à haute voix Monia.

- Vite faut ramasser toute cette merde, propose Hakim.

 

Illico, les 3 jeunes se rabaissent pour ramener les sacs et les détritus qui entourent le conteneur au simple prix de se salir les mains. Riad soulève la poubelle et avec l’aide de ses deux amis, ils rejettent tout à l’intérieur. Une fois presque terminé, Monia remarque deux morceaux de papier près de la roue avant de la Ford Fiesta rouge de Eric. Elle part les ramasser et essaie de les lire tout en se redirigeant vers le rouleau-poubelle.

 

Elle réussit à lire sur le premier bout de papier :

 

 

« .. fait croire aux autres que je partais en vacances dans le sud. Toi seule dois… ».

 

Ne percutant pas vraiment sur cette demi phrase, elle lit le second morceau de feuille déchirée.

 

« …arbres étranges à coté de la maison. Surtout n’en dit mot à personne. Je t’aime. Ton Mehdi ».

 

Monia hallucine alors sans dire un mot. Ses pensées deviennent confuses: Mehdi lui aurait écrit ce mot qu’elle n’a jamais reçu. Comment cela est-il possible ? Elle constate alors un détail assez surprenant. Elle en est certaine : ce n’est pas du tout l’écriture de Mehdi !

 

- Aya ! Dépêche-toi, s’énerve Hakim !

- Oh mon dieu !!! Hurle Monia en fixant un point précis loin devant elle.

 

Surpris, Riad et Hakim se retournent pour voir ce qui choque la jeune femme.

- Oh bordel de merde, ne bougez plus !!! Ordonne Riad.

 

En effet à vingt mètres de eux, deux loups au pelage gris et aux poils hérissés guettent les trois amis. Le plus gros qui semble être le chef est mis en avant et commence à grogner de son museau, dévoilant ses longues dents pointues. Le second en fait autant.

 

- On … on fait quoi ? Risque Monia.

- On va tous reculer doucement vers notre jardin, émet Riad….

- Mais vous avez vu ses yeux !!! Dit la fille sur un ton de panique.

 

Les jeunes constatent alors que les yeux du premier loup virent au rouge. De la bave abondante dégouline de ses canines. Il se met alors à avancer tout en grognant suivi de l’autre animal.

 

- Courez !!!! Hurle Riad.

 

Arrivés à la grille d’entrée, Monia et Riad se rendent compte que Hakim n’a pas bougé de place. Il semble paralysé.

 

- Hakim !!! Crient en chœur les deux autres.

 

Riad cours vers Hakim suivi de sa sœur et ils se mettent à le secouer puis essayer de le tirer vers eux. Les loups ont arrêtaient leur marche. Ils observent… Riad et Monia, tous les deux impuissants face à la situation, observent également. Toujours figé sur place, Hakim ferme ses yeux et lève sa tête vers le ciel tout en inspirant assez profondément l'atmosphère. Il se ressaisit alors et jette un regard glacial vers les loups. Ses propres yeux deviennent globuleux et noirs. Son visage se marque ensuite d’un long sourire de satisfaction et il prononce assez calmement le mot : « MALICE… ». Aussi incroyable que cela ne puisse paraître, les deux bêtes rabaissent leurs longues queues en guise de soumission et se mettent à marcher lentement à reculons. Les yeux du loup dominant reprennent la couleur noire. Ils masquent même leurs crocs. Ils se retournent alors et s’enfuient à toute vitesse disparaissants à l’horizon au bout de dix secondes.

 

Hakim s’écroule alors suite à un évanouissement se cognant fortement la tête. Terrifiés, Riad et Monia se mettent enfin à réagir. Il relève la victime tandis que la sœur lui donne de petites gifles pour qu’il revienne à lui. Il gémit alors et reprend lentement connaissance. Il s’appuie alors sur ses propres jambes pour maîtriser son propre équilibre.

 

- Ma tête…. Chuchote-t-il.

- Oui tu saignes en plus, annonce son ami. On va te ramener à la maison et te soigner.

 

Mais Bizarrement Hakim se penche vers Riad en relâchant tous ses muscles pour y laisser tomber son corps. Son ami réussit quand même à le rattraper. C’est alors que sa tête collée contre l’épaule de Riad, Hakim se met à lui susurrer  à son oreille :

 

- Tue-moi Riad par pitié …avant qu’il ne soit trop tard pour vous tous…

Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 4 - Communauté : fictions crépusculaires
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 23:49
Riad, Hakim et Monia se trouvent affalés sur les canapés du grand salon de leur maison en étant à la fois essoufflés et effrayés de ce qu’ils venaient de vivre.

- Mais c’est quoi ce bordel !? Demande Monia exténuée.
- Je pense qu’il s’agit des loups ou des coyotes… répond Riad sans certitude. En tout cas ils étaient prêts à nous attaquer. Mais Hakim il t’a pris quoi ?
- J’en… j’en sais rien, dis Hakim avec ses mains sur sa tête essayant d’atténuer la douleur d’une migraine naissante.
- Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive, reprend naturellement sa jeune sœur.

Riad se lève et se rabaisse au niveau de Hakim. Il lui attrape ses deux mains

- Sérieux Hakim ! Tu m’as demandé de te tuer ! Pourquoi ?
- Riad, honnêtement je ne sais plus… J’ai un trou noir… Je ne me rappelle juste de ces sales chiens qui s’approchaient vers nous…
- Mais je ne pige vraiment pas pourquoi ils ont eu peur de toi…. reprend Riad.
- Vous faîtes trop de bruit, je n’arrive pas à dormir, balance Eric en surgissant dans le salon.

Eric, Elodie, Stephanie, Pierre et Natasha étaient rentrés plus tôt de leur patrouille sur Paris à la recherche du mystérieux japonais qui a nargué Eric à deux reprises. Seul Leandro est absent. Il avait bien sur pris soin de prévenir Riad et Hakim qu’il ne dormirait pas cette nuit à la maison. Les trois rescapés racontent alors au jeune blond leur mésaventure avec les loups.


- Demain je vais prévenir le chenil ou la S.P.A. ! Termine Riad dans son récit.
- Putain, j’avais vu moi aussi une de ces bêtes le soir où j’ai aperçu le japonais dans notre rue, poursuit Eric. On devrait appeler les flics pour cette histoire de loups.
- Pfff, souffle Monia. La police ne se bougera pas les fesses pour ça. Elle ne croira pas notre histoire…
- Bon ça me fait penser que j’ai oublié mon téléphone dans ma voiture, dis Eric d’un air inquiet. Je reviens !
- Attend je t’accompagne, crie Monia. Ce sera plus sûr.

Les deux jeunes sortent de la demeure. Au même moment, Elodie arrive dans la pièce, les yeux à moitié ouverts et les cheveux décoiffés, portant un pyjama bleu pour homme.

- Vous êtes des couches-tard… Vous avez trouvé ce japonais ? Leur demande-t-elle.
- Malheureusement non, lui répond Hakim. Et je pense qu’il sera plus sage que nous allions tous dormir.
- Go direction nos chambres, lance Riad. Mais Hakim je n’en ai pas fini avec toi…
- Allez-y les mecs, je vais vous ramener un verre d’eau à chacun, propose Elodie.

Entre temps, Monia et Eric sont arrivés au niveau de la Peugeot 306 rouge de ce dernier qui est garée près des poubelles de la rue. Le jeune homme ouvre la portière coté passager et fouille dans la boite à gants. Il récupère alors un téléphone et referme la porte. Mais quelque chose interpelle la jeune femme.

- Eric ? C’était déjà là avant ?
- De quoi blondinette ?

Monia pointe avec son index la portière arrière du coté droit de la voiture. Ne voyant rien dans cette rue obscure, il allume son GSM en guise de lampe de poche et le dirige vers la portière.

- Oh mon dieu ! Hurle Eric en état de choc . Qui a pu me faire ça ?

Inquiète, Monia s’efforce de lire ce que laisse paraître la grande et grosse rayure sur la carrosserie. Elle prononce le mot inscrit à haute voix :

- CAROLE …

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Janvier 1988, 19 heures, une mère de famille rentre dans son petit appartement trois pièces à Lyon, épuisée par son travail. Elle venait de passer la journée à occuper ses trois jobs. De 6 heures à 18h30, elle avait le rôle de femme de ménage, secrétaire et repasseuse chez un couple de personnes âgées. Elle n’a malheureusement que ce choix pour subvenir aux besoins de sa famille.  Elle se dirige à la cuisine et y trouve ses 3 fils en train de préparer la table.

Olivier, l’aîné de 15 ans, cuisine des spaghettis à la bolognaise pour la famille tandis que le plus jeune, Marc, âgé de 7 ans vient juste de s’installer à table laissant dégouliner de la bave tellement l’odeur de la nourriture est alléchante.

La maman leur donne à chacun un baiser sur leur front et file dans le petit salon pour se débarrasser de son sac et de son manteau.

Le téléphone du domicile se met à sonner. Elle décroche. De la cuisine, les trois fils devinent assez vite au ton de la voix de leur mère l’interlocuteur au bout du fil. Elle semble très en colère d’après la dispute virtuelle à laquelle ils assistent à travers les murs fins de l’appartement. Les pauvres garçons se sentent si impuissants pour aider leur mère contre celui qui les a abandonné.

Pendant que Olivier sert à manger à ses frères, le cadet âgé de 12 ans, rejoint sa maman. Il la retrouve affalée sur le fauteuil en train de pleurer. Les yeux cernés et mouillés, elle remarque la présence de son fils et se ressaisit. Elle essuie ses larmes. Mais le garçon se jette dans ses bras  et la serre très fort contre lui.

- Je t’aime maman et quand je grandirai, j’irai frapper tout ceux qui te rendent triste !
- Oh mon petit, lui répond elle. Je t’aime plus que tout, toi et tes deux frères. Tant que je serais là, je ferais tout pour que vous soyez heureux mes trésors…
- Je suis déjà heureux grâce à toi maman…

Elle l’embrasse sur sa joue droite.

- Allez on va manger avec tes frères, reprend elle. J’ai une faim de loup, pas toi Eric ?...

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Trois ans plus tard, Eric a 15 ans. Il se trouve avec son grand frère Olivier dans la salle d’accueil d’un hôpital Lyonnais. Il est 10 heures. C’est leur tante qui les a déposé.  Ils attendent patiemment sans savoir la raison de leur présence dans ce lieu inquiétant.

- Pourquoi on doit attendre ? demande Eric à son grand frère.
- T’es lourd avec tes questions sans fin, répond-il sur un ton agacé.
- Tu es toujours méchant avec moi…
- Oui oui c’est bien mais par pitié tais-toi, tu me saoules là ! Ordonne Olivier.

Leur mère apparaît au fond du couloir qui se trouve juste devant eux. Les garçons se lèvent de leur chaise et laisse leur maman venir vers eux. Elle s’approche d’eux, vêtue de sa blouse de femme de ménage assez terne. La peau qui entoure ses yeux est rouge et ses lèvres ne cessent de trembler déformant ses joues creuses. Arrivée au niveau de ses deux gosses, elle les fixe du regard ne pouvant retenir les quelques larmes qui s’échappent de ses deux yeux. Puis elle les ramène contre elle, en les serrant très fort.

- Mes chéris, maman va vous ramener la maison…
- J’ai 18 ans M’man ! Crie Olivier en la repoussant. Pourquoi on est là ? Pourquoi tata a du nous chercher jusque dans notre classe en plein cours ???
- Ecoutez maman mes garçons, glousse-t-elle. Votre frère Marc a rejoint votre sœur au ciel…
- Hein mais c’est quoi ça ? S’énerve Olivier en gesticulant dans tous les sens. Il est mort de quoi ?
- Mort ? S’inquiète Eric. C’est pas vrai hein maman.

Elle ne sait plus sortir un mot de sa bouche. Elle les regarde avec une frustration de ne pas pouvoir gérer cette situation dramatique. L’aîné pique une crise interminable contre sa mère et s’enfuit en courant de la salle.

- Olivier ! Tente-t-elle.

Elle ne le retient finalement pas. Eric commence à pleurer en réalisant qu’il ne reverra plus jamais son petit frère. Elle essaie de le consoler tant bien que mal d’autant plus qu’elle souffre de la seconde perte de ses enfants. Son GSM se met à sonner.

- Punaise c’est ton père, râle-t-elle.

Elle décroche en se mettant à l’écart du jeune Eric. Ce dernier effondré essaie de percevoir la discussion de ses parents.

- Ne commence pas à t’acharner sur moi… Tu ne l’as jamais élevé… Arrête! Je suis effondrée d’avoir perdu mon fils alors cesse tes reproches … Comment ?... Mais je ne pouvais pas le garder ! Je travaille toute la journée pour faire vivre nos enfants ! Marc était avec ma sœur… Oui ma sœur, elle au moins prend le temps de s’intéresser à ses neveux… Mais on ne sait pas ! Elle s’est promené avec lui dans les bois comme ils le font souvent et elle l’a perdu de vue que deux minutes. On ne sait pas quel animal l’a attaqué. A l’hôpital, ils soupçonnent des chiens car il n’y a pas de loups ni d’ours dans notre région….

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Deux ans plus tard, la mère de Eric conduit à toute vitesse dans sa vieille Renault 5 rouge. Eric est assis coté passager. L'état de sa mère le met dans un état de panique.

- Maman, mets ta ceinture nom de dieu! Lui ordonne-t-il.

Elle a le visage en sang et un oeil au beurre noir. Son mascara coule le long de ses joues. Elle éprouve à la fois du dégoût et une rage tellement énorme qu'elle n'en ressent plus la douleur des coups qu'elle a reçu de son ex-mari dix minutes plus tôt devant le bloc de leur domicile. Heureusement, Eric avait pu les séparer et donner un coup de poing à l'estomac de son propre père. Cela lui avait coupé le souffle, lui permettant alors de récupérer sa maman allongée sur le sol et rejoindre l'automobile. Eric avait donc l'intention de porter plainte auprès de la police mais c'est sa mère qui avait le volant...

- Ce pourri je le tuerai! Ronchonne-t-elle. Ce sera moi ou lui mais je lui donnerai plus l'occasion de me tabasser!
- S'il te plaît calme-toi, lui dit son fils. Mais ... Mais quelle direction tu prends? Le commissariat n'est  pas par là!!!
- Il m'a saigné de trop... alors il a intérêt de réussir à m'enterrer car sinon c'est moi qui va le buter...
- Maman tu fous quoi ?!!!!!

En effet, roulant en plein centre ville de Lyon, la voiture franchit la ligne continue et emprunte le sens inverse de circulation. Une voiture arrivant en face d'eux les évite de justesse. Affolé, Eric attrape le volant et tente de ramener la voiture sur la bonne voie. Mais sa mère ressaisit violemment le volant vers la gauche. La voiture re-engage le sens inverse et Eric a juste le temps de remarquer le visage de la femme aux lunettes avec une coupe de cheveux en palmier sur le vélo de ville qui leur barre le passage. Le choc est fatal. Le vélo et sa conductrice sont propulsés à 50 mètres heurtant un poteau lampadaire tandis que la voiture accoste une autre automobile garée. Elle fait alors un tonneau spectaculaire en plein air avant d'atteindre brutalement la vitrine d'une auto-école. Le corps de Eric tranché par des morceaux de verre du pare-brise ne réagit plus. Le corps de sa mère, n'ayant pas été ceinturé, s'est retrouvé propulsé à travers le pare-brise dans le décor intérieur de l'auto-école. Les deux corps semblent sans vie ...

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Trois jours plus tard, Eric est toujours allongé sur un lit d'hôpital avec la jambe droite et le bras droit dans le plâtre. Il porte une bonne quinzaine de petites coupures sur le visage et le cou. Malheureusement pour lui, il se souvient exactement de l'accident en détail. Il est donc bien conscient qu'il ne reverra plus jamais sa mère. D'après le médecin, elle aurait succombé à ses blessures, quelques minutes après l'arrivée des pompiers. Il a passé deux jours entiers à la pleurer. Il pleure encore mais il a épuisé son stock de larmes. Son coeur est très lourd. Seul dans la pièce, il reçoit enfin sa première visite. Surpris, il reconnaît facilement son invitée. Un jean moulant et une courte veste en cuir noir couvrent cette femme aux lunettes de vue mettant en avant ses yeux noirs.

- Bonjour Eric Norteau, engage-t-elle. Puis-je rentrer ?

Eric acquiesce tout en se relevant pour appuyer son dos contre le coussin accolé au mur. Il baisse la tête par gêne.

- Vous... vous êtes la fille du vélo? Lui demande-t-il même s'il connaît déjà la réponse.
- Oui vous vous souvenez de moi...
- Je suis vraiment désole pour cette galère... Oh mais ...vous semblez n'avoir aucune blessure? S’étonne-t-il.
- J'ai plusieurs pansements sur mon corps mais il est vrai que je suis bien retombée sur mes pattes ...
- Soulagé de le constater, reprend-il. Vous êtes venus pour les dédommagements??
- Non non! Juste prendre de vos nouvelles et vous dire que je suis navrée pour votre maman...
- Merci même si je ne réalise toujours pas...La dernière fois que je l'ai vu, elle était bien vivante, en colère battue par mon père. Puis on m'annonce qu'elle n'a pas survécu... J'ai comme dans ma tête la sensation que je vais la retrouver en sortant d'ici.
- C'est une réaction normale Eric...
- Je pense surtout que ne je veux pas l'admettre. Je hais mon père. Quelle famille de merde... Mon grand frère nous a zappé de sa vie. J'ai déjà perdu un autre frère tué par des animaux sauvages et mon unique soeur d'une tumeur au cerveau. Personne n'est venu me voir. Même pas mes amis..
- Je suis venue... Vous savez Eric, je m'en veux beaucoup d'avoir été là au mauvais endroit au mauvais moment, lui dit-elle.
- Ne dites pas ça, vous n'y êtes pour rien... Au fait, je ne connais même pas votre prénom?
- Ooops désolé, je n'ai même pas penser à me présenter. Mon nom est Carole ...

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Six ans plus tard, Eric file le parfait amour avec Carole même s'ils ne vivent pas ensemble. A 23 ans, il vit dans un foyer pour jeunes en difficultés tandis que sa petite amie vit chez de la famille. Tous les deux sont parisiens à ce jour.

Un soir de Juillet 1999, le couple sort du cinéma après avoir vu le film "Studio 54" avec Neve Campbell et Ryan Philippe. Tous les deux ont été satisfait de ce long métrage. Ils en discutent d'ailleurs longuement tout en se baladant dans les rues de Paris. Ils remarquent à un moment donné pas loin d'un arrêt de bus, une jeune adolescente en train de pleurnicher. Elle semble paniquer. Ses longs cheveux blonds soyeux et ses yeux perçant lui donnent un coté très mature malgré son état. Le couple ne peut s'empêcher alors de lui demander ce qu'il se passe. Alors elle leur explique qu'elle vient de se faire voler son sac. Eric lui propose alors de porter plainte à la police.

- Non pas eux! Leur répond-elle en essayant de sécher ses larmes. Il y'avait du chite dans mon sac...
- Tu habites loin jeune fille ? Lui demande Carole.
- En banlieue! Et je n'ai même pas de sous pour téléphoner à mon frère pour qu'il vienne me rechercher...
- Tu as quel age petite ? Interroge Eric.
- 15 ans... lui répond-elle.
- Bon on va t'y conduire avec notre bagnole, tu nous indiquera le chemin, lui propose-t-il. Moi c'est Eric et mon amie s'appelle Carole.
- Merci à vous! Vous me sauvez la vie! Moi c'est Monia...

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Le lendemain de cette petite mésaventure avec l’adolescente, Riad, Hakim, Leandro et Rodolphe, les locataires de la maison rose au 2 petite rue de l'aube éternelle, invitent chaleureusement Eric et Carole à boire un café pour les remercier de s'être occupés de Monia. Les amoureux sont impressionnés par la grande maison qui semble chaleureuse. A peine installés, la chatte de la maison, Nina, d'un pelage blanc royal, se dirige précipitamment vers Carole et se met à la griffer aux jambes et à la mordiller. Riad, furieux, l'attrape et l'enferme dans la cuisine.

- Je suis vraiment désolé Carole, s’excuse Riad, mais c'est la première fois que je vois Nina agresser quelqu'un.
- Les félins ne m'aiment pas de toute façon, répond l'invitée. Je suis une grande poisseuse avec eux.

Vingt minutes plus tard, le gros Rodolphe s'excuse car il doit s'absenter. En effet une partie en réseau du jeu Doom l'attend. Il en bave d'avance. Puis Hakim exprime son inquiétude au sujet de sa soeur. Il ne sait plus comment la gérer. D'ailleurs celle ci s'est enfermée dans sa chambre après qu'il l'ait grondé longuement. Eric et Carole se sont gardés de lui parler du chite qu'elle aurait trimballé dans son sac à main.

Riad leur explique comment son père a acquis cette maison. Il avait laissé soin à son unique fils la gestion de cette baraque. Et c'est de là qu'il eût l'idée d'héberger régulièrement ses amis. Son ex petite amie avait déménagé récemment mais Leandro, Rodolphe et Hakim sont actuellement les résidents réguliers. La soeur de ce dernier les a rejoint quelques mois auparavant.

Il se fait tard et le couple décide de partir.

- J'espère qu'on aura l'occasion de vous revoir, leur adresse le jeune Leandro.

Eric échange son numéro de téléphone avec les trois locataires sur le palier de la maison.

Quelques minutes plus tard, de son volant, Eric demande son avis à Carole sur les individus qu'ils ont rencontrés ce soir.

- La pauvre Monia à l'air perdu, lui répond-elle. Mais quelque chose me dit qu'il y'avait un peu de comédie...
- Non je ne pense pas...
- Ce n'est que mon avis Eric. Tu me l'a demandé alors je ne fais que te répondre...
- Bref continue!
- Riad est très charmant... Il cache un Dom Juan en lui!
- Ne serais-tu pas en train de craquer pour lui?
- Non puisque tu occupes mon coeur tête de con! Sinon Rodolphe m'a tout l'air d'un geek...
- Un geek ??
- Oui chéri, le genre de mec qui passe sa vie collé à son ordinateur.
- En tout cas Carole, j'espère ne jamais devenir obèse comme il est!
- On fait l'amour plusieurs fois par jour! Tu ne risques pas de grossir avec ces pertes de calories hihihihi... Bon ensuite, j'ai remarqué que Leandro n'arrêtait pas de te mater...
- Arrête! Lui coupe Eric. T'es en train de me dire qu'il est pd ?
- Si j'en crois mon flair, je te dirai oui! Et pour le dernier gars, Hakim, il me paraît très mystérieux mais surtout il semble meurtri de l'intérieur...
- On a bien fait de pas tout lui dire au sujet de sa soeur.
- Elle se fera bien griller un jour ou l'autre, reprend Carole.
- Bon bébé, ça te dit d’observer la pleine lune cette nuit en allant vers le sacré cœur, lui propose Eric.
- Pas ce soir, je suis crevé chéri, lui répond-elle en observant le ciel qui commence à s’obscurcir. Dépose-moi chez mes parents.
- Ah tes vieux ! Il serait temps que je les rencontre !
- Il serait plus sage pour nous deux de jeter aux oubliettes cette idée…

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Un an plus tard, dans le 10eme arrondissement de Paris, Eric entre dans une boutique de vente de lunettes de vue et solaires. Il se dirige droit vers le comptoir. Un bel homme aux cheveux noirs courts portant des lunettes de vue à la mode l’accueille.

- Je peux vous aider monsieur ? S’adresse-t-il à Eric avec un sourire télécommandé sur mesure.
- En fait, lui répond l’homme blond, je suis venu voir….
- C’est bon Nicolas, je m’en occupe, interrompt Carole en surgissant de la porte coulissante se trouvant derrière le comptoir.

Eric remarque le visage changeant de sa petite amie grâce à la paire de lunettes orangée et sexy qu’elle porte dans le cadre de son boulot.

- Ce que tu es sexy ma poupée, lui murmure-t-il.
- Doucement pas ici Eric, viens suis moi.

Elle se dirige vers la sortie suivie par Eric qui n’hésite pas à reluquer comme à son habitude le postérieur de la jolie fille faussement intello. Les deux amants sont à l’extérieur juste devant la vitrine de la boutique. Il fait très beau et très chaud. Carole sort une cigarette de sa poche de jean :

- Cà fait des heures que je l’attendais cette satané clope, dit elle en matant cet objet précieux de la même manière qu’un chien regarderai ses croquettes se présenter  à lui.
- C’est mauvais pour la santé tu le sais bien…
- Oui mais je n’en fume qu’une ou deux par jour ! Ma famille me tuerait d’ailleurs si elle le savait !
- Pourtant tu n’est plus une ado bref je voulais t’apprendre une nouvelle. Riad et Hakim  m’ont proposé de vivre chez eux sur St Denis pour me dépanner.
- Je suis vraiment contente pour toi, lance Carole en sursautant de joie! C’est fini pour toi ces misérables chambres communes dans ces foyers !  Tu auras enfin ta propre intimité !
- Ou plutôt la nôtre si tu accepte d’y habiter avec moi bébé… cette bande de colocs accepte avec plaisir que tu vienne y vivre. En plus c’est vraiment donné : 650 francs soit environ 100 euros !
- Reste en francs encore s’il te plaît, je ne m’y ferai jamais en euros.

Elle tire ensuite trois taffes sur sa cigarette tout en regardant son mec.

- Je ne peux pas quitter ma famille… Ils ont encore tous besoin de moi
- Mais Carole, s’étonne Eric ! Tu as déjà 22 ans et de plus tu pourras les voir tous les jours étant donné qu’ils ne vivent pas loin…
- Je ne peux vraiment pas désolé. De plus j’ai horreur des chats et celui de tes amis…
- De nos amis tu veux dire !
-  Soit ! Donc je disais leur chat m’a vraiment mal accueilli et je me sens pas vraiment à l’aise chez eux…
- Bon on verra avec le temps, abrège Eric déçu de la réponse de sa copine. Sinon tu sais quel jour nous sommes aujourd’hui ?
- Bien sûr idiot, lui répond elle en sautant sur lui et s’agrippant à son cou. Cela fait 7 ans déjà !
- Wow tu n’as pas oublié Carole ! Cela me touche…
- Jamais je n’oublierai la date du premier baiser échangé avec le mec le plus génial de toute la terre !

Eric sort un objet de la poche de sa veste et il prend la main gauche de Carole. Il lui donne alors une bague en acier avec des symboles tribales et leurs initiales gravées : « C. et E. » qu’il place dans son annulaire.

- Ne t’inquiète pas, je sais que tu es allergique à l’argent, celle-ci est en acier.
- Oui chéri je l’ai senti de suite mais je suis gravement touchée. Je ne sais plus quoi te dire.

Une larme coule sur son joli visage angélique. Eric sort ensuite une autre bague un peu plus grosse que la précédente mais carrément identique en tout point. Carole comprend alors assez vite et met la seconde bague sur l’annulaire de la main gauche de son boy-friend. Elle lui donne alors un long baiser à Eric.

- Attends moi deux secondes Eric, ordonne-t-elle. Je vais demander à Nicolas s’il peut me remplacer pendant une heure comme cela je vais pouvoir te câliner à souhait dans ta voiture…

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En 2004, Eric a 28 ans. Un soir à 20h30, il sort d’un grand immeuble de la Défense. Il vient de terminer son service en tant qu’intérimaire technicien hotline. Il songe vraiment de plus en plus à accepter l’offre de Riad pour bosser dans son cybercafé. Carole est à l’heure. Venue le chercher, ils décident de se balader un peu sur le parvis de la Défense avant d’aller dîner. Ils empruntent les escaliers de la grande arche quand une bande de cinq jeunes lascars les interpellent. Ils veulent en fait les racketter. Le plus petit de taille d’entre eux, blanc de peau et roux,  leur pointe discrètement son arme, visiblement un pistolet. Pas de chances pour le couple : il fait déjà nuit et les lieux sont plutôt déserts. Logique quand on sait qu’il n’y a que des gens qui travaillent dans ces immeubles et qu’il n’ont qu’une envie : rentrer chez soi après avoir bosser longuement dans ces pseudo buildings stressants.

Les jeunes voyous font avancer Eric et Carole jusqu’à l’arrière de l’arche de la Défense pour être bien à l’abri des regards.

- Déshabillez vous ! Exige le jeune mec armé.
- Hors de question ! Crie Eric.

Il reçoit alors un coup de poing au visage par celui qui porte un bonnet noir de la marque Nike.

- Mais vous êtes fous bande de cons ! S’énerve Carole tout en essayant de se débattre car elle est retenue par le mec noir qui est le plus grand de taille de la bande.

Le seul arabe du groupe s’approche de la fille et introduit sa main sous sa jupe. Elle ne peut plus bouger car ils sont deux à la rendre prisonnière de ses mouvements. Horrifié Eric aperçoit la scène. Le nez en sang, il se relève et fonce droit sur le maghrébin tel un taureau voyant du rouge. Il se jette sur le jeune gars et lui donne des coups. Le rouquin vient à son secours en donnant un violent coup à la tête de Eric avec son pistolet. Assommé, il s’évanouit tout en percevant les cris de Carole…

Bien plus tard …

- Réveillez vous jeune homme ! Vous m’entendez ??

Eric reprend connaissance. Sa vision est en premier lieu trouble. Il a un de ces maux de crâne qui l’empêche de se concentrer. Il réussit à visualiser quelques secondes plus tard l’ambulancier qui essaie de le réveiller. Ressaisi, Eric observe autour de lui. Il est épouvanté de la scène qui s’offre à lui. En effet, les corps sans vie des cinq agresseurs sont étalés sur le sol. Ils sont ensanglantés avec des coupures sur tout leurs corps et leurs visages. Une agression au couteau ? Le jeune roux n’a cependant plus sa main qui tenait le flingue. En fait, cette main découpée se trouve à dix mètres du corps. Un agent qui semble être de la brigade de stups est en train d’entourer à la craie la main tandis qu’un autre a fini de crayonner le tour du cinquième et dernier corps.

- Carole ou est tu ?? Panique Eric.
- Du calme jeune homme, lui dit l’ambulancier.

Eric se relève et se retourne. Il repère sa copine entourée de trois policiers. Du sang tâche tous ses habits ainsi que son visage et ses mains qui sont menottées. Eric se met à courir vers eux.

- Elle n’a rien fait ! Balance-t-il inconsciemment. C’est eux qu’ils nous ont agressés !

Eric ne comprend rien. Comment a-t-elle survécu à ce massacre ? Qui les a sauvé de cette agression ? Ces questions cogitaient dans sa tête. Carole qui baissait sa tête jusque là  se décide enfin à regarder son amoureux. Elle a un regard vide. Elle s’adresse alors aux flics :

- Lui aussi j’ai essayé de le tuer mais vous êtes arrivés avant…
- Quoi ? quoi ? S’incruste Eric sous un ton inquiet et surpris. Ecoutez moi messieurs ! Ces jeunes là qui sont sur le sol ont essayé de nous voler et nous ont frappés !
- Ah bon et pourquoi, elle n’a aucune trace de coups ? demande le plus gros des trois policiers.
- Mais elle saigne !
- Ce n’est pas son sang mais celui des victimes, poursuit le gros flic. Tu es donc de mèche avec elle ?
- Non ! Intervient Carole. Je les ai tous tué et lui aurait été le prochain si vous ne seriez pas arrivés à temps…
- Carole qu’est ce que tu me fais ? demande Eric en commençant à pleurnicher.

L’ambulancier rejoint Eric pour lui rappeler qu’il est impératif qu’il aille à l’hôpital faire des examens approfondis. Tandis que Carole assiste à la lecture de ses droits. Elle est alors embarqué par la police qui a décidé de l’arrêter pour le meurtre de sang froid de cinq individus…

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Cela fait trois ans qu’il rend visite régulièrement Carole en prison. Elle a été condamnée à perpétuité. Mais cela ne lui empêche pas de se battre pour elle,  même si celle-ci ne fait aucun effort. Elle lui avait quand même révélé peu de temps après son arrestation qu’elle avait décidé de porter le chapeau du crime à elle seule et qu’elle avait volontairement inventé le fait qu’elle comptait tuer Eric pour que ce dernier soit lavé de tout soupçons. Mais Eric cherchait souvent à comprendre comment elle avait pu affronter cette bande de racailles. Pour lui, il était évident que quelqu’un est venu à son aide ou plutôt à leur aide… Mais Carole avait pris la fâcheuse décision de cacher à tout le monde, même à son mec, les faits tels qu’ils se sont réellement produits.

Le 28 Janvier 2007, il décide de voir Carole comme à son habitude mais arrivé à la prison, l’agent d’accueil lui apprend une terrible nouvelle.

- Carole Samoune s’est suicidé hier soir…
- Hein !!!! Comment cela a-t-il pu se produire ? Hurle Eric ! Et pourquoi aurait-elle fait ça ?
- Elle a réussi à se taillader les veines avec ses propres ongles…Sa famille va récupérer son corps ce soir même pour ses funérailles qui auront lieu dans la semaine.

Effondré, Eric ne réussit plus à parler. Aucun son ne réussit à s’extraire de sa bouche.

Une heure plus tard, il se trouve sur le pont Marie qui relie l'île Saint-Louis au quai de l'Hôtel de Ville. Il observe la Seine sous ses pieds. Les larmes ne cessent de jaillir de ses yeux. Il n’a pas encore eu le courage de prévenir ses amis de la mort de Carole. Il regarde alors la bague de sa main gauche et il y appose un baiser. Il la retire ensuite et la balance dans la Seine. Il se met à crier :

- Alors comme ça tu as voulu m’abandonner ! Hein tu m’as lâché comme une merde ! Tu me laisses tout seul ! Tu vas voir maintenant Carole ! Je vais changer ! Les filles je vais les traiter comme des chiennes !! Mon côté sentimental est mort avec toi ! Je te hais !!!!
- Quelque chose ne va pas monsieur ? Lui demande une passante de la trentaine d’années.
- Dégage de là pouffiasse !! S’énerve-t-il.

Il quitte ensuite le pont…

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Un soir de Décembre 2007, Eric a 31 ans. Il est tranquillement installé sur son lit. Son téléphone se met à sonner.

Appel Masqué.

Il décroche. Il regrette aussitôt ce geste. C’est encore son père qui le harcèle pour le voir.

- Fallait réfléchir avant de nous avoir laissé dans notre merde ! Lui balance Eric.
- Redonne-moi une chance de me racheter s’il te plaît, supplie son père.
- Oui après avoir laissé des cadavres derrière toi tu as décidé de te réveiller ?
- L’erreur est humaine mon fils…
- Tu n’as qu’à saouler ton autre fils mais pour ce qui est de mon cas oublie moi, je ne suis plus ton fils et je n’ai pas de père !
- Tu es en colère Eric, mais que tu le veuilles ou non, tu me reverras bientôt…
- Va au diable !! Lui coupe-t-il en lui raccrochant au nez.


Après cette dispute téléphonique, il entend une voix féminine provenant du couloir de son étage. Il sort de sa chambre. Il repère assez vite Kesha pas loin des escaliers.

- Tu fais quoi dans le couloir??

Surprise, elle se retourne.

- Tu parlais à qui Kesha? Lui questionne-t-il.
- On a tapé à ma porte, tu n’as rien entendu??
- A part le son de ta voix non! Mais si tu ne te sens pas rassurée, tu peux dormir avec moi, je veillerai sur toi, lui propose Eric.
- Euh... non sans façon grand malin, lui répond Kesha sous un air moqueur.
- Au moins j'aurai essayé, avoue Eric.

Puis les deux jeunes amis se rendent chacun dans leur chambre respective. Eric fouille ensuite dans son sac à dos et y ressort une feuille A4. Une liste de prénoms féminins y est inscrite. Certains sont entourés,  d’autres barrés. Le premier prénom est celui de Carole qui est entouré. Suite à celui-ci, plusieurs prénoms sont également entourés. Puis Monia arrive dans cette étrange liste mais son prénom est barré. Puis une dizaine de prénoms plus bas, se trouve celui de Kesha. Il prend son stylo rouge et décide de l’entourer d’un cercle sous formé de pointillés. Et il se met à dire :

- Toi je t’aurai un jour dans mon lit…

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Un après midi d’été 2009, tous les colocataires sans exception sont dans le jardin en train de faire un barbecue. Mehdi est également présent. Eric sert les merguez à ses amis.

- Alors quand est ce que tu nous ramènes une meuf ? Plaisante Pierre.
- Quand t’aura rompu avec la tienne, répond Eric en jouant le jeu.
- Hé ! Se mêle Natasha. Je ne suis pas votre objet. Merde…

Elle fait tomber une des merguez que Eric vient de lui servir. Oscar n’en a fait qu’une bouchée.

- Il serait temps que je change mes lentilles de vue, dit-elle.
- Tu sais Natasha, je connais un bon magasin de lunettes dans le dixième ! Annonce Eric.
- Super Eric il pense à tout. Tu es notre sauveur ! Déconne Pierre en l’embrassant sur la joue.
- Hé mais Leandro, t’es pas le seul gay ici ! Lance Mehdi en ricanant.
- Bof ils sont habillés comme des ploucs, répond Leandro.
- Les mecs vous êtes des idiots finis ! Bref merci Eric, j’irai voir ton magasin quand tu m’aura filé l’adresse exacte.
- Ok Natasha sans soucis… Sinon les mecs non je ne  suis pas gay ! J’aime trop les montagnes russes pour cela.
- Tu serais capable de sortir avec n’importe quelle nana ? Interroge Riad.
- Presque toutes ! Pas celle du cyber qui a le cancer par exemple ! Affirme le blond.
- Ni ma sœur, banane ! S’incruste Hakim.
- Non Monia c’est comme ma sœur, lui rassure Eric.
- Pitié ! Pas d’autres grands frères, râle Monia avec humour.
- C’est pas fini votre bordel !!! Hurle madame Pinson à travers le grillage qui sépare les deux maisons voisines.
- Quoi, elle est pas contente la vieille, réagit Eric en allant vers elle. C’est un tour dans mon lit que tu veux ???

Choquée, la voisine prend la poudre d’escampette pour disparaître dans sa maisonnette. Visiblement saoul, il reprend son verre et le lève en l’air et se met à prononcer :

- A maman, Carole et Nina les seules femelles qui ont niqué ma vie…

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2010, la nuit même de l’incident dans  la discothèque le Mix-Club, le japonais étranger se trouve dans les bois quelque part en région parisienne. Il est fier d’avoir pu effrayer et semer Eric dans la boîte de nuit une heure auparavant. Près de lui, une grosse cabane permet d’éclairer les lieux grâce à un petit feu de brindilles provenant de l’intérieur. Proche d’un arbre, il s’adresse à une quinzaine d’individus tous assis sur l’herbe face à lui. Ils sont tous concentrés sur son discours. Aucune femme n’est présente sauf celle qui se trouve à ses cotés. Rousse aux cheveux très courts, elle a un corps très musclé voire bodybuildé. Elle seule, avec le japonais, se trouve debout.

- Il est temps que nous prenions le pouvoir ! se fait entendre le japonais ! Je suis fier de votre fidélité à travers ces années et siècles pour certains ! On dit que le monde est parfois petit ! Je vous le confirme : il est immensément petit ! En effet, pour atteindre Malice, une bande de jeunes écervelés nous font barrage. Et il se trouve que parmi eux il y’a Eric Norteau !

Tous les hommes présents s’exclament face au choc de cette nouvelle.

- Nous allons en premier lieu éliminer cette pourriture humaine, poursuit le japonais. Nous allons venger notre regrettée Carole. Nous ne pouvons oublier qu’il nous l’a détournée. Sans lui, nous n’aurions jamais eu une telle perte dans notre communauté. Les femelles se font rare.

Sa voisine se met à tousser. Les yeux du japonais deviennent rouges.

- Donc après avoir tué Eric, nous nous occuperont de chacun des occupants de la maison où se trouve Malice.
- Le problème,  se met à dire l’unique dame, c’est que nous sommes pas les seuls sur le coup. Les assoiffés de sang, entre autres, veulent ce même pouvoir. Monica et les siens vont essayer de s’approprier le plus de victimes. Et pour cela ils marquent au fur et a mesure leurs cibles. Nous allons, pour cela, viser leurs cibles avant qu’ils ne les atteignent.
- Eric n’a pas été encore marqué, reprend le japonais, mais il sera notre première cible. Puis nous devrons nous occuper de Natasha, la femme noire du groupe, qui a été marquée par nos adversaires dans la journée qui vient de s’écouler.
- Je connais cette Natasha, annonce un des hommes du groupe.

Il s’agit en fait de Nicolas, l’un des vendeurs qui bossait avec Carole et qui a déjà vendu des lunettes et des lentilles à la petite amie de Pierre. 

- Très bien, tu fera en sorte de la conduire à nous sans éveiller le doute chez ses amis, ordonne le chef du groupe. Même si deux démons traînent chez eux, nous les éliminerons tous un par un. Et à nous le souffle d’Adam ! D’ailleurs Nicolas, je vais te mener dans l’heure qui suit à leur demeure pour une simple visite de routine.

La femme s’avance d’un pas vers le groupe et crie en levant ses deux bras vers le ciel étoilé:

- Quartier libre pour notre meute et profitez amplement de la pleine lune, déesse de notre communauté !
Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 5
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 02:04

10h30 dans la maison des colocataires de Saint-Denis. Stéphanie est en train de s’admirer devant le grand miroir ovale qui se trouve sur le mur du grand salon placé juste au dessus de la fausse cheminée. Elle teste avec ses deux mains plusieurs coupes de cheveux différentes. Ses cheveux sont longs et raides et bien qu’ils soient soyeux, elle n’a pas beaucoup de choix. Elle se met à parler toute seule tout en s’observant:

- Je pense que Riad peut compter sur moi… Je l’aiderai à traverser toutes ces épreuves…

Elle fait la moue avec ses lèvres pulpeuses.

- Ne t’en fais pas, tu es en sécurité ici, se balance-t-elle avec un charmant clin d’œil.
- Tu risques de faire flipper Riad avec cette gueule !

Kesha la taquine par surprise. Elle lui propose de signer la grande carte d’anniversaire pour Riad car il a 33 ans aujourd’hui. Elle rajoute alors ses vœux destinés à son boy-friend tout près de ceux de Leandro, Hakim, Stephanie, Pierre et Eric. Kesha signe alors à son tour « Joyeux Birthday Riri ! Toi seul as pu redonner goût à ma vie ! Tu mérites tout le bonheur du monde ! Kesha ».

Monia, qui sort tout juste de la cuisine avec un verre de lait à la main, rejoint les deux filles.

- Monia t’a pas signé, il me semble, lui dit Stéphanie.
- Tiens au boulot ! Lui ordonne Kesha en lui tendant le stylo à plume.
- J’espère que vous m’avez laissé de la place les chipies ! Ronchonne t-elle sous sa moustache de lait.

La sœur de Hakim lit tous les messages et se décide à écrire le sien.

- Bon les filles, je vous laisse, poursuit Stéphanie. Je vais préparer le gâteau pour Riad en espérant qu’il ne se doute de rien.
- No soucy, répond la fille asiatique. On va se débrouiller pour qu’il se rende au cyber sans passer par la case cuisine…

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Pendant ce temps, Hakim et Riad sont dans la chambre de Eric. Iles essaient de secouer leur ami, affalé sur son lit. En effet cela fais deux jours, depuis que le jeune blond a trouvé sa voiture rayée du nom de Carole, son ex morte en prison.

- Laissez moi, j’ai pas envie de sortir, bougonne-t-il.
- Moi aussi Eric, lui dit Hakim. Ces derniers jours je fais de sales cauchemars qui me paraissent trop réels. Et cette histoire de loups… Sans parler de mes pertes de mémoire.
- Les gars ! Intervient Riad avec une forte voix. Vous allez vous ressaisir tous les deux ! Hakim, pour les loups, les flics du commissariat du coin ont patrouiller sur trois kilomètres aux alentours et n’ont rien trouvé donc ils n’étaient sûrement que de passage. Et Eric, je t’ai promis qu’on trouvera le petit con qui t’a fais la blague sur ta bagnole !

Eric s’assied.

- Finalement vous avez raison les amis… Ce n’est pas un salopard de plaisantin qui va me pourrir mes journées. Mais que dieu veille à ce que je ne découvre pas le coupable car je le butterai à mort.
- Calme toi idiot, lui ordonne Riad.
- On était mieux à Cannes loin de tout, soupire Hakim. Hein Eric ?
- Oh non nounours ! Roupeste le blond. Non seulement j’ai flippé de tes jnouns islamiques sur place et en plus il a fallu que tu me piques la seule nana qui me plaisait !
- Hakim c’est vrai ? Tu t’es mis enfin à draguer … s’étonne Riad avec de gros yeux écarquillés.
- Mais non, il délire ce con… C’était une nana qui gérait un standard de bouquins. Je ne sais même plus son nom…
- Sonya ! Répond Eric. T’as vu tellement j’ai eu le coup de foudre que j’ai retenu son putain de nom…
- Hakim, interrompt Riad, je pense qu’il serait temps de rencontrer un fakir pour tenter de vérifier si y’a un Jnoun qui…
- Oublie ! Coupe le frère de Monia.


On tape à la porte de cette chambre.

- Qui que tu sois, entre ! Lance Eric.

Leandro pénètre dans la chambre avec les yeux rouges. Hakim se jette sur lui et le serre dans ses bras.

- Qu’est ce qui t’arrive encore mon poussin ? Lui demande-t-il.
- C’est … c’est Raphaël, répond-il en séchant ses larmes avec ses deux mains.
- Sérieux c’est pas possible, s’insurge Riad ! Arrête de toujours croire à l’amour des que tu rencontre un nouveau mec !
- S’il te plaît, ne me dis pas ça… Lui c’était différent qu’avec les autres que j’ai connus.

Il s’assied sur le lit près de Eric.

- Vous les gays, vous êtes trop prise de tête, ose Eric.
- N’en rajoute pas petit con, s’énerve Hakim. Explique nous Leandro ce qui s’est passé ?
- Bein rien justement ! Lui répond le latino. Y’a deux nuits on a dormi ensemble à l’hôtel, puis il s’évapore en pleine nuit. Puis aucune nouvelle. Je l’ai appelé plusieurs fois sans réponses jusqu’à ce que je reçoive ce SMS à 5 heures du matin.
- Montre nous, demande Riad en ayant déjà pris le tel de Leandro entre ces mains.

Riad le lit à haute voix :

De : Raph
Message : Pour ton bien, j’ai pris la sage décision de ne plus continuer la relation avec toi. Je te souhaite que du bonheur, tu le mérites vraiment. Evite de me revoir car notre destin n’est pas d’être ensemble. Longue vie à ta carrière de mannequin. Asta la vista…


- L’enfoiré… marmonne Hakim.
- Ah ces gays… Il t’a sauté puis il te jette… balance Eric en se relevant du lit.
- C’est là que tu te trompes Eric ! Il n’y a rien eu de sexuel entre nous … Seulement que des câlins… Mais je ne réussis pas à l’oublier.
- Ce salopard te manque de respect en plus, lance Hakim… Je ne savais pas que cela se faisait encore de rompre par SMS.
- Hakim n’en rajoute pas, demande Riad, sinon je crois que je vais devoir vous materner tous les trois à la fois.
- C’n’est pas ça Riad mais bref écoute mon Leandro, poursuit le frère de Monia! Ce soir on ira à la boîte dans laquelle il bosse et il devra te regarder en face pour s’expliquer ! Ainsi tu pourras l’oublier par la suite en voyant sa vraie face de tes propres yeux.
- Merci de ton aide bisounours…

Pierre fait irruption dans la chambre dont la porte était restée entrouverte.

- Hé mais je rate quoi ici ? C’est une partouse générale ?
- Va chier, lui répond agressivement Leandro.
- Oh là ! Ou est passé ton sens de l’humour ? L’interroge Pierre.
- Laisse tomber, réagit Riad en mettant un terme à ces taquineries. Dis moi Pierre, peux tu me déposer au cyber. Rodolphe finit bientôt, je vais le relever…

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Dans le 16eme arrondissement de Paris, Natasha ressort d’un entretien pour un poste de secrétariat. Cela fais déjà plus de trois mois qu’elle est sans emploi. Elle ne supporte plus la situation de dépendre financièrement de son mec.

Elle emprunte la bouche de métro de Rue de la Pompe et tombe nez à nez avec Nicolas, le vendeur de lunettes. Il porte d’ailleurs une paire noire de Ray-ban.

- Quel hasard Nicolas, lance-t-elle avec un grand sourire.
- Oh vous vous êtes souvenu de mon prénom, s’étonne le bel homme habillé en costume noir.
- Cela doit faire une semaine que l’on s’est croisé, j’ai une mémoire d’éléphant…
- D’ailleurs, vous semblez plus joyeuse que la dernière fois.
- Hihihi… En fait cela va beaucoup mieux dans mon couple, lui apprend-elle.
- Attendez… Ne bougez pas.

Il approche lentement ses lèvres sur l’œil droit de Natasha. Celle-ci semble hypnotisée par des phéromones qui lui procurent une attirance bien prenante envers Nicolas. Elle émet un léger gémissement qui ne passe pas inaperçu. Il souffle sur ses cils :

- Vous aviez un fil rouge…
- Ah ! Sûrement mon bonnet, lui dit-elle en reprenant ses esprits. Je vais m’en débarrasser car il est de mauvaise qualité.
- Non tu es parfaite avec ! Oops, désolé je ne me suis pas rendu compte que je vous tutoyais…
- Au contraire Nicolas ! Je me sens moins coincée ainsi.
- Oui je vois… Ecoute cela te dirait de passer à la boutique prochainement. J’ai envie de t’offrir une paire de lunettes qui t’irait à merveille.
- Mmmm… Je suis plutôt lentilles. Les binocles rendent trop intello…
- Viens quand même essayer un jour. Tu n’as rien à perdre…

Elle lui promet alors de passer le voir dans la semaine. Elle lui serre alors la main. Mais au contact de la bague en argent que la jeune femme porte, Nicolas retire aussitôt sa main et l’embrasse sur la joue pour masquer le malaise. Ils se saluent en reprenant chacun leur chemin…

Arrivée aux portes métalliques de passage dans le métro, Natasha sort un ticket de sa poche.

- Excusez moi, est ce que je peux passer avec vous, lui demande une femme aux cheveux bruns très courts.

Natasha acquiesce. Elle-même trouve que la vie est assez difficile et que le pouvoir d’achat étant si faible pousse les gens à frauder.

- Pas mal votre tatouage sur votre cou. Originale cette étoile.
- Oh Merci ….

Sonya De La Vega, l’illustratrice de Cannes s’en veut de ne pas avoir été discrète sur ce détail. Les deux femmes passent ensemble le portillon d’accès au métro …

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Pendant ce temps, dans la maison des colocataires sur St Denis, Elodie passe devant la chambre de Hakim. Elle y entend de la musique. Elle ouvre la porte après y avoir frappé. Elle tombe nez à nez sur Hakim en train de danser sur un son house music de Tristan Garner.

- Cela ne te viendrait pas à ’idée de frapper avant d’entrer, lui balance Hakim qui a arrêté ses pas de danse et baissé le son de la musique provenant de son ordinateur.
- J’y ai pensé mais avec le son de ta zic, tu n’as pas du faire gaffe…
- Bref, tu voulais quelque chose Elodie ?
- Je voulais savoir si tu étais prêt pour aller au cyber.
- Dans quelques minutes, je vous rejoins Elodie. J’ai vraiment besoin de rester seul un moment.

La jeune blonde n’insiste pas et referme la porte. Hakim relance la musique qu’il avait interrompu et se remet à danser. Etant en transe, il peut enfin voyager loin de tout ce qui le rattache à son monde…

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Une heure plus tard, Riad se trouve dans son cyber. Il se prépare à remplacer Rodolphe. Ce dernier a hâte de rentrer chez lui pour vider son frigo. Il est tellement obèse que Riad se demande comment il fait pour avoir encore de la place pour y ingurgiter de la nourriture. Il se souvient d’ailleurs lorsque Rodolphe vivait avec eux quelques années auparavant qu’il fallait presque tous les jours faire les courses car le réfrégirateur se vidait assez vite.

Eve est présente également en train de pianoter sur un des PC de la grande salle. Personne ne peut la louper avec son bonnet arc-en-ciel. Elle a l’habitude en fait de changer chaque jour de modèle. C’est à croire qu’elle doit avoir une armoire pleine de bonnets de tout genre !

Pendant que Rodolphe se prépare à partir. Une foule entre dans la salle en chantonnant ! En effet tous les colocataires de Riad sans exception sont présents pour lui souhaiter un excellent et joyeux anniversaire.

« Joyeux anniversaire Riad ! » Chantent-ils.

Riad est agréablement surpris car il ne s’y attendait pas. Chacun à tour de rôle l’embrasse et il se met à déballer les cadeaux que ses amis lui offrent. Une veste Redskin en cuir de la part de Pierre et Natasha, trois caleçons Dolce & Gabana de la part de Leandro, une chemise Kaporal de la part de Monia, un parfum Diesel de la part de sa petite amie Stephanie, le coffret de la saison 1 de la série True Blood de la part de Kesha, une paire de baskets Levi’s noires de la part de Eric, un cadre numérique de la part de Elodie et un i-phone de la part de Hakim.

- Marrant ton i-phone, il fait effet miroir avec la protection. Merci à tous vous m’avez gâté !

Rodolphe, gêné, a oublié la date d’anniversaire du propriétaire du cybercafé. Il quitte le cyber prétextant un rendez-vous urgent. Eve s’incruste dans le groupe et embrasse Riad en lui souhaitant un bon anniversaire puis elle s’adresse à Hakim :

- Dis moi Karim, tu as toujours ton appareil photo ?
- Hakim, pas Karim, lui reprend Riad blasé par ses confusions habituelles sur les prénoms de mecs.
- Elle ne sera pas la première à confondre mon prénom avec Karim, reprend Hakim. Oui je l’ai sur moi pourquoi ?
- Et bien du petit village grec où j’ai grandi, il est de tradition de prendre en photo toutes les personnes présentes ensemble lors de chaque anniversaire. Alors placez-vous, je vais vous en prendre une.

La bande d’amis se place devant le comptoir. Les filles sont placées sur la rangée de devant et les garçons juste derrière elles. Hakim enlace Leandro et Riad qui l’entourent et fait un gros smack sur la joue de ce dernier. Eric s’appuie sur Riad de l’autre côté. Pierre quand à lui se trouve à droite de Leandro.

- Cheese ! Balance la femme au bonnet.

L’instant est immortalisé.

- Bon il est temps de manger le gâteau que Stephanie nous a préparé, je meurs de faim moi, dis Eric.
- Oh que c’est mignon ma chérie, réagit Riad en embrassant sa bien-aimée.
- Je t’en prie mon Roméo ! Alors c’est un gâteau avec une mixture de chocolat, fraise et sésame…
- Sésame ? Interrompt Kesha. Désolé mais je suis allergique à tout ce qui contient du sésame…
- Oh purée, je suis vraiment désolé ma Kesha, je ne savais vraiment pas.
- T’en fais pas Stephanie, de toute façon je fais un régime…
- Je remercie Dieu de ne pas m’avoir fait fille, répond avec ironie Leandro.

Stephanie et Monia découpent le gâteau pendant que Riad lis la grande carte d’anniversaire signée par chacun de ses amis…

Fabien, passant dans la rue qui longe le cyber « Nejma », y aperçoit l’attroupement à l’intérieur. Bien qu’il ne s’arrête pas, des larmes coulent de ses yeux cernés le long de son visage qui n’a pas été lavé depuis son réveil…

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Quelques heures plus tard en début de soirée, Hakim et Leandro se trouvent devant l’entrée du « Blood Night ». Le videur a la peau très pale. Il a les cheveux mi-longs de couleur rouge. Une mèche cache son œil gauche. Son corps est très fin. Il semble avoir la peau sur les os. Son look gothique lui donne un aspect squelettique. Il se lèche les babines en matant les deux amis qui le saluent pour entrer dans la boite de nuit.

- Bienvenue au « Blood Night » mes beautés fatales.

Hakim lui lance un regard de tueur pour freiner les envies de ce videur. Leandro n’ose même pas imaginer ce que ce serait de l’embrasser.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit même aussi intime que cela pourrait l’être, venez me voir. Je suis Karl, votre guide perso.
- Cela ira Karl, lui lance Hakim, on va juste se poser à l’intérieur…

Karl observe les postérieurs à travers les jeans bien remplis de ces deux hommes qui se fondent dans la masse une fois rentrés dans la discothèque.

Les deux amis se dirigent vers le bar. Monica, toujours en tenue très aguichante, fait le service. Elle leur apprend que Raphaël ne devrait pas tarder à venir travailler.

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Parallèlement, Monia dîne dans un restaurant japonais chic avec son admirateur André. Pendant qu’ils mangent et discutent, elle essaie de comprendre pourquoi cet homme assez âgé pour elle, l’attire autant. Son cœur semble vibrer pour lui mais sa raison, assez présente dans les choix de sa vie, lui permet d’avoir les pieds sur terre :

- André, je dois te parler sérieusement…
- Ah… je t’ennuie avec les anecdotes de ma jeunesse ?
- Non du tout, ne va pas croire cela. Tu es vraiment un homme intéressant.
- Alors je t’écoute charmante demoiselle, je suis tout ouï.
- Je vais être directe pour ne pas tourner autour du pot. Voilà, je préfère que l’on ne se revoie plus jusqu’à ce que je reçoive des nouvelles de Mehdi, mon ex…
- Je vais peut être trop vite en te courtisant ?
- Non André, tu es même un vrai gentleman avec moi. Mais cela ne me ressemble pas de commencer une nouvelle liaison alors que je n’ai pas officiellement terminé celle d’avant.
- Tu vas me planter là alors ? dit André avec un regard de chien battu.
- Non tout de même pas et puis j’adore manger japonais ! En plus en une aussi agréable compagnie que la tienne.
- Je suis tout de même triste Monia de ta décision mais il faut que je t’apprenne une chose à mon tour.
- Je crains le pire mais vas-y…
- Monia tu es réellement en danger de mort….

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Bien plus tard, Leandro est en train de s’expliquer avec Raphael au bar du Blood Night.

- Où est ce que j’ai merdé ? S’énerve Leandro.
- Ce n’est pas toi le problème …
- Alors quoi ? Toutes ces belles paroles c’était que du vent !
- Je n’ai pas le choix mon Leandro… Pour ton bien tu dois m’éviter…
- Mais c’est quoi ces putin de conneries de merde ??? Ne m’appelle plus MON Leandro ! Ne m’appelle plus tout court !
- Tu ne vas peut être pas me croire mais tu es le meilleur gars que j’ai rencontré dans ma vie !
- C’est pour cela que tu n’as pas réussi à me faire l’amour l’autre soir !
- Leandro n’insistes pas s’il te plait…

Installé sur un fauteuil en cuir à 50 mètres d’eux, Hakim les observe. Mais Karl vient gêner sa vision :

- Alors joli nounours, on ne trouve pas chaussure à son pied ?
- C’est ma chaussure que tu vas retrouver dans ton cul si tu continues, s’emporte Hakim
- Oh oui cela m’excites rien que d’y penser…
- S’il te plaît laisse moi tranquille…
- Un problème ? demande Monica qui vient s’incruster au sein de ce duo électrique.
- Je lui demandais juste s’il n’avait besoin de rien, répond Karl qui semble inquiet

Monica lui lance un regard glacial. Karl baisse alors ses yeux.

- Y’a aucun soucis madame, assure Hakim. Il allait me laisser de toute façon.
- Bien… Dans ce cas Karl, tu peux retourner à ton poste, ordonne Monica en roulant tous les « R » que comportent ses mots.


Leandro rejoint Hakim. Il a les yeux rouges. Il souhaite partir. Les deux amis prennent la direction de la sortie sous les yeux observateurs de Monica.

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En fin de nuit, Natasha et Eric sont installés devant l’écran télé LCD du salon. Devant une émission de télé-réalité, ils font part de leurs inquiétudes du quotidien. Natasha lui confie qu’elle ne sait plus si elle aime Pierre ou si elle apprécie sa compagnie virile qui comble son manque d’affection. Eric lui explique quand à lui pourquoi il ne réussit plus à dormir suite au message gravé sur sa voiture. Natasha n’a jamais connu Carole mais elle comprend facilement que cette fille a beaucoup compté pour l’homme blond. Il lui exprime ses doutes : pour lui c’est un des locataires de la maison qui lui a fait cette farce de mauvais goût.

- Je te jure que mec ou fille, je le buterai des que je découvrirai qui se fout de moi, dit-il…

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Stephanie et Riad sont allongés face à face sur le lit de la chambre de ce dernier. Riad lui fait part de son inquiétude vis-à-vis de Hakim et Eric. Pour lui, Hakim semble schizophrène. L’expérience avec les loups quelques nuits auparavant lui a fait moins peur que l’état de Hakim dans cette situation inattendue. Eric par contre lui semble de plus en plus fragile suite à son évanouissement lorsqu’il a rencontré l’étranger japonais dans leur rue ainsi que sa voiture rayée du nom de Carole son ex, décédée en prison trois ans auparavant.

- Tu as raison de veiller sur tes amis, lui dit Stephanie. Je serai là pour veiller sur toi pendant que tu t’occuperas d’eux. N’aie aucune crainte mon bébé, ton ange gardien c’est moi…
- Tu es adorable ma puce, lui répond il en la serrant dans ses bras. D’ailleurs j’ai besoin de décompresser. Tu ne voudrai pas qu’…
- Ah non non non, je vois où tu veux en venir. On en a déjà parlé et c’est bien la seule chose que je ne pourrai pas te donner.
- Je te taquine, ricane-t-il. C’était juste pour voir ta réaction… Tu deviens trop précieuse à mes yeux.

Riad et Stephanie s’échangent de longs baisers tout en se caressant…

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Elodie pianote sur son macintosh dans sa chambre. On frappe à sa porte. Elle va ouvrir. Il s’agit de Hakim qui vient de rentrer de boite de nuit.

- Je voulais juste te souhaiter bonne nuit.

Etonnée, Elodie lui tend sa joue. Mais Hakim l’esquive pour cibler les belles lèvres fines de la femme blonde. Il lui donne un baiser. Agréablement surprise, Elodie répond à ce smack qui se transforme en un long french kiss. Puis Hakim s’éclipse en lui faisant un clin d’œil accompagné d’un large sourire.

Après avoir fermé la porte, Elodie n’en revient toujours pas. Elle aurait enfin réussi à séduire le seul qui l’intéresse dans cette grande et chaleureuse maison…

C’est alors que des larmes naissent sur son visage. Elle décide se déshabiller pour se préparer à dormir. Elle enlève son jean et son pull en laine rose. Elle s’observe alors sur le miroir en forme rectangulaire qui est accroché sur l’un des murs de la chambre. Et comme à son habitude, elle regarde avec dégoût les cicatrices noires longues et épaisses qui partent de ses genoux pour arriver jusqu’au niveau de sa poitrine. Elle éteint la lumière et se jette sur son lit …

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Leandro est installé devant son PC. Il visualise les contacts présents sur son MSN. Personne d’intéressant. Du moins la seule personne intéressante à ses yeux n’est pas là étant donné qu’il venait de la laisser au « Blood Night » après une discussion houleuse.

Son Gsm se met à vibrer. Un message. Leandro le consulte.

De : Raph
Message : Je t’aime toujours …


Une montée d’adrénaline monte en Leandro. Il a envie de tout exploser dans sa chambre mais pour éviter cela, il inspire et expire assez fortement. Il ne réussit cependant pas à calmer sa colère noire contre ce barman qui ne sait finalement pas ce qu’il veut. Sa mission principale dorénavant est de pouvoir réussir à oublier celui qui fait vibrer son cœur qui saigne…

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Entre temps, Sonya De La Vega avait réussi à se rendre discrètement dans le jardin de la petite maisonnette voisine aux colocataires. Les souvenirs refont surface. Aussi bien les joyeux que les tristes moments occupent l’esprit de la jeune sœur de Malice qui avait vécu des décennies dans la grande maison rose et bleue. Mais elle n’est pas revenue par nostalgie. Elle sonne à la porte. Quelques secondes plus tard, celle-ci s’ouvre. Tout l’intérieur est dans le noir. Aucune lumière. On n’y voit rien si ce n’est qu’une langue de serpent qui se trouve au niveau du visage de Sonya.

Elle n’en est cependant pas effrayée même si elle ferme ses yeux.

- Tu tiens vraiment à ce que je te change en pierre, lui balance la voix rocailleuse de la silhouette.
- Tu ne m’auras pas. D’une je n’ai pas intercepté ton regard étant donné que tu es dans le noir et secundo tu as encore besoin de moi pour atteindre ma sœur.
- Petite, tu ne m’es pas indispensable…
- Et toi tu n’es pas indestructible…
- Accouches alors … Tu risque de me faire griller auprès d’eux.
- J’ai repéré un des deux démons. Il ne me reste qu’à trouver le second. Sans moi tu ne sauras pas les éliminer aussi terrifiant qu’est ton pouvoir…
- Tu n’es pas la seule survivante de ton espèce Sonya !
- Oui mais va perdre ton temps à localiser les autres… Bref et sans ses démons, tu pourras atteindre ma sœur et lui prendre le souffle d’Adam…
- Dépêche toi de localiser le second démon que je puisse enfin me débarrasser de tous les autres une fois pour toute …

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2 heures du matin. Kesha ferme le cybercafé Nejma en faisant déplier la grande grille métallique. Fabien l’attend de l’autre côté de la rue. Elle le rejoint et s’assure s’il va bien. Il ne veut plus qu’elle lui paie une chambre d’hôtel :

- Si Fabien, tu m’as ouvert les yeux sur certaines personnes et grâce à toi ils ne m’atteindront pas. Alors je te dois au moins cela.
- Kesha… Je commence à m’attacher à toi. Je ne préfère pas car une fois que tout cela sera fini, tu me zapperas.
- Non Fabien, je te considère comme un ami … Un vrai ami sur qui je peux compter. Bref viens, je vais t’accompagner jusqu’à l’hôtel.
- D’accord…
- On discutera en même temps du plan que l’on va mettre au point pour mettre K.O. ces traîtres que je dois supporter tous les jours…

Kesha remonte la fermeture éclair de la veste sale du clochard pour contrer le froid glacial et ils se mettent à marcher en direction de l’hôtel le plus proche…

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Dans une petite ruelle sombre de Paris, à proximité du Blood Night, Monica et le mystérieux japonais s’affrontent dans une discussion fort intéressante. La femme sexy, habillée d’une mini jupe violette et moulante semble lever le ton. A ses cotés, Karl observe la rousse masculine qui assiste l’asiatique. Ce dernier porte toujours sont étrange et haut chapeau noir.

- Si tu continues à empiéter sur mon chemin, tu risques la perte à ta tribu, gueule-t-elle.
- Cela fait des siècles que nos races se respectent… lui répond il sur un ton très calme.
- Ne me prends pas pour une blondasse ! Je sais très bien que tu veux nous barrer la route !!!
- Oui tu as raison ma très chère Monica. Il est hors de question que tu mettes la main sur Malice avant l’un de mon espèce.
- Donc ce sera au plus rapide…
- Ma race récupérera le souffle d’Adam, assure le Japonais. Les tiens sont assez arriérés pour atteindre un but !

En colère, Karl montre ses crocs dévoilant quatre longues canines pointues. C’est alors que la femme rousse bodybuildée lui attrape sa gorge d’une main et le plaque contre le mur. Les yeux de la redoutable guerrière deviennent rouges.

- Ulrica !!! Crie l’homme asiatique.

Elle se retourne vers lui.

- Lâche le ! Reprend-il.

Elle exécute l’ordre et relâche Karl. Cependant, elle se met à souffler d’un mécontentement bien visible. Mais elle ne dit point mot. Le gothique aux cheveux rouges se sent gêné vis-à-vis de sa patronne de ne pas avoir pu assuré.

- Tu as bien fait de la rappeler à l’ordre, poursuit Monica. Car tu sais très bien que je vous aurai massacré. Vous êtes trop faibles pour m’affronter.
- Monica … Ne sous estimes quand même pas ton fidèle ennemi … Je connais tous tes points faibles…
- Ecoute-moi bien. Nous nous sommes respectées et tolérées depuis si longtemps que l’on choisira nos cibles chacun son tour et une à la fois. Acceptes-tu ce deal ?
- Je vois cela comme une proposition honnête.
- Parfait ! Les tiens ont choisi Eric. Nous avons choisi un autre de ses amis. Et seulement une fois que nous les auront eu, on visera chacun un autre locataire de la demeure de Malice.
- Cela me semble correct, accepte-t-il en se caressant sa longue moustache.

Monica et le japonais se serrent la main…

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4 heures du matin, la sensuelle Monica entre dans une chambre d’hôtel. La pièce est allumée. Elle s’empresse d’appuyer sur l’interrupteur près de la porte pour éteindre la lumière. Le noir obscur…

- Mais je ne te vois plus, dit une voix masculine provenant de la même pièce.
- C’est moi qui domine, je te le rappelle, lui répond-elle malicieusement.
- Rejoins moi alors… Je suis sur le lit.
- C’est incroyable le fait que je ne t’effraie pas…
- Tu m’impressionne c’est différent, lui apprend-il.
- Je pourrais te tuer, tu le sais…
- Oui mais tu as besoin de moi… Ah tu es sur le lit. Je ne t’ai même pas senti arriver jusqu’à moi…
- Bref, poursuit Monica, tu as pu t’occuper de ma cible?
- Oui cela fait trois jours déjà…

Monica se lève du lit et allume la chaîne-hifi. Le titre « I Surrender » de Céline Dion est diffusé sur le canal « Nostalgie ».

- C’est que tu es romantique, s’étonne l’homme.
- Non c’est pour masquer ce que je vais te dire.

Elle se penche à l’oreille de l’ombre masculine.

- Ta nouvelle tâche sera de marquer cette fois ci la jeune Monia, lui ordonne-t-elle.
- Tout ce que tu voudras mais à une seule condition.
- Ne sois pas trop gourmand mais je t’écoute.
- Que tu me fasses enfin connaître le plaisir sexuel de la morsure et que je puisse voir tes crocs.
- Tu le mérites. Mais on va se dépêcher car le soleil se lève vers 8 heures. Prépare toi à connaître ce que tu ne pourra jamais oublier.

L’homme allume alors son briquet. Monica ouvre sa bouche. Il exprime un « WOW » à la vue des canines aiguisées de la patronne du Blood Night. « Right here ! Right Now… ». Sur ces paroles de la célèbre chanteuse Canadienne, elle plante rapidement ses crocs dans la nuque de son partenaire tout en observant le visage de celui-ci qui éprouve une jouissance extrême.

- Mmmmmmmmmmm. Encore, ne t’arrête pas Monica. Je ne regrette pour rien au monde d’avoir marquer Natasha…

De ce fait, Monica procure du plaisir à Pierre comme il n’en avait jamais connu jusqu’à présent…

Par Hakim Maadadi - Publié dans : Chapitre 6 - Communauté : Utopia
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